Droits et libertés au Burkina : L’UAS dénonce un “tournant répressif”

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De la mise en lien des différents faits effectuée par l’Unité d’action syndicale (UAS), « c’est un tournant répressif qu’amorcent les autorités de notre pays ».

L’unité d’action syndicale a dénoncé, ce lundi 08 juillet 2019, « une remise en cause progressive, continue et flagrante des libertés démocratiques et syndicales » au Burkina Faso. Parmi les faits qui sous-tendent les craintes du regroupement des six centrales syndicales et des dix-sept syndicats autonomes figurent ce qu’il qualifie de tentatives d’adoption par deux fois d’une loi antigrève, d’attaques répétées contre le mouvement syndical et les travailleurs qui s’accompagnent de tentatives d’opposition aux populations et entre eux.

Les faits pour l’UAS c’est aussi la sollicitation d’un avis juridique du Conseil d’Etat pour déclarer les sit-in illégaux, le « blocage » de la révision du code du travail qui livre les travailleurs « pieds et poings liés au patronat », la révision du code pénal criminalisant l’insurrection et l’intégration de nouvelles dispositions visant à museler la presse et la liberté d’expression.

« Lorsqu’on met en lien ces différents faits, conclut Bassolma Bazié, porte-parole de l’UAS, on est en droit de penser que c’est un tournant répressif qu’amorcent les autorités de notre pays ».

Code pénal

Ce que l’UAS revendique, « c’est le retrait pur et simple de la loi liberticide ». Le regroupement de syndicats « salue » l’auto-saisine effectuée par le Conseil constitutionnel qui « laisse espérer que la justice va ordonner la relecture » de celle-ci. Si tel n’est pas le cas avec la décision attendue, l’UAS qui rappelle n’avoir « pas attendu une réaction du Conseil constitutionnel pour lancer le mot d’ordre de grève le 16 septembre 2015 », entend aller dans ce sens pour parvenir à la soustraction des « nouvelles dispositions visant en fait à museler la presse et la liberté d’expression ».

Alliance police nationale

Pour l’UAS, « le cas de l’Alliance police nationale (APN) n’est rien d’autre qu’un élément de preuves patentes » de remise en cause des libertés syndicales. Les attaques répétées contre ce nouveau et deuxième syndicat de la police, considère Bassolma Bazié, sont en violation des textes concernant la liberté syndicale et des décisions de justice prononcées par le tribunal administratif et le Conseil d’Etat ordonnant le rétablissement du syndicat dans ses droits. « En quoi c’est criminel que de revendiquer la transparence, une bonne gouvernance dans une institution ? », s’interroge-t-il. Tout en réaffirmant son soutien à ce nouveau syndicat, l’UAS annonce qu’elle ne restera pas les bras croisés.

Cissé Fahadou et Balima Hama

« L’assassinat dans des conditions assez troubles » le 31 mai 2019 de deux militants de l’Organisation démocratique de la jeunesse (ODJ) dans la province du Yagha alors qu’ils se rendaient à une réunion avec le haut-commissaire préoccupe également l’UAS. « Ce qui est arrivé aux camarades de l’ODJ, avec les entraves qui sont posées dans le cadre de l’éclaircissement, de l’autopsie des corps, pour nous, nous sommes à un tournant d’exécution planifiée des leaders d’opinions », a déclaré le porte-parole de l’UAS.

Les entraves pour l’ODJ qui a, depuis lors, demandé une autopsie des corps et porté plainte au tribunal militaire, c’est l’attente qui se fait longue pour elle et pour les proches des deux militants dont les corps dorment toujours à la morgue de l’hôpital Yalgado Ouédraogo.

Parce qu’« ils ne partaient pas en ballade (mais) à une réunion avec un haut-commissaire, le répondant de l’autorité centrale au niveau provincial », l’UAS associe sa voix à celle de l’ODJ pour réclamer que les actes funéraires soient pris en charge par l’Etat. « On n’a même pas à rester à être interpellé pour prendre ses responsabilités et accompagner la famille dans ce sens », déduit le vice-président de mois des centrales syndicales.

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