Assassinat de Cissé Fahadou et Balima Hama : Des organisations dénoncent le refus d’autopsie des corps

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L’Organisation démocratique de la jeunesse (ODJ), le Mouvement burkinabè des droits de l’Homme et des peuples (MBDHP) et le Collectif contre l’impunité et la stigmatisation des communautés (CISC) dénoncent le « refus manifeste de l’autopsie des corps de Cissé Fahadou et Balima Hama » tués le vendredi 31 mai 2019 à Sebba alors qu’« ils se rendaient à une audience avec le Haut-commissaire de la province du Yagha ».

Les deux militants de l’ODJ Cissé Fahadou et Balima Hama ne sont jamais arrivés au Haut-commissariat du Yagha où ils devaient rencontrer le chef de cette circonscription administrative.  « Ils se rendaient à une audience qu’ils ont demandée et obtenue au haut-commissariat. Ils meurent et jusqu’à ce matin, on n’a jamais entendu un seul communiqué du haut-commissariat. Jamais un mot de compassion à la famille. Dans ce cas, le mutisme est intrigant. Qu’est-ce que les gens se reprochent ? », s’interroge Gabin Korbéogo, président de l’ODJ.

Le président du Mouvement burkinabè des droits de l’Homme et des peuples a déclaré avoir vu Cissé Fahadou pour la dernière fois courant janvier 2019 à Houndé. Lors de cette rencontre, celui-ci lui avait confié être « dans leur ligne de mire » mais promettait de continuer à se battre pour les libertés démocratiques. « C’est un jeune qui, manifestement, se sentait menacé. Il n’y a pas de doute là-dessus », a dit Chrysogone Zougmoré. Le militant des droits humains déplore ne voir « nulle part pointer la moindre volonté de faire la lumière sur ces assassinats ».

L’ODJ, le MBDHP et le CISC dénoncent ainsi « le refus manifeste de l’autopsie des corps de Cissé Fahadou et Balima Hama » et celle des corps de Diakité Saliou, « mort le 23 mai 2019 entre les mains de la gendarmerie » et Diallo Abdoul Karim « mort à l’hôpital Yalgado après y avoir été transféré par la gendarmerie de Barsalogho ».

Jouer sur « le temps de la lassitude des parents et compagnons de lutte des victimes »

Las d’attendre que justice soit rendue, les premiers responsables des trois organisations et  un avocat des familles des victimes avaient demandé et obtenu une audience du ministre de la justice à la date du 24 juillet 2019. Celle-ci, disent-ils, « a laissé entrevoir des espoirs qui se sont vite dissipés ».  Les responsables de l’ODJ, du MBDHP et du CISC dénoncent les manœuvres des autorités qui consistent à jouer sur « le temps de la lassitude des parents et compagnons de lutte des victimes (…) avec le secret espoir que le temps érode leur moral et leur détermination ».  

Le président de l’organisation démocratique de la jeunesse dénonce la tentative de « contenir et d’étouffer les aspirations profondes des masses à la liberté, à la justice sociale et au bien-être à travers la répression, la criminalisation des luttes populaires, et les assassinats ciblés et de masse ».

Pour lui, la relecture du Code pénal illustre « la volonté de musellement des organisations de la société civile, de la presse et des défendeurs des droits humains ». Tout ceci, poursuit-il concourt à ce que son organisation qualifie de ‘’fascisation du pouvoir du MPP’’ à travers l’« imposition de la loi du silence ».

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