Permis de conduire, carte grise, immatriculation : Place à la modernisation au Burkina

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Après les permis de conduire, le gouvernement burkinabè s’engage dans une opération de modernisation et de sécurisation des titres de transports, de ré-immatriculation des véhicules pour un coût de quinze milliards trois cent dix-neuf millions de francs CFA en mode partenariat public-privé avec la société française Oberthur Technologies.

Le ministre des transports, de la mobilité urbaine et de la sécurité routière, Vincent Dabilgou, est formel : « les cartes grises et les permis de conduire étaient devenus l’objet de faux et de falsification ». Dans l’optique de « réduire significativement la fraude et la contrefaçon » par la délivrance de titres de transport conformes aux standards internationaux et en format ID sécurisé, le gouvernement à travers le département dirigé par Vincent Dabilgou s’est engagé avec Oberthur Technologies, entreprise française spécialisée, dans les technologies de l’identification et de la sécurité digitale.

« Le système de sécurité l’exigeait »

Avant le démarrage du projet visant à moderniser et sécuriser les titres de transport et la ré-immatriculation des véhicules, avec l’ancien système qui avait été mis en place en 1995 pour « tenir pendant dix ans », c’était « jonglage » pour continuer de satisfaire « le taux d’équipement très élevé » des Burkinabè.

« Le système était épuisé. A un moment, pour donner un numéro, il fallait jongler et composer des numéros. C’était bloqué. On ne pouvait pas continuer à exploiter », a déclaré le ministre des transports et de la mobilité urbaine. L’autre argument avancé par Vincent Dabilgou, la « pénétration des faussaires » dans le système.

« Chacun sait que  la carte grise ou le permis de conduire sont devenus dans notre pays l’objet de falsification, l’objet de faux. Il y a des laboratoires qui sont créés. Il y a des gens qui ne vivent que du faux dans le domaine du permis, des cartes grises. C’est connu », a affirmé le ministre. Cela a des « conséquences énormes » dont « la perte de crédibilité de l’administration » burkinabè avec ses implications et l’évasion des recettes fiscales et non fiscales justifie le ministre.

Pire, « en cas d’infraction, de délit, on ne peut pas authentifier, poursuivre, réprimer parce que toute la base est fausse ». Ce qui fait, qu’« il n’y avait pas d’autres choix que d’aller à un nouveau système d’immatriculation et de formulation des cartes grises de notre pays. Le système de sécurité l’exigeait parce qu’il fallait qu’on se sécurise et qu’on soit crédible vis-à-vis de nous-mêmes et des pays étrangers », justifie M. Dabilgou.

Des « réformes voulues par le gouvernement pour élargir l’assiette fiscale » ?

Parce que « beaucoup sont en train de se poser des questions sur les objectifs, sur les tenants, les aboutissants, sur les pourquoi d’un tel projet pour réimmatriculer les véhicules dans notre pays », le principal animateur de la conférence de presse s’est voulu convainquant.

« Certains mêmes sont allés trop vite en besogne. Certains sont allés jusqu’à dire que ce sont des réformes voulues par le gouvernement pour élargir l’assiette fiscale de ses recettes et augmenter son budget parce que nous avons besoin d’argent », rapporte Vincent Dabilgou.

Le ministre des transports n’écarte totalement pas cet état de fait. « C’est vrai que nous avions besoin d’argent mais ce n’était pas pour cela. C’est plutôt une base considérable de considération technique mais aussi sécuritaire qui ont conduit à la mise en œuvre de ce projet ».

En rappel, la délivrance des cartes grises a débuté après celle des permis de conduire enclenchée le 18 avril 2018. Plus de cent mille (108 345) permis ont ainsi été délivrés. L’échantillon de nouvelles plaques d’immatriculation fourni par le partenaire a été mis en circulation à partir 09 juillet dernier.

Avec l’offre de son partenaire français, l’Etat burkinabè a maintenant la possibilité d’« immatriculer continuellement ». Et ce, jusqu’à soixante un million quatre-vingt-neuf mille huit cinquante-six (61 089 856) véhicules et cycles.

Oui KOETA

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Il y a 1 commentaire

  1. Nous saluons l opération à sa juste valeur. Il est de bon ton que l on assainisse la maison. Démarcheurs par ci démarcheurs par là cela traduit l opacité qui entouré l obtention de ce document. Il est aussi important que l on aille de façon progressive. Cependant, je m indigne quand je constate que cette noble opération est confiée aux compétences expatriées. Pour ma part elle pouvait être confiée à la sécurité ou à l ONI. en tout cas une chose est sûre si l on confié l immatriculation de nos véhicule à des expatrkees ce n est rien d autre que d ouvrir notre pays à l anarchie.

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