Ramadan 2019 : La cohésion célébrée à la place de la nation

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Les musulmans de la capitale burkinabè ont célébré comme à l’accoutumée la fin du mois du jeûne, « organisée autour de la fraternité et de la cohésion » à la place de la nation. Ensemble, en chœur, les fidèles confient avoir prié pour que « Dieu change » toutes ces personnes « égarées » qui mettent à mal la cohésion sociale, le vivre-ensemble.

Tout comme ses frères musulmans de Ouagadougou, El Hadj Ahmadé Nour Guenda s’est rendu à la place de la nation pour la prière marquant la fin du carême. Il est allé écouter le message axé autour de la cohésion sociale et de la fraternité de l’imam Mahamadi Kiemtoré.

Pour lui, la période de jeûne du ramadan représente l’occasion de prier, implorer Allah pour que la paix revienne dans son pays le Burkina Faso. « Nous n’avons qu’un seul pays, une seule nation. Nous devons travailler à avoir une nation stable pour pérenniser tout ce que nous voulons faire », oriente El Hadj Guenda.

“Comme disent les Mosse, ce qui appartient au marigot appartient au caïman”, cardinal Philippe Ouédraogo

“Ce sont nos frères. Leur joie est notre joie”

La construction de la nation passant par la cohésion entre les filles et fils du pays indépendamment de leur appartenance religieuse. Tous l’ont compris. Notamment à la lumière des attaques terroristes des dernières semaines qui ont visé des lieux de culte. La communauté catholique en a notamment fait les frais.

Conduite par le cardinal Philippe Ouédraogo, archevêque métropolitain de Ouagadougou, ses représentants ont fait le déplacement de la place de la nation ce mardi 4 juin 2019 pour communier avec leurs frères et sœurs musulmans. « Regardez cette foule immense, s’est-il exalté ! Ce sont nos frères. Leur joie est notre joie. C’est pour cela que nous sommes venus au nom de la communauté catholique pour leur souhaiter la bonne fête. Comme disent les Mosse, ce qui appartient au marigot appartient au caïman ».

A ses côtés, le cardinal avait le Premier ministre Christophe Joseph Marie Dabiré. Etaient reconnaissables dans la foule aux côtés du Mogho Naaba, chef des Mosse, les présidents Alassane Bala Sakandé de l’Assemblée nationale et Kassoum Kambou de la Cour constitutionnelle. Le chef du gouvernement s’est attardé sur le symbole que représente la présence de représentants de l’église catholique sur ce lieu à cette occasion précise.

« Cela montre que toutes les communautés religieuses de ce pays sont en communion pour que notre pays puisse avancer vers le développement », a commenté Christophe Joseph Marie Dabiré. Pour El Hadj Guenda, c’est « un facteur important de cohésion qui permet aux gens de voir l’exemple vivant de la solidarité entre les religions » au Burkina Faso.

C’est aussi dit-il, l’occasion de constater que musulmans et chrétiens peuvent « vivre ensemble côte à côte ». Une lecture partagée par son Eminence le cardinal porteur du message du Saint-père qui invite musulmans et chrétiens à « promouvoir ensemble la fraternité universelle humaine ». « Ensemble construisons un monde de fraternité humaine et ensemble abattons les murs qui nous éloignent les uns des autres pour construire des ponts qui nous unissent. Ensemble, dans le dialogue nous devons construire une société de justice, de paix, fraternelle », invite Philippe Ouédraogo.

“Ensemble abattons les murs qui nous éloignent les uns des autres pour construire des ponts qui nous unissent”

Prier pour les « égarés »

Pour El Hadj Guenda, cette période d’insécurité constitue « une épreuve provenant de Dieu pour permettre à chacun d’apprécier mieux la sécurité que nous vivons avant ». Le souvenir des attaques contre les lieux de culte pendant « le jeûne, une occasion de fraternité, une occasion de rapprochement avec Dieu, avec les hommes » est encore vivace dans certains esprits.

Sini Yacouba est doctorant en linguistique arabe. Il confie avoir prié pour que « tout ce qui se passe finisse très vite parce que ça embête les Burkinabè en général et les musulmans aussi » par la mise hors d’état de nuire « tous ces gens qui nous dérangent ». M. Sini n’a pas attendu le mois béni de ramadan pour prier toutes ces personnes qui se cachent derrière les attaques terroristes qui endeuillent les Burkinabè. Chaque fois, confie-t-il, il prie pour ces « gens qui sont égarés, qui ne connaissent pas la religion et qui se disent islamistes ».

De l’avis du Cardinal, c’est sur les murs de l’ignorance, de la violence, de la haine, des incompréhensions en les abattant et en bâtissant des ponts d’amitié, de fraternité, de compréhensions mutuelles, de tolérance. 

Oui KOETA

Burkina24

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'The vitality of a country can also be measured through that of its journalists'

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