Déplacés internes à Ouaga: «On n’a pas obligé quelqu’un à monter dans un bus pour retourner à Barsalogho»

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Le Premier ministre, Christophe Dabiré, pendant le grand oral ce 21 juillet 2019, s’est prononcé sur la question des déplacés venus à Ouagadougou, faisant allusion à ceux ayant trouvé refuge dans le quartier non loti appelé Pazani. Le PM a d’abord reconnu qu’il y en a près de 220.000 sur l’ensemble du territoire burkinabè, avant de répondre aux questions spécifiques des journalistes.

Christophe Dabiré (C.D) :  Pour pouvoir répondre à cette situation, nous avons créé des camps pour les recevoir avec l’appui de nos partenaires. Nous les avons cantonnés dans des endroits à Foubé, Barsalogho, etc. – ces camps sont bien gérés – pour pouvoir leur accorder notre part de solidarité dans le drame qu’ils sont en train de vivre. Je crois que c’est cela qui est important. Nous faisons un excellent travail.

La ministre en charge de la solidarité nationale a pris en charge jusqu’à 170.000 réfugiés (NDLR : Déplacés) en termes d’aide alimentaire, en termes de kits, etc. Nous avons mis en place des camps pour pouvoir les cantonner. Ceux qui sont venus à Ouagadougou, nous leur avons demandé, on les a sensibilisés et on les a ramenés dans certains camps que nous avons constitués.

Mais beaucoup sont repartis…

C.D : Évidemment, pas tous. On ne peut pas dire que tous sont repartis, parce qu’on sait aussi les conditions dans lesquelles ces gens sont venus.

Et ils n’ont pas leur place dans la Capitale ?

C.D : Non. Ce n’est pas parce qu’ils n’ont pas leur place dans la Capitale. Il faut qu’on les mette dans des endroits où on peut les gérer de façon conséquente et  sérieuse. Parce que, s’ils arrivent dans la Capitale et qu’ils sont dispersés, ce ne sont pas des camps constitués, surveillés par des forces de défense et de sécurité, avec un dispositif sanitaire, ça pose des problèmes.

C’est tout de même des Burkinabè qui sont venus à Ouagadougou, qui sont sous le choc, qui ont peut-être besoin d’une assistance psycho-sociale, et toute suite, on dit on va vous ramener à Barsalogho. Bien sûr, ils sont venus des localités qui sont voisines de Barsalogho, donc ils ont la peur dans le ventre. Est-ce qu’on ne pouvait pas trouver, en tout cas, créer des conditions pour les recevoir dans la Capitale, parce que le Burkina Faso est un seul pays ?

C.D : Tout à fait. Nous les avons reçus. La ministre de la solidarité nationale les a sensibilisés, et pour ce qui concerne les retours, ce sont des retours volontaires. On n’a pas obligé quelqu’un à monter dans un bus pour retourner à Barsalogho.

On leur a expliqué les conditions dans lesquelles ils pouvaient être pris en charge et mieux pris en charge que s’ils restaient à Ouagadougou du fait des initiatives de certains d’entre nous. Parce que je sais qu’il y a des gens qui sont là, qui sont logés dans des établissements d’enseignement primaire privé.

 Et Parce que ce sont des Burkinabè qui les ont fait venir de leur localité et qui les ont logés là.

                Lire aussi 👉 Quartier Pazani de Ouaga : Les déplacés entre l’enclume et le marteau

C.D : En ce moment, les responsabilités sont partagées. Ça veut dire que celui qui a pris l’initiative de faire venir un groupe, c’est qu’il se donne les moyens d’assurer la sécurité de ce groupe-là. Et ce n’est plus la responsabilité du gouvernement.

C’est pas une non-assistance à personne en danger ?

C.D : Pas du tout. Celui qui n’a pas assisté les personnes qui sont arrivées, c’est celui qui a décidé de les amener,  d’affréter un car, de les mettre dedans, de les amener ici, de les loger quelque part. S’il voulait que ce soit organisé, il y a des structures qui sont là pour ça. Il aurait dû prendre contact avec ces structures pour que l’on puisse ensemble discuter des modalités de la venue de ces personnes-là.

Et également 👉 Burkina : « Faisons un geste » pour les déplacés internes

Propos recueillis par Noufou KINDO

Burkina 24

Noufou KINDO

@noufou_kindo s'intéresse aux questions liées au développement inclusif et durable. Il parle Population et Développement.

Il y a 3 commentaires

  1. Que Dieu sèche les larmes des déplacés. Je savais qu’on ne pouvait pas compter sur les autorités. Vivement que les bonnes volontés agissent pour sauver ces âmes en détresse. Merci aussi à Burkina24 pour les efforts dans le but d’informer les gens.

  2. Bon Dieu ! C’est incroyable. Comme disent certains, le malheur n’arrive pas qu’aux autres. Blaise Compaoré et compagnie… Suivez mon regard.

  3. Je suis dépassé. Le Premier ministre n’a pas reçu les bonnes informations. Il devrait se rendre sur les lieux, échanger avec les populations déplacées, et comprendre tout le contour de l’affaire avant de tenir un tel discours.

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