Burkina : La troisième région militaire dotée d’une unité antiterroriste

228 0

Après la première et la deuxième, la troisième région militaire est à présent dotée d’une unité antiterroriste. La périlleuse mission incombe au lieutenant Kinda et ses hommes du 31ème Régiment d’infanterie commando.     

Pendant les six semaines qu’a durée la formation, ils se sont familiarisés au droit des conflits armés, à la lutte contre les engins explosifs improvisés, au secourisme opérationnel, au maniement des armes individuelles en dotation (ISTC), à la maîtrise des armes collectives et aux manœuvres opérationnelles tactiques. Intitulée Joint combat exercise training (JCET), la formation a été dispensée par une équipe d’instructeurs des forces spéciales américaines conduite par le capitaine Chris Boss.

L’ambassadeur Andrew Young a fait le déplacement du Camp général Zagré Bila avec le colonel Bationo Gilles, chef d’état-major de l’armée de terre (CEMAT) pour assister à la cérémonie de fin de formation, « conclusion d’une période fructueuse d’échange militaire » entre le Burkina Faso et les Etats-Unis d’Amérique. « Je suis ici pour affirmer la force des relations et du partenariat qui existent entre les Etats-Unis et le Burkina Faso et pour vous offrir notre soutien dans la collaboration contre l’extrémisme violent. Cette période de formation est la preuve tangible de ce soutien », explique le diplomate.

“Cette période de formation est la preuve tangible de ce soutien”, ambassadeur Andrew Young

Au contact des forces spéciales américaines, ces militaires du 31ème régiment d’infanterie commando ont tous suivi avec succès six semaines d’entrainement. Ils ont pu ainsi perfectionner leurs connaissances, appris à surmonter les défis et sont à présent aptes à combattre le terrorisme afin d’assurer la sécurité au peuple burkinabè. « Je peux affirmer à haute voix que la hiérarchie militaire, consciente du défi, se bat corps et âme pour nous rendre plus opérationnels. Ce défi nous le relèverons », dira le lieutenant Kinda à l’issue de la cérémonie.

Le colonel Bationo Gilles, Chef d’état-major de l’armée de terre (CEMAT), voit dans ces sessions de formation qui sont devenues régulières, « une preuve de la vitalité de la coopération militaire » entre le Burkina Faso et les Etats-Unis d’Amérique. Après la première et la deuxième région militaires, c’est au tour de la troisième région de bénéficier de ce programme qui est « en adéquation avec la vision du commandement qui veut permettre à terme à chaque région militaire d’avoir une compagnie antiterroriste afin de garantir une excellence opérationnelle au niveau des différents commandements territoriaux de l’armée de terre ».

Foi du CEMAT, les connaissances opérationnelles acquises lors du JCET au profit des unités antiterroristes se font déjà sentir sur le front. « Nous notons avec satisfaction l’impact sur le terrain de ces différentes formations au regard des résultats probants obtenus lors des différentes opérations », a déclaré le colonel Bationo. Pour l’ambassadeur, le JCET est plus qu’un simple échange entre partenaires. « Il est emblématique du partenariat entre nos deux nations », formule-t-il.

En plus du renforcement des capacités opérationnelles de l’armée dans le cadre de la lutte anti-terroriste, le diplomate américain se félicite de la création de liens interpersonnels tissés entre militaires burkinabè et américains et qui aident à renforcer le partenariat entre les deux peuples, tout en renforçant la démocratie et la bonne gouvernance. Et pas que ! « Ces expériences sont inestimables pour nos soldats. Elles leur permettent de se projeter plus facilement vers l’Afrique et d’y travailler avec des partenaires étrangers », ajoutera Andrew Young.

“Nous notons avec satisfaction l’impact sur le terrain de ces différentes formations”, colonel Bationo Gilles, chef d’état-major de l’armée de terre.

Face aux défis de l’heure, la hiérarchie militaire fait du développement des capacités en forces spéciales et du renseignement, ses « priorités ». Le chef d’état-major de l’armée de terre se réjouit de la prise en compte de ces aspects dans l’élaboration du projet de coopération militaire quinquennal lors de la rencontre bilatérale tenue à Washington en mai 2019 avec la partie américaine.

Après six semaines de formation au contact des forces spéciales américaines au Camp général Zagré Bila, ce sont des « combattants plus aguerris prêts à faire face aux menaces terroristes » au service de la région militaire. Le chef de l’unité antiterroriste de la troisième région militaire s’est engagé au nom de ses hommes à mettre à profit les capacités acquises de cette formation sur le théâtre des opérations et à être un relais afin d’apprendre ce qu’ils ont appris à leurs frères d’armes qui n’ont pas pu bénéficier de cette formation.

Parce que « tout soldat ne peut restituer au combat, ultime épreuve de son cursus d’entrainement, que ce qu’il a acquis définitivement à l’instruction », le chef d’état-major de l’armée de terre a invité les éléments de l’unité antiterroriste à « entretenir » ce qu’ils ont appris au camp général Zagré Bila.  Tout en faisant constamment preuve de courage, de sacrifice, de patriotisme, d’abnégation, de loyauté et de professionnalisme dans l’accomplissement de leur devoir de défense de la patrie. Il est ainsi prévu des dispositions en vue de « conserver cette unité de façon organique en mesure d’intervenir à tout moment ».

Oui KOETA

Burkina24

Oui Koeta

'The vitality of a country can also be measured through that of its journalists'

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Article du même genre