Carthage danse : Donner au corps du danseur toute sa dignité

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C’est sous le slogan, « Pas de danse sans dignité de corps »  que Carthage dance revendique une place pour la danse chorégraphique à l’image des autres disciplines artistiques. Cette deuxième édition du festival chorégraphique de Carthage se tient du 14 au 20 juin 2019.

Le corps est au danseur, ce que qu’est la parole à l’orateur, est-on tenté de dire. Le corps du danseur est ce qu’il a de précieux, son moyen d’expression,  sans lequel il n’y aurait pas de danse. Carthage dance veut changer le regard sur la danse chorégraphique et donc donner au corps sa dignité.

« Si on ne respecte pas le corps du danseur, son intégrité,  en  offrant au danseur un minimum de moyens pour qu’il puisse répéter, créer, voyager à travers le monde, pour qu’il puisse vivre la danse, la création va connaitre beaucoup de difficultés», explique Meriem Guellouz, directrice du festival de danse chorégraphique de Carthage.

Mais donner la dignité au corps pour elle, c’est  aussi au respecter la liberté du danseur, sa liberté à exprimer toutes les formes possibles sur scène, donc à ne pas exercer sur lui des formes de répression ou de censure.

L’art chorégraphique comme un langage corporel et d’expressions engagées, a toute sa place dans la société, car pour la directrice, le corps du danseur est comme une métaphore du corps social, du corps politique dans le monde.

Mais la dignité tant recherchée ne pourra s’acquérir qu’avec le respect du statut de l’artiste danseur et Meriem Guellouz veut sous sa direction, chasser l’idée  qui infantilise le public, celle de dire que le public ne comprend rien à la danse.

Meriem Guellouz, directrice de Carthage dance

Même s’il y a une forme d’élitisme dans cet art, loin d’elle l’idée de gratuité des spectacles pour attirer le public. Il faut plutôt éduquer le public à l’art. « Etre danseur est un métier, c’est un engagement dans la vie. L’idée de payer pour voir un danseur c’est une forme de reconnaissance de cet art », dit-elle.

Pour l’heure, la plus grande et belle reconnaissance pour laquelle la directrice se réjouit déjà, c’est l’institutionnalisation  de la danse comme un art à part entière à travers ce festival.

Cependant, l’ambition c’est de faire du festival, une plateforme « panafricano-arabisme », c’est-à-dire de créer une forme de pont, d’articulation entre les pays du sud.

Mais pour que la charité soit bien ordonnée, l’édition fait la part belle aux artistes tunisiens avec 15 spectacles sur 35 programmés,  «C’est donner aussi cette visibilité aux artistes tunisiens et on encourage beaucoup les programmateurs présents à aller les découvrir », a laissé entendre la directrice.

Et ce n‘est pas à Selim Ben Safia danseur et chorégraphe tunisien, que cela déplaît. Il trouve très intéressante cette ouverture qui montre des styles très différents de danse, donc un  moment de partage,  d’enrichissement culturel, de promotion et d’éducation du public à l’art chorégraphique.

14 pays sont invités. Deux pays ouest-africains y prennent part. Le Togolais Kossivi Sénagbé et la Burkinabè Irène Tassembedo. Puis des compagnies venues de l’Algérie, des Etats-Unis, de la France, de La Guadeloupe et de la Syrie, l’Egypte. 

Revelyn SOME

Burkina24

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