Affaire Clinique Les Genêts : Avis d’un citoyen

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Ceci est une tribune de Célestin Badolo sur l’affaire de la clinique les Genêts. Elle est parvenue à Burkina24 sous le titre “L’affaire Clinique Les Genêts contre la Société générale Burkina Faso (SGBF) : les en-dessous d’un marathon judiciaire (Acte 1)”.

La sortie de Me Jean Charles Tougma nous donne l’occasion de relancer dans l’opinion cette affaire qui a fait l’actualité il y a à peine 2 semaines tant l’exécution de la décision de justice a choqué plus d’un mais aussi, pour l’inopportunité d’un tel acte dans un état qui peine à proposer une offre de santé à la taille de la demande.

Nous avions alors publié une adresse à l’attention du Président de l’Assemblée nationale et cet article avait fait l’objet de bien de commentaires de tout acabit et gabarie.

Nous nous étions intéressé à l’aspect structurel du problème (politique de santé, offre de santé et climat des affaires) sans nous livrer à certains aspects non moins importants quoiqu’ils ne relèvent pas du secret judiciaire. Il nous semble qu’il y a un intérêt à y revenir et pour ce faire nous vous proposons ici de savoir comment la Clinique a bien pu avoir des dettes avec la SGBF origine du conflit.

En novembre 2002 la Clinique les Genêts a recours aux services de la SGBF pour obtenir un prêt de 350 millions. Celle-ci accède à la demande de son client. À la fin du prêt et constatant que le montant initial n’avait pas suffi, la Banque accepte de  continuer le paiement des investissements. Le mode de financement, tacitement, n’était plus un prêt classique mais des découverts autorisés.

La Banque s’offrira des agios sur le découvert et décidera (unilatéralement) par la suite de convertir le découvert et les agios en prêt et frappe ce prêt du taux d’intérêt.

La banque décidera de faire signer une convention de prêt mais sans tableau d’amortissement à la clinique (les habitués du monde des finances imaginent bien ce que cela faut). Dès 2008, la Clinique commence à remettre en cause officiellement les exactions de son partenaire SGBF.

La banque décidera de remettre le tableau d’amortissement mais sans convention de prêt. Le seul élément de preuve de prêt de la clinique, c’est l’inscription du montant sur le relevé et le tableau d’amortissement fourni par la SGBF. Il s’en est suivi un empilement de dettes, de 350 millions, 500 millions, 600 millions, 700 millions, 750 millions, 1,650 milliards, 2 milliards et 2, 210 milliards. Malgré le remboursement de plus d’un milliard et demi de FCFA, la dette de la clinique est restée abyssale !

La clinique a, à maintes reprises, demandé (nous en avons trouvé des traces) que la Banque lui explique le procédé ayant abouti à cette dette. En vain (nous n’en avons pas vu trace) ! La SGBF réclamera donc à la clinique le payement à la fois de sa dette majorée des intérêts (ce qui nous semble juste), la somme des découverts et des agios, majorée du même taux d’intérêt.

La Clinique s’y oppose et défend que les découverts qui lui ont été accordés ne soient ni frappés d’agios, ni classés comme prêt à intérêt étant donné qu’il n’y a pas eu d’accord préalable. Les deux parties s’étant braquées, la Clinique décide d’ester en justice contre la Banque pour prêts usuraires et faux en écriture bancaire ; c’était en octobre 2016. Voilà comment le problème a commencé. Ce pan de l’affaire connaitra un jour un dénouement puisque un expert-comptable est commis depuis le 27 février 2019, à la tâche d’apporter une lumière aide à la décision du juge. Il est clair que les deux parties attendent avec impatience le rapport d’expertise.

Ceci-ci étant premier acte de ce que nous avons pu collecter, nous espérons pouvoir informer l’opinion davantage les jours à venir car il est question de justice sociale et non de passions et d’intérêts individuels.

Célestin Badolo

Citoyen burkinabè

B24 Opinion

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Il y a 2 commentaires

  1. J’ai eu un prêt à cette banque et perdit mon boulot avant terme du prêt. Après 2 mois de chômage (que j’ai expliqué à la banque) , j’envoie le numéro de compte à mon nouveau employeur en prenant le soin de relevé le montant restant de mon prêt. Après 3 mensualités de payement, je reparti me renseigné sur le montant qu’il me reste à payer: Le montant avait augmenté. Mon gestionnaire m’a alors embobiné avec des termes bancaires à ne rien comprendre. J’ai alors (sans rien dire à la SGB) trouvé une autre solution……
    Les financiers, banquiers et autres gestionnaires doivent savoir que même sils “suce le sang des pauvres gens” soit disant qu’on est dans un monde capitaliste et ils ne pourront jamais se construire un trône au ciel.

  2. Il revient à l Etat de faire respecter la loi. Aucune banque ne respecte la loi au Burkina et personne ne dit mot. Les conventions sont faites à leur guise sans tenir compte de la loi. Les maisons sont retirées n immorte comment sans que l Etat ne dise mot. Je connais un particulier qui a bénéficié d un prêt de 150 millions capital + intérêts et finalement à cause des intérêts de retard se retrouve à payer 300 millions. L État laisse faire et les juges aussi. Tout retrait de bien doit faire l objet d un examen approfondi. Depuis 2011, rien ne va dans ce pays et tous le savent. C est Triste Pour ce pays. Malheur à ceux qui baillonnent leur peuple.

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