Yirgou : 172 jours après, la justice se fait toujours attendre

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Cent soixante-douze jours (cinq mois et 21 jours) se sont écoulés depuis le massacre de Yirgou et environnants. Justice n’a pas encore été rendue. Et le Collectif contre l’impunité et la stigmatisation des communautés (CISC) n’entend pas lâcher du lest avant que ce soit le cas.

Dans la matinée du samedi 22 juin 2019 des citoyens se sont donnés rendez-vous devant le palais de justice de Ouagadougou pour réclamer justice pour les victimes qui n’ont pas vu le jour se lever le premier jour de l’année.   

Cela fait six mois depuis la nuit du 31 décembre 2018 au 1er janvier 2019 que les proches des victimes de Yirgou attendent de comprendre ce qui a pu déclencher la furie meurtrière qui a coûté la vie aux leurs. En charge du genre et de la solidarité entre les communautés au sein du collectif contre l’impunité et la stigmatisation, Apsa Diaby/Diallo veut elle aussi comprendre.

« Nous réclamons la justice. Si on suit ce qui se passe dans l’actualité, on voit qu’il y a toujours les massacres qui continuent. Il y a le nombre de veuves et d’orphelins qui ne fait que s’accroître. Le bon sens exigerait que toutes les personnes par humanité commencent à réclamer justice », dit-elle.

Vendredi 21 juin à l’hémicycle, le député Aziz Diallo s’étonnait de constater que « plus de six mois que ces actes ignobles ont été portés contre des Burkinabè (…) aucune arrestation n’a été effectuée ». A défaut de n’être pas parvenu à les protéger, il invitait le ministre de la justice, garde des sceaux « à en tirer toutes les conséquences ».

Une fois au pupitre, le garde des sceaux renverra la balle du côté de la justice. « Quant à votre interpellation, je prends bonne note. En soulignant qu’il y a une séparation nette entre la justice et l’exécutif », avait réagi René Bagoro. Cette invocation de la séparation des pouvoirs, « c’est de bonne guerre » accueille le député. Pour sûr, dit-il, « quelque part, quelqu’un ne fait pas son travail ». Une perception partagée par le Dr Daouda Diallo, secrétaire général du collectif contre l’impunité et la stigmatisation des communautés.

« Pourquoi les OPJ refusent-ils d’exécuter les ordres pour prendre ceux qui étaient impliqués dans les massacres ? », interroge-t-il. Selon ses estimations, 180 « suspects sérieux » auraient été identifiés et 200 témoins et victimes ont été écoutés par le bureau du procureur. Des ordres auraient par la suite été donnés pour procéder à des arrestations.

« Mais il y a des blocages dans l’exécution. Si ce goulot d’étranglement n’est pas levé, il y aura problème pour arrêter ces gens. On dit qu’ils sont armés. Mais ils ne sont pas armés plus que les terroristes que l’armée est entrain de combattre. Parce qu’ils inquiètent et massacrent toujours des Burkinabè », s’indigne Daouda Diallo. De quoi faire dire à Apsa Diaby que « si la volonté y est, il y a longtemps que le cas de Yirgou aurait trouvé solution ».

Si le député maire Ahmed Aziz Diallo s’est joint ce samedi aux participants au sit-in devant le tribunal de grande instance de Ouagadougou pour réclamer justice pour les victimes, l’égalité de tous les Burkinabè devant la loi c’est pour, justifie-t-il que « nous puissions vivre ensemble comme des êtres humains en parfaite cohésion avant qu’on ne commence à se rentrer dedans comme des animaux ».

Oui KOETA

Burkina24

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'The vitality of a country can also be measured through that of its journalists'

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