Procès putsch: Le garde du corps de Diendéré plaide coupable pour les faits d’attentat

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Me Régis Bonkoungou, Me Mahamadi Sawadogo, Me Antoinette Boussim et Me Olivier Somé ont plaidé dans la matinée de ce mardi 9 juillet 2019 devant le Tribunal militaire de Ouagadougou. Si certains avocats et leurs clients plaident non coupables, d’autres ont jugé nécessaire de reconnaître leurs fautes avant de demander la clémence du Tribunal.

Dès l’entame de l’audience ce mardi 9 juillet 2019, la parole est revenue à Maître Régis Bonkoungou pour la suite de ses plaidoiries. Cet avocat défend le Soldat de 1re classe Boureima Zouré et le Sergent-chef Ali Sanou. A l’issue d’un long développement, il a demandé l’acquittement pur et simple de ses clients pour qui il a plaidé non coupables.

Me Mahamadi Sawadogo, quant à lui, a tenté de défendre le Soldat de 1re classe Seydou Soulama, soupçonné d’avoir bombardé le studio Abazon de l’artiste rappeur Smockey. Le prévenu, qui purge actuellement 10 ans fermes dans l’affaire Yimdi, est poursuivi pour complicité d’attentat à la sûreté de l’Etat, meurtres, coups et blessures volontaires, dégradation aggravée volontaire de biens.

Son avocat a demandé « humblement » au Tribunal d’être indulgent à son égard. « Monsieur le Président, il y a un temps pour déchirer, un autre pour coudre. Un temps pour parler, et un autre pour se taire. Le temps est venu, pour ce procès, de coudre. Et il faudrait coudre à partir du bas, en commençant par le Soldat de 1re Seydou Soulama », a plaidé Me Sawadogo. Invité à la barre, l’accusé a souhaité revenir le mercredi matin pour son dernier mot. Le Tribunal accède à sa demande.

« Il a accompagné le Général Diendéré dans ses moindres mouvements »

Place a ensuite été donnée à Me Antoinette Boussim pour défendre les causes du garde du corps du Général Diendéré, le Caporal Dah Sami. Né en 1988 et admis au sein de l’armée en 2007, Dah Sami est poursuivi pour complicité d’attentat à la sûreté de l’Etat, meurtres, coups et blessures volontaires, dégradation aggravée volontaire de biens.

« Monsieur le Président, mon client plaide coupable pour les faits d’attentat à la sûreté de l’Etat. Il a accompagné le Général Diendéré dans ses moindres mouvements. Il reconnaît ces faits même s’il s’avèrera que ce sont des fautes », a dit Me Boussim. Elle a demandé au Tribunal de tenir compte de la mission confiée à son client. « Pouvait-il refuser d’exécuter des ordres de ses supérieurs, lui qui a reçu juste un appel l’intimant de rejoindre le camp ? », lance-t-elle.

L’avocate a plaidé pour son acquittement ou à défaut, de le condamner assorti de sursis. Par contre, pour les autres faits de meurtres, de coups et blessures volontaires et de dégradation de biens, Me Boussim a plaidé non coupable pour le compte de Dah Sami. Elle n’a, par ailleurs, pas manqué de « dénoncer un silence coupable de la hiérarchie militaire durant les évènements ».

« J’ai décidé de dire la vérité pour enfin pouvoir bien dormir »

Par conséquent, l’avocate a demandé l’acquittement pur et simple du Caporal. « En juillet 2015, le Caporal Dah Sami a réussi à faire échouer l’arrestation des autorités de la Transition. Personne ne parle de cela. Il n’a pas été décoré pour ça. Monsieur le Président, s’il était au courant qu’un coup d’Etat se préparait, il allait travailler à le faire échouer », a-t-elle déclaré.

Invité à la barre, le Caporal Dah Sami semble éprouver une contrition : « J’ai décidé de dire la vérité pour enfin pouvoir bien dormir. Je demande pardon à toutes les victimes pour pouvoir reconstruire ma vie. Monsieur le Président, je demande votre clémence ».

Dans la soirée, la parole a été donnée à Me Olivier Somé pour la défense de Yacouba Kinda qui vient d’introduire une demande de mise en liberté provisoire et de Issoufou Zougnoma. L’audience se poursuit demain mercredi 10 juillet.

Noufou KINDO

Burkina 24

Noufou KINDO

@noufou_kindo s'intéresse aux questions liées au développement inclusif et durable. Il parle Population et Développement.

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