Désertification et développement durable : Le SPONG et le CARI posent le débat

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La capitale du Burkina, Ouagadougou, a été choisie pour abriter le sommet international Désertif’actions 2019.

Jusqu’au samedi 22 juin 2019, les participants au sommet organisé par le Secrétariat Permanent des Organisations Non Gouvernementales (SPONG) et le CARI, association de solidarité internationale à vocation d’aide au développement, se focaliseront sur l’initiative de la Grande Muraille Verte pour le Sahara et le Sahel (IGMVSS), le pastoralisme en zones arides, le foncier en lien avec la neutralité des terres et les multi-usages de l’eau.

De l’avis d’Ibrahim Thiaw, Secrétaire exécutif de la Convention des Nations Unies sur la lutte contre la désertification qui dit avoir « passé les dix (10) merveilleuses années » avec ses proches dans la capitale burkinabè, « personne n’apprend à un Burkinabè comment lutter contre la désertification ».

« C’est ici plus que nulle part ailleurs au Sahel que les techniques de retenues d’eau ont donné des résultats probants. C’est le pays du zaï qui a tant fait souffrir Yacouba Sawadogo et Mathieu Ouédraogo avant que leur persévérance et leur courage ne les propulsent vers la consécration internationale. (…)

Sawadogo a reçu il y a quelques mois le Prix Nobel Alternatif. Ouédraogo vient de décrocher cette semaine le Prix Land For Life de votre convention. Le zaï a ainsi porté très haut, très loin le drapeau burkinabè. (…)

Beaucoup d’entre nous se souviennent des orientations écologistes de la révolution de Thomas Sankara. (…) Il me revient la sagesse, la voix presque murmurante du Pr. Joseph Ki-Zerbo dont l’engagement écologiste n’était plus à démontrer», a énuméré le nouveau secrétaire exécutif, ancien directeur exécutif adjoint du Programme des Nations Unies pour l’environnement (PNUE).

Ibrahima Thiaw se remémore aussi de l’action d’Arba Diallo, « digne fils du Burkina Faso, pays des hommes intègres », tout premier secrétaire exécutif de la Convention. Son fils, le député-maire Aziz Diallo se trouve actuellement à Ankara pour recevoir le prix des Nations-Unies dédié aux acteurs de la lutte pour les causes environnementales.

“Au lieu de lutter séparément, individuellement, on fait une lutte collective. C’est  la seule façon que nous pouvons atteindre cette fin de la faim”. Le lauréat du prix Land For Life

Les conflits au Sahel, « une compétition féroce pour l’accès à la terre et à l’eau »

Pour Nestor Batio Bassière, ministre de l’environnement et de l’économie verte burkinabè, agir pour la terre, biodiversité et climat relève de l’ordre de l’impératif. Les estimations font état que plus d’un milliard d’hectares, soit 73% des terres arides, sont affectés par la désertification. Une situation qui affecte plus de 2 milliards de personnes.

Avec son lot de conséquences que sont la faible productivité des terres, l’insécurité alimentaire, la perte des emplois et des revenus, les conflits entre les différents utilisateurs des terres, les migrations. « La quête d’un développement durable qui est au cœur de nos préoccupations ne saura être une réalité en occultant les questions de la gestion durable des terres, de la diversité biologique et de la sécheresse », assure M. Bassière.

Comparativement aux générations passées qui ont pu « vivre en monde équilibré », observe M. Thiaw, celles actuelles se retrouvent, elles, confrontées à « un défi existentiel ». Il y a à ses yeux de quoi s’alarmer. « La planète n’a jamais été aussi malade. Malade de l’action humaine », alerte le secrétaire exécutif de la convention contre la désertification. Les conflits de plus en plus meurtriers entre éleveurs et agriculteurs doivent être pris pour ce qu’ils sont en réalité : une compétition féroce pour l’accès à la terre et à l’eau ».

“Yacouba Sawadogo et moi nous sommes uns. Nous avons travaillé ensemble. On est toujours ensemble”, Mathieu Ouédraogo

Optimiste pour l’avenir

Le lauréat du prix Land For Life, Mathieu Ouédraogo participe au sommet international de la société civile sur la désertification. « Ce prix représente la fierté de l’ensemble des paysannes, paysannes qui depuis plus de 40 ans ont accepté les innovations (cordons pierreux ou les techniques de conservation des eaux et des sols) qu’on a proposés à l’époque », commente cet acteur du monde paysan qui côtoie depuis les années 80 avec Yacouba Sawadogo, lauréat du Prix Nobel Alternatif.

Mathieu Ouédraogo est optimiste pour l’avenir de la planète. Son slogan : « d’ici 2030 2040, ce sera la fin de la faim. Un Sahélien n’aura plus faim parce qu’il y a la désertification ».

Une vision pour laquelle, il appelle tout le monde à s’engager. « Les Etats et les ONG pourront ensemble s’engager. Au lieu de lutter séparément, individuellement, on fait une lutte collective. C’est de la seule façon que nous pouvons atteindre cette fin de la faim », oriente le lauréat du Prix Land For Life.

Oui KOETA

Burkina24    

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