Vigile au Burkina : Métier à temps partiel pour l’autre moitié du ciel

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La femme peut-elle exercer le métier de vigile ? La réponse à la question fait débat dans le milieu.

Au Burkina Faso, le métier de vigile surtout pour le genre féminin demande d’énormes sacrifices et de courage. Elles doivent être à leurs postes dès  6h du matin. Certaines s’y rendent à pieds et d’autres à vélo. Contrairement aux autres secteurs tels que le commerce, la couture où elles sont visibles, les femmes sont minoritairement représentées dans les sociétés de gardiennage.

Ce qu’en pensent les « patrons »

Adama Nana est administrateur Général  de la Société Générale de Sécurité.  Parmi les 3 000 vigiles que compte sa société,  300 sont des femmes, soit 10% du personnel.

Il trouve que travailler avec l’autre moitié du ciel présente certaines difficultés. « Les femmes ne peuvent pas assurer les gardes de nuit. Souvent, elles sont victimes de harcèlement, et en plus, elles ne sont pas physiquement aptes à réussir certaines missions. Ici, elles ont le même salaire que les hommes, en fonction des critères de paiement. Et les salaires évoluent entre le SMIG à 150.000 F CFA», a-t-il ajouté.

Quant à Lacina Sanguisso, Gérant de Diaspora Service Sécurité, les obligations familiales et sociales, ne permettent pas aux femmes d’être efficaces, pour ce travail de terrain. « Nous avons débuté en 2017 avec 11 femmes, et aujourd’hui nous comptons 5 femmes sur 52 vigiles. Avec les femmes, c’est toujours des occupations familiales. A chaque fois, elles demandent des permissions pour assister à des funérailles, des cérémonies de baptême, de mariage ou encore pour accompagner leurs enfants pour des soins. Les gardes de nuit ne sont pas faites pour elles. Voilà pourquoi, elles montent à 6h et descendent à 18h», a-t-il indiqué.

Ce qu’elles en pensent

Certaines vigiles ne partagent pas cet avis. Elles pensent que la femme peut faire tout ce qu’un homme fait comme travail. Malheureusement, les responsables n’ont pas confiance en elles, pour les gardes de nuit. Romaine Koudougou, Vigile à AGSP Sécurité, déplore plutôt le manque de considération à leur égard.

Sourire au coin, elle dit être fière de son travail. « Il y a certaines personnes, quand elles arrivent dans les services, elles ne considèrent pas du tout les vigiles. Même en famille, on me reproche de préférer le gardiennage, plutôt que de faire du commerce. Mais moi je suis contente de ce que je fais», a-t-elle précisé.

Les femmes, pour Didier Bayala, Contrôleur à F2J Sécurité, ont les mêmes capacités intellectuelles et physiques que les hommes, pour mesurer, l’importance de leur mission dans ce travail. « Nous sommes une jeune société dans le milieu, depuis janvier 2019. Pour l’instant, nous n’avons pas de filles, mais cela ne saurait tarder », a-t-il conclu.

Issa Cyrille YELEMOU

Pour Burkina 24

Rédaction B24

L'actualité du Burkina 24h/24.

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