Enfance épanouie : Invitation à « redoubler d’efforts et à plus de vigilance »

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Ce qui est fait depuis le massacre de Soweto de juin 1976, « c’est bon mais ce n’est pas arrivé ». Et l’UNICEF, l’organisation des Nations unies consacrée à l’amélioration et à la promotion de la condition des enfants d’inviter à « redoubler d’efforts et à faire preuve de plus de vigilance » en ces temps où la situation tend « à se complexifier avec la crise sécuritaire ».

 Il y a 43 ans, le 16 juin 1976 à Soweto, en Afrique du Sud implosait, ils étaient des milliers d’élèves noirs dans les rues pour protester contre l’imposition de l’Afrikaans comme langue d’enseignement dans toues les écoles noires de la nation arc-en-ciel. Une date déterminante dans l’histoire du pays. Et pour cause, elle marque un tournant décisif dans la lutte contre l’apartheid dans le pays de Nelson Mandela.

« Quarante-trois ans après ce malheureux événement, le monde a-t-il changé à l’endroit des enfants ? », interroge Alice Soré, président du parlement des enfants de la région du Centre-nord du Burkina Faso. Sa préoccupation trouve sa source dans les statistiques de la Commission nationale pour les réfugiés (CONAREF). Sur les 172 487 personnes déplacées internes enregistrées fin avril 2019, 72 478 sont des enfants. Depuis lors, le nombre de personnes contraintes de fuir de chez elles ne cesse d’augmenter.

Les derniers chiffres donnent à ce jour 192 831 personnes déplacées à l’intérieur du pays, dont 80 729 enfants avec des besoins de protection spécifique du fait des attaques terroristes et des conflits entre communautés. « C’est un devoir pour nous tous de rendre hommage à ce jour à nos camarades d’Afrique du Sud parce qu’ils ne faisaient que revendiquer leurs droits à une éducation de qualité », dira la jeune scolaire.

Hélène Marie Laurence Ilboudo/Marshal, ministre de la solidarité nationale, de la famille et de l’action humanitaire dit ne pas perdre de vue que les enfants sont des sujets de droit qui méritent une plus grande attention pendant les crises humanitaires. « La dégradation des structures communautaires et familiales, l’absence de perspectives économiques et l’insuffisance de moyens de subsistance ajoutées à l’effondrement de certains services publics ont des conséquences sur le respect des droits des enfants notamment des filles », observe-t-elle.

Au titre des actions, énumère la ministre, le gouvernement œuvre à la création, à l’équipement des espaces amis des enfants sur les sites d’accueil à Foubé, Barsalogho et dans les communautés d’accueil des personnes déplacées, la formation de 77 acteurs sur les standards minimums de protection des enfants en situation d’urgence et la fourniture de kits. Et tout en continuant à réfléchir sur des paradigmes, des stratégies pour mieux accompagner ces enfants.

Un chèque de 20 100 000 francs pour le Fonds national de solidarité a été remis par des entrepreneurs de la République populaire de Chine installés au Burkina Faso.

De l’épineuse question du mariage des enfants

Au nombre des violences liées au genre figurent en bon pôle le mariage d’enfants, les mariages précoces et forcés. Des pratiques qui peuvent s’exacerbées avec la crise sécuritaire qui rend encore plus vulnérables certaines familles vivant dans la détresse et l’extrême pauvreté. Ce qui pourrait pousser certaines d’entre elles à « donner facilement leurs filles mineures en mariage ». Au regard de la probabilité que cela se produise, la ministre de la famille fait « le choix stratégique de mettre en exergue la problématique » dans son intervention. Avec l’espoir d’éviter à d’autres enfants la violation de leurs droits fondamentaux.

Ce qui est fait, « comme on  le dit ici très souvent, ‘c’est bon mais ce n’est pas arrivé’ », apprécie Arisoa Raoelison, spécialiste en protection de l’enfant à l’UNICEF. Et pour cause, relève-t-elle, « les défis liés à la protection de l’enfant sont multiples et tendent à se complexifier avec la crise sécuritaire ».

Elle invite les autorités burkinabè à « redoubler d’efforts et à faire preuve de plus de vigilance », dans la prise en charge des enfants. Pas pour eux-mêmes. « L’investissement dans la protection des enfants n’est pas une action stérile, ni ingrate. Il nous garantit à tous des lendemains meilleurs », a déclaré la spécialiste en protection de l’enfant.

A l’occasion de cette commémoration en différé de la journée de l’enfant africain à Kaya sous le thème Action humanitaire en Afrique : les droits de l’enfant d’abord, son agence a remis un chèque de trois millions de francs CFA. Une somme correspondant à la prise en charge de 100 enfants sur les sites de Foubé et Barsalogho dans la province du Sanmatenga. Des entrepreneurs chinois ont emboîté le pas. Ils ont remis un chèque d’un montant de 20 100 000 francs CFA. Une somme qui sera versée  sur le compte du Fonds national de solidarité.

Oui Koueta

Burkina24



Oui Koueta

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