Etalons : Nomination de Kamou Malo, les fiertés et espoirs du consultant sportif Julien Tiendrébéogo

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Ceci est l’avis de Julien Tiendrébéogo sur la nomination d’un sélectionneur des Etalons.

La nomination d’un sélectionneur national à la tête des Étalons du Burkina Faso est désormais officielle depuis le 23 juillet 2019. Il devrait diriger les Étalons pour une période de quinze mois.

La nomination d’une expertise nationale a été réclamée par une partie de l’opinion en raison de la non-qualification des Étalons pour la CAN 2019. Ils ont été barrés par l’Angola et la Mauritanie. Ce souhait s’est renforcé par le fait que d’autres pays coachés par des sélectionneurs nationaux arrivent à réaliser des performances appréciables. De plus, il faut remarquer qu’à la faveur de la CAN 2019  la tendance est à la mise en valeur de l’expertise nationale à la tête des sélections africaines.

Avec un taux de 45% de sélectionneurs africains en début de la compétition, la finale de la coupe d’Afrique des nations a connu un taux de 100% avec Aliou Cissé pour le Sénégal et Djamel Belmadi pour l’Algérie. Cela donne une dose de publicité à l’expertise africaine. 

Au-delà de l’opinion publique, on a appris par voie de médias que le principe de faire recours à  l’expertise nationale a été édicté depuis la présidence du Faso. Dans la même logique que le choix de l’équipementier local Tovio qui, d’ailleurs, avait été apprécié pour des raisons de patriotisme économique (un contrat de 200 millions sur deux ans). Ce choix est aussi économiquement logique quand on sait que la rationalisation des finances publiques est au centre de la préoccupation du gouvernement.

“Le football burkinabè joue gros”

Le sport et le football en particulier ne peuvent donc pas rester en marge de cette dynamique. Ce qui est recherché au-delà des considérations déjà énumérées c’est l’efficience, c’est à dire produire plus  avec peu de ressources surtout financières. Il est nul besoin de prouver que le recours à un « sorcier blanc » coûte extrêmement cher au budget de l’État et qu’une atténuation peut être trouvée en faisant appel à une expertise nationale.

Au-delà de la personne du Kamou Malo, le football burkinabè joue gros et même très gros dans ce choix. Tous les acteurs du monde sportif burkinabè ont intérêt à ce que le nouveau sélectionneur réussisse sa mission. Cette réussite dépend à la fois de  lui-même et surtout de tout le système footballistique du Burkina Faso.

A ce propos, le Ministère des sports et des loisirs (MSL) et la Fédération burkinabè de football (FBF) doivent jouer pleinement le rôle qui est le leur. Cela passe par la mise à disposition de ressources à temps, par la bonne rémunération du sélectionneur à la hauteur de sa mission, par la gestion administrative efficace des joueurs pour favoriser des regroupements adéquats, et action qui pourrait être utile. Tout cela, pour signifier qu’il doit bénéficier des mêmes conditions que son prédécesseur afin de mener à bien sa mission.

Le coach Malo sera donc attendu sur ses choix sportifs

En outre, il ne faut pas espérer  de miracles. L’équipe nationale est, certes, en reconstruction mais il serait inconcevable que les Étalons ne participent pas à la Coupe d’Afrique des Nations (CAN) 2021. Concernant le fond de jeu, les Burkinabè doivent être patients mais la participation avec de bons résultats à la prochaine CAN reste non négociable.

La sagesse qui a poussé le nouveau sélectionneur national à reconduire Firmin Sanou comme son adjoint lui offre plus de chances de réussites. Il faudra donc que sous la supervision de la direction technique nationale Kamou Malo ait les mains libres pour agir dans le sens de l’intérêt général. Même, s’il est claire qu’en Afrique il y a généralement des intérêts individuels qui gravitent autour des sélections, ils ne doivent pas entraver l’intérêt général.

Les soucis de vestiaires proviennent souvent des anciens cadres

Le coach Malo sera donc attendu sur ses choix sportifs. Il va falloir que la sélection soit accessible à tous les joueurs burkinabè méritants et ne pas donner le sentiment d’être un cercle fermé. Le sélectionneur doit faire ses choix afin de redynamiser l’équipe sans pour autant faire de grandes frustrations.

Qui parle de choix parle aussi de sa gestion. Le coach Malo qu’on connaît sa rigueur et son tempérament devrait se constituer à un grand mangeur. Ce que son prédécesseur déploie comme effort, il devrait le faire en double ou mieux en triple. Ces garçons qui la plupart sont ses « enfants » auraient besoin de lui pour gérer leurs caprices comme un père pour tirer le meilleur d’eux en tant que technicien.

Le dernier point concernant le sélectionneur reste la gouvernance. En effet, les sélectionneurs qu’ils soient locaux ou étrangers font souvent l’objet d’allégations de raquettes de primes des joueurs et autres compromis. Ce genre de pratiques ne devrait pas figurer à l’actualité de l’officier de police qu’il est. Le respect et la tenue du groupe passe par tous ces aspects.

Enfin, les joueurs ont leur part de responsabilité. Si le coach Malo a été retenu, c’est que l’approbation de certains cadres a été requise. Ils se doivent de l’accompagner dans sa mission. Les soucis de vestiaires proviennent souvent des anciens cadres qui ont leur vision de la sélection et qu’ils veulent imposer.  Il va de soi que ce qui est interdit en club et aussi proscrit en sélection.

Les joueurs doivent être professionnels

Ce qui est demandé aux joueurs ce n’est pas seulement le patriotisme qui souvent est un terme difficile à définir et manque d’instruments de mesure qu’on peut appeler « patriomètre », il leur est simplement  demandé d’être professionnels et disponibles pour la sélection nationale. Même s’il est évident que la fédération ne pourra jamais leur offrir les mêmes conditions de travail.

Ils doivent avoir en mémoire que jouer pour sa patrie reste un honneur et un privilège. De ce fait, ils doivent se soumettre à l’autorité et aux choix du sélectionneur fût-il local. C’est une marque de professionnalisme. En attendant, il faut  souhaiter bonne chance à Kamou Malo pour cette mission qui s’avère difficile mais pas insurmontable.

West Julien TIENDREBEOGO

Économiste, Consultant sportif

Il y a 1 commentaire

  1. Ce n’est pas seulement les entraineurs qui font le jeu, mais plutôt les joueurs. Dans notre groupe pour la CAN 2021, on n’a pas besoin d’un entraineurs extraordinaire pour cela. Donc Malo doit seulement confirmer le statut des étalons et non autre chose. Aussi, si on nomme un local, c’est pas seulement une question de patriotisme, mais aussi l’importance que les autorités accordent au football burkinabé.

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