Procès du putsch : Des avocats de la défense plaident l’acquittement

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Les avocats de la défense ont entamé leurs plaidoiries le jeudi 27 juin 2019 au Tribunal militaire après la reprise de l’audience entrant dans le cadre du Procès du Coup d’Etat de septembre 2015. Après les réquisitions du Parquet militaire, elle avait été suspendue le 17 juin 2019 à la demande de la défense.

A l’entame de leurs plaidoiries, Me Antoinette Ouédraogo, Me Mathieu Somé et Me Zaliatou Aouoba ont, en guise d’introduction, fustigé ce qu’ils considèrent comme des irrégularités dans la procédure. Me Antoinette Ouédraogo a notamment mis en relief les différences entre le contenu de certains Procès-verbaux d’accusés.

Me Mathieu Somé a pour sa part évoqué deux principes dans la tenue d’un procès. Il s’agit, cite-il, du procès équitable et de la présomption d’innocence. Et pour l’avocat, « la présomption d’innocence a été bafouée » dans le déroulement du Procès du Coup d’Etat de septembre 2015.

Les avocats ont demandé au tribunal de se baser sur les faits discutés à la barre pour asseoir sa décision finale et que le droit soit dit.

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Dans sa plaidoirie, après les propos généraux des avocats susmentionnés, Me Dieudonné Ouilli a pris la parole pour la défense du commandant Abdoul Aziz Korogo poursuivi pour meurtre, coups et blessures volontaires, complicité d’attentat à la sûreté de l’Etat et du Sous-lieutenant Boureima Zagré poursuivi pour meurtre, coups et blessures volontaires, complicité d’attentat à la sûreté de l’Etat, incitation à commettre des actes contraires au règlement et à la discipline.

Pour l’avocat, son premier client est « resté au camp sur demande de la hiérarchie » et a œuvré à la décantation de la situation. Il a précisé que son client Korogo était contre le coup de force dès le départ.

Pour le Sous-lieutenant Boureima Zagré, l’avocat estime que c’est par un « hasard » qu’il s’est retrouvé à Ouagadougou. Le mis en cause, en mission Onusienne au Mali, était présent à Ouagadougou pour ses congés qui ont coïncidé avec le putsch. Partant, Me Ouilli demande au Tribunal d’en tenir compte.

Me Timothée Zongo a défendu, entre autres, l’adjudant Ouékouri Kossè et l’adjudant-chef major Moutuan Coumbia. Il a indiqué que ses clients ont agi dans le cadre du Coup d’Etat sous la contrainte de la hiérarchie militaire qui leur donnait des ordres militaires. Ses clients auraient été « contraints moralement » à participer à l’attentat à la sûreté de l’Etat. Il a plaidé l’acquittement pour ces derniers.

A la suite de Me Zongo, c’est Me Adrien Nion qui a tenu le crachoir pour la défense de l’Adjudant Nion Jean Florent poursuivi pour attentat à la sûreté de l’Etat, meurtre, incitation à commettre des actes contraires au règlement et à la discipline, coups et blessures volontaires et du Capitaine Zoumbri Oussène.

« Je demande pardon au peuple burkinabè. Je demande la clémence du tribunal »

Celui-ci est poursuivi pour meurtre, coups et blessures volontaires, complicité d’attentat à la sûreté de l’Etat, incitation à commettre des actes contraires au règlement et à la discipline, complicité de dégradation aggravée de biens. L’avocat a également plaidé l’acquittement pour ses clients.

Appelés à la barre par le Président du Tribunal pour s’exprimer, la quasi-totalité des accusés ont fait leur mea culpa. L’accusé Adama Diallo a déploré ce qui s’est passé et, dit-il, « je demande pardon au peuple burkinabè. Je demande la clémence du tribunal ».

Dans la même veine, les accusés tels Bouda Mamadou, Ouékouri Kossè, Moutuan Coumbia, Abdoul Aziz Korogo ont demandé la clémence du Tribunal.

L’audience se poursuit le vendredi 28 juin 2019 avec des plaidoiries des avocats de la défense.

Ignace Ismaël NABOLE
Burkina 24



Ignace Ismaël NABOLE

Journaliste reporter d'images (JRI).

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