Procès putsch: « Le seul responsable de cette affaire, c’est l’Etat » (Avocat)

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Les avocats de la défense poursuivent leurs plaidoiries devant le Tribunal militaire de Ouagadougou. Ce mardi 13 août 2019, Me Mireille Barry, Me Aouba Zaliatou et Me Alexandre Sandwidi ont tenté de prouver l’innocence de leurs clients respectifs, dans cette affaire de coup d’Etat.

Débutées le vendredi 9 août 2019, les plaidoiries des conseils du Capitaine Abdoulaye Dao ont pris fin ce mardi 13 août. C’est Me Mireille Barry qui a conclu la défense de l’Officier militaire qui risque cinq ans fermes et une amende d’un million de FCFA, selon les réquisitions du Parquet.

La défense de l’ex-Commandant du Groupement d’intervention antiterroriste a battu en brèche le réquisitoire du Ministère public qu’elle qualifie d’« affabulations ».

Le Capitaine Dao est poursuivi pour complicité d’attentat à la sûreté de l’Etat, meurtres, coups et blessures volontaires, incitation à commettre des actes contraires à la discipline. Pour son avocate, Me Barry, il y a un « acharnement, une discrimination et des préjugés » à l’encontre de son client.

« Des manifestants ont été blessés par les pneus qu’eux-mêmes avaient brûlés »

« Nous avons l’impression que le Capitaine Dao doit payer pour tous les membres du RSP. Alors que des manifestants ont été blessés par les pneus qu’eux-mêmes avaient brûlés. Monsieur le Président, ne vous laissez pas berner. Les Chefs de Groupement du RSP ne peuvent qu’être purement et simplement acquittés. Le seul responsable de cette affaire, c’est l’Etat, pour n’avoir pas respecté ses engagements », foi de l’auxiliaire de justice.

Appelé à la barre pour son dernier mot, le Commandant de compagnie a souhaité que l’ensemble des Burkinabè puissent se retrouver et avoir le regard tourné vers le développement du pays.

A la suite des conseils du Capitaine Dao, place a été faite à Me Aouba Zaliatou pour le compte de Nanéma Ousséni Fayçal. Ce dernier est poursuivi pour complicité de dégradation volontaire aggravée de biens et recel. Me Aouba a entamé sa plaidoirie en dénonçant des « irrégularités » dans la saisie de la juridiction militaire.

« La Charte de la Transition est venue d’un accouchement clandestin »

« Le dossier a été tripatouillé, re-tripatouillé », a insisté l’avocate. Elle a demandé au Tribunal de déclarer irrecevables les réquisitions du Parquet. A l’en croire, rien ne prouve que Nanéma Ousséni Fayçal était au domicile du défunt Président de l’Assemblée nationale, Salifou Diallo, le 18 septembre 2015. « Je reste convaincu que vous allez m’acquitter », a laissé entendre le prévenu avant de rejoindre le box des accusés.

Me Alexandre Sandwidi est le dernier plaideur de ce mardi 13 août. Il défend le Sergent-chef Roger Koussoubé alias « Touareg », le Soldat de 1re classe Zongo Hamado et le Caporal Abdoul Nafion Nébié. Pendant les premières heures de sa plaidoirie, l’avocat s’est posé des questions sur la légalité du régime d’alors.

« La Charte de la Transition est venue d’un accouchement clandestin. Elle a été rédigée et adoptée sans faire recours au peuple. L’adoption de cette Charte est une révision de la Constitution. Blaise Compaoré était le seul Président démocratiquement élu. Ce qui est appelé insurrection n’est rien d’autre qu’un coup d’Etat », a affirmé Me Sandwidi.

Il a demandé au Président du Tribunal militaire de surseoir à statuer et saisir le Conseil Constitutionnel. Demain mercredi 14 août 2019 à partir de 9h, le président du Tribunal donnera son avis sur cette énième requête de la défense.

Noufou KINDO

Burkina 24

Noufou KINDO

@noufou_kindo s'intéresse aux questions liées au développement inclusif et durable. Il parle Population et Développement.

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