Déplacés à Barsalogho : La solidarité agissante en provenance du Canada

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La diaspora burkinabè du Canada a volé au secours des déplacés internes de Barsalogho. En plus des vivres pour les besoins de nutrition, l’appel à « donner toute l’aide qu’ils pensaient utile » auprès des souscripteurs a reçu un écho favorable.

Du petit mil et du sorgho (80 sacs de 100 kg), du riz (54 sacs de 50 kg), du haricot (10 sacs de 100 kg) et 54 bidons de 20 litres d’huile, c’est le résultat de l’appel à agir pour les populations déplacées ayant trouvées un peu de quiétude dans la commune rurale de Barsalogho située à un plus de quarante kilomètres de Kaya, chef-lieu de la région du centre-nord.

L’idée est de la diaspora burkinabè du Canada. Cette diaspora en question, « ce n’est pas seulement les Burkinabè » pour autant. Elle inclut aussi toutes les âmes charitables canadiennes (collègues de travail, amis) de même que celles africaines vivant au pays avec pour symbole le tartan de la feuille d’érable se sont mobilisées pour venir en aide aux déplacés.

« Au début, ça se voulait juste au niveau de la diaspora burkinabè », rapporte le messager Hervé Bandaogo. Mais parce qu’elle « ne vit pas en autarcie juste entre Burkinabè », des expatriés, issus d’autres communautés africaines, se sont associés. « Majoritairement les gens ont répondu », se réjouit-il.

Il s’est rendu ce samedi 17 août 2019 à Barsalogho au nom des contributeurs pour la remise des vivres composés de riz, de sorgho, de petit-mil, de haricot et d’huile végétale. « On a mobilisé la diaspora pour ensemble faire une différence. On s’est dit qu’on est loin mais il ne faudrait pas que la distance nous empêche de faire quelque chose pour nos parents ici qui souffraient énormément ».

Selon le messager des contributeurs, la raison pour laquelle ils ne se sont pas fait prier pour agir est toute simple : les villages et leurs occupants affectés auraient pu être des proches. C’est le cas de Boukaré Tall originaire d’« un village à quelques kilomètres de Yirgou ». Ainsi chaque contributeur s’est dit pourquoi ne pas « faire quelque chose » au profit des familles démunies qui ont tout quitté pour préserver leur vie.

En plus des vivres, l’appel au soutien a abouti à l’envoi de treize balles de vêtements convoyés depuis l’Amérique du nord. « On a demandé aux gens de nous donner toute l’aide qu’ils pensaient utile. Donc beaucoup ont donné des vêtements ».

« Ils sont venus bazarder leurs animaux pour pouvoir survivre »

Leur geste va « droit au cœur » du chef du village et d’Abdoulaye Pafadnam, maire de la commune de Barsalogho. Et même qu’il « vient à point nommé » rajoutent-ils. Et pour cause : « Nous souffrons depuis janvier 2019. Nous étions vraiment dans le besoin. Aujourd’hui dans la seule ville de Barsalogho, nous avons plus de 45 000 déplacés sans compter ceux de la zone de Foubé (village situé à la frontière entre les régions du Centre-nord et du Sahel) où il y a plus de 30 000 déplacés. C’est réfléchi que nos compatriotes avec leurs amis puissent venir en solidarité pour nous soutenir », apprécie l’édile.

Les jours passent. Les actions de solidarité envers les personnes déplacées se multiplient.

Cependant, le besoin se fait toujours sentir selon le M. Pafadnam. Place à la projection. « Ils sont là. Nous ne pouvons pas vous dire que dans un ou deux mois ils seront partis. Nous avons des vivres en ce moment certes. Si on fait un calcul sur une durée de deux mois, on va se rendre compte que ce n’est pas suffisant ».

Les salles de classes vidées de leurs tables-bancs pour servir de refuge aux femmes et enfants.

Et même si les familles déplacées rejoignaient les 35 villages (sur les 75 que compte la commune) qui se sont vidés de leurs occupants, la question de la nutrition se posera toujours. « Toute cette zone (centre de la commune) est considérée comme une zone morte. Les populations n’ont pas produit. Personne n’a fait un champ. (…) Ils n’ont pratiquement pas produit. Ils sont venus bazarder leurs animaux pour pouvoir survivre. Ils sont partis en catastrophe ».

Bientôt la rentrée des classes

Dans tous les huit établissements publics et trois privés de Barsalogho, les salles de classes ont été vidées de leurs tables-bancs. Elles constituent à présent le refuge des femmes et des enfants en bas âge dont la scolarité a été écourtée pour certains. A l’angle de la superficie de cette école, deux tentes ont été dressées pour les besoins de cours de rattrapage au profit des élèves qui étaient en classe d’examen.

« Très franchement, rien qu’à y penser, ça me fait froid au dos », s’inquiète le maire Abdoulaye Pafadnam. Avec le retour incertain des déplacés, observe-t-il, « cela veut dire qu’il faut trouver des solutions alternatives pour vraiment abriter ces déplacés avant de libérer les classes pour que les cours puissent reprendre ». Cela inclut aussi penser à trouver une solution pour la suite ou pour un début de scolarisation des enfants des déplacé.

Oui KOETA

Burkina24

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