Amédé Sawadogo

Licenciements à Bissa Gold : La Cour de cassation condamne la société minière

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Le bras de fer judiciaire qui opposait la société minière Bissa Gold à ses ex-travailleurs licenciés en 2015 a connu un dénouement. Ce mardi 9 juillet 2019, le juge de cassation a condamné la société minière.

Le bout de tunnel, pour les  114 ex-travailleurs de Bissa Gold licenciés en 2015 à l’issue d’un mouvement d’humeur ? La  cour de cassation a confirmé la décision qui avait été rendue en appel en condamnant la société minière à payer leurs droits.

« C’est le 10 octobre 2015 que nous sommes rentrés en mouvement d’humeur pour demander de meilleures conditions de vie et de travail face à la société Bissa Gold. Nous avons estimé qu’il y avait des revendications sur certains points : les jours fériés non payés, les rotations qui n’étaient pas conformes et le traitement salarial du personnel. Ce sont ces points que nous avons utilisés pour poser une plateforme revendicative.

Il y a aussi l’inspection du travail de la région du Centre-Nord qui a fait des enquêtes sur la mine et qui a fait une mise en demeure de cet employeur sur ces questions. Et nous avons utilisé cette mise en demeure pour poser comme plateforme », se souvient le délégué des ex-travailleurs licenciés de Bissa Gold, Amédé Sawadogo.

La suite, plus de 775 travailleurs de la mine observent un mouvement de grève. Et parmi les 775 travailleurs, 114 personnes ont perdu leur emploi, victimes d’un licenciement. S’engage alors un feuilleton judiciaire.

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« En septembre 2016, nous avons eu gain de cause partiel suite à des mouvements. Nous avons soumis le reste des points à l’appréciation de la justice. Et le  Tribunal de première instance de Ouagadougou nous a donné raison premièrement et l’employeur a jugé utile de faire appel avec ses conseils et la cour d’appel a confirmé la décision du tribunal de première instance. A partir de cet instant, nous avons estimé à travers l’huissier qu’il fallait passer à l’exécution. Des saisies ont donc été faites, des comptes ont été saisis, des lingots ont été pris. Et la société a encore approché la cour de cassation pour demander» l’annulation des saisies, raconte Amédé Sawadogo qui ne boude pas son plaisir suite à la condamnation de Bissa Gold.

« A un  moment donné nous avons pensé qu’on nous a abandonnés. Parce qu’on ne peut pas comprendre que dans un Etat de droit, des multinationales viennent imposer leurs droits. Mais nous avons tenu bon et on s’est dit que même s’il fallait mourir, ce dossier il fallait prouver au monde entier que c’est un dossier qu’on ne peut pas traiter autrement », se félicite-t-il.

Jules César KABORE

Burkina 24

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