Communiqué de presse DE l’educo

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A l’occasion de la journée mondiale contre le travail des enfants

« Le seul moyen par lequel l’enfant pourrait développer son  Imagination est l’éducation dans un cadre bienveillant »

Edouard Junior NDEYE, Directeur national de Educo au Burkina Faso

Il y a 17 ans, l’OIT (l’Organisation Internationale du Travail) déclarait le 12 juin, journée mondiale contre le travail des enfants. Il est assez important de mentionner l’importance de cette journée qui permet aux gouvernements et aux organisations de la société civile de promouvoir une meilleure protection des enfants contre les pires formes de travail en dénonçant d’une part les violences que subissent ces derniers et d’autres part d’attirer l’attention sur l’étendue du problème, qui est loin d’être résolu.

 

Selon une étude publiée par l’Organisation Internationale du Travail, 152 millions d’enfants étaient astreints au travail dans le monde en 2016, ce qui représente presque un enfant sur dix. Près de la moitié des enfants astreints au travail (soit 73 millions d’enfants) effectuaient un travail dangereux qui met directement en péril leur santé, leur sécurité et leur développement moral.

« Le travail des enfants regroupe l’ensemble des activités qui privent les enfants de leur enfance, de leur potentiel et de leur dignité et nuisent à leur développement physique et psychologique [1]». Il est l’un des principaux obstacles à l’éducation de ceux-ci du fait qu’il les prive de toute scolarisation. Il entraine d’importants risques notamment le risque pour la santé, l’accès limité à une éducation en raison de la mobilité, les risques de sexualité précoce, d’exposition aux IST/VIH-SIDA et les grossesses non désirées et précoces.

L’enquête nationale sur le travail des enfants(ENTE) réalisée en 2006 au Burkina Faso par l’Institut National de la Statistique et de la Démographie (INSD) indique que 41,1% des enfants de 5 à 17 ans sont économiquement actifs, soit 1 558 869 travailleurs dans plusieurs secteurs d’activités. Le secteur de l’agriculture vient au premier rang avec 69,2% d’enfants travailleurs.

En tant que ONG de développement et d’action humanitaire avec une approche basée sur les Droits des Enfants notamment le droit à l’éducation et à la protection, Educo s’engage à défendre et à garantir les droits de tous les enfants sans distinction.

Educo estime que l’éducation est un droit inhérent pour tous les enfants d’où l’élimination de tout ce qui encouragerait le travail des enfants afin de leur garantir une éducation de qualité. C’est en cela que Educo s’aligne sur le thème retenu par l’OIT en cette 17e journée mondiale contre le travail des enfants selon lequel : « la seule chose qu’un enfant devrait faire travailler est son imagination ».

Au Burkina Faso,40,1% de la population vit en dessous du seuil de pauvreté (moins de 500 FCFA/jour). La région Nord est l’une des régions les plus pauvre avec 70.4 de la population vivant en dessous du seuil de pauvreté[2]. Plusieurs enfants sont ainsi enclins au travail d’enfant et la situation sécuritaire de lazone constitue un facteur favorisant.

En effet nombreux sont les enfants qui se déplacent pour des raisons liées à leur sécurité ou celle de leur famille, ou parce que les conditions de vie ne leur permettent plus de satisfaire les besoins essentiels. Certains migrent vers les sites d’orpaillage, appelés à travailler dans des conditions dangereuses et malsaines dans les mines. D’autres migrent vers des villes dans l’espoir de trouver un emploi afin de travailler comme filles domestiques ou pour servir de main d’œuvre dans la culture maraichère et le petit commerce (les garçons surtout). Les filles et les garçons migrants, sans accompagnement, sont alors exposés à toutes sortes de danger dont les pires formes de travail.

A cette problématique, Educo contribue à apporter une réponse à travers la mise en œuvre de plusieurs projets dont le Projet de réduction de la vulnérabilité et de promotion du droit à la protection des enfants face aux migrations à risque et à l’exploitation par le travail (PREMET)[3] et le Projet intégré de promotion et de protection des droits humains des populations des sites d’orpaillage au nord du Burkina Faso (PROPRES)[4].A travers ces projets, 147 enfants en mobilité ou à risque ont bénéficié d’un accompagnement socio-éducatif et d’insertion socio-économique.252 enfants travailleurs ou à risques d’exploitation par le travail sur les sites d’orpaillage ont fait l’objet d’une insertion ou réinsertion dans le système scolaire classique et de formation professionnelle.

En ce 12 juin 2019, Educo lance un vibrant appel à la communauté internationale, les gouvernements et partenaires au développement à veiller à la sécurité et aux Droits de ces enfants travailleurs. La communauté internationale se doit de renforcer le cadre institutionnel qui protège les Droits des Enfants et des adolescents ;les gouvernements et les partenaires doivent assurer le suivi et l’application des politiques ainsi que des législations internationales et nationales sur la protection de l’enfance.

 

Educo Burkina

Contact Presse: Evodie Kanléfé LOMPO

Tel. : 76 56 46 83/ 71 64 76 28

Courriel : [email protected]

 

[1] Guide pour la mise en œuvre de la convention n°182 de l’organisation internationale du travail (OIT)

[2]Rapport profil de pauvreté et d’inégalités 2014 au Burkina Faso, INSD

[3]Mis en œuvre en collaboration avec Terre des hommes Lausanne dans la province du Kadiogo, du Houet, du Sourou et du Yatenga

[4]Mis en œuvre sur financement de l’Union Européenne, en consortium avec CCFC, l’Association Tabital Lobal dans la province du Yatenga

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