Procès putsch: « Djibril Bassolé n’est pas un putschiste ni un djihadiste » (Avocat)

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Les conseils du Général Djibril Bassolé continuent de le défendre devant le Tribunal militaire. Débutées le vendredi 16 août dernier, leurs plaidoiries se poursuivront demain 20 août 2019, dans une Salle des Banquets qui commence à retrouver son affluence d’antan. Ce lundi 19 août 2019, les plaideurs ont clamé en chœur l’innocence du Général de Gendarmerie.

Dès 9h00, ce lundi 19 août 2019, les engins commencent à inonder les parkings improvisés aux alentours de la Salle des Banquets. Jeunes, hommes et femmes se précipitent pour ne pas se faire conter l’audience du jour. La salle d’audience est à moitié pleine. Une situation qui rappelle le tout début du procès du coup d’Etat, hormis les rangées réservées aux avocats qui brillent cependant de par leur absence.

Au menu de ce jour, la poursuite des plaidoiries des conseils du Général Bassolé, alpagué pour des conversations téléphoniques. Mais, le prévenu n’assiste pas, pour le moment, aux séances de plaidoiries, en raison de son état de santé. Ses avocats le défendent quand bien même qu’il soit absent dans la salle.

Ce lundi, tous ses quatre avocats, en l’occurrence Me Dieudonné Bonkoungou, Me Mireille Barry, Me Antoinette Ouédraogo et Me Yérim Thiam, ont pu tenir le crachoir. Leurs déclarations, observations et mots se rejoignent. L’ancien ministre des affaires étrangères sous le régime de Blaise Compaoré, pour eux, n’est mêlé ni de loin ni de près dans cette affaire de putsch.

« Le travail de l’expert commis par le Juge n’est pas meilleur que celui fait par un autre expert »

« Il n’y a pas d’élément factuel contre Djibril Bassolé. Il n’y a que des éléments audio truqués et manipulés pris sur Internet et qu’on n’a pas pu authentifier. Selon l’expert français, bien avant l’expert allemand, il ne s’agit pas d’interceptions téléphoniques ou de communications classiques », affirme Me Bonkoungou.

L’avocat se demande lequel choisir et primer parmi les deux rapports d’expertise. Et de poursuivre : « Le travail de l’expert commis par le Juge n’est pas meilleur que celui fait par un autre expert commis par l’autre partie. Sinon, il y a eu un appel à la base, mais par la suite, cet appel a été truqué ».

Après environ deux heures de plaidoiries, Me Dieudonné Bonkoungou passe le micro à sa consœur, Me Mireille Barry. Pendant que l’avocate entame son exposé, l’appariteur, de son côté, ne cesse de rappeler aux nombreuses personnes venues pour suivre l’exercice de droit qu’il n’est pas permis de porter un chapeau en salle d’audience.

« Djibril Bassolé n’a jamais contacté Guillaume Soro »

Me Barry ne semble toujours pas digérer les réquisitions du Ministère public. En rappel, le Parquet a requis la prison à perpétuité contre leur client et la destitution de son grade de Général. « Un complot politique se cache derrière cette affaire de putsch. Des complots, il y en avait à profusion. Mais, seul le complot des forts a prospéré. Djibril Bassolé n’a rien à voir avec cette affaire », est convaincue l’auxiliaire de justice.

Elle fait noter qu’il s’agit d’un règlement de compte dont l’ultime but est de « neutraliser » un adversaire politique. Plusieurs personnes, à en croire l’avocate, ont affirmé que Monsieur « Bassolé fait semblant » d’être malade, malgré la présence d’un rapport médical. Elle a tenu à battre en brèche ces affirmations qu’elle qualifie de préjugés et d’allégations.

« Laissez-le se soigner. Djibril Bassolé n’a jamais contacté Guillaume Soro. Il a reconnu avoir reçu un appel de ce dernier. Mais, dire qu’il a contacté des personnes étrangères pour demander aide et assistance n’est pas juste. Djibril Bassolé n’est pas un putschiste ni un djihadiste. Monsieur le Président, il faut vous départir des préjugés », plaide Me Barry.

« Il est innocent »

Elle informe que les conseils de Bassolé ont décidé de le nommer Djibril Bassolé et non Général. Parce que, insiste-elle, au moment des faits, leur client n’avait pas d’hommes sous son commandement. « Il est innocent. Pourquoi depuis longtemps, il était appelé Djibril Bassolé, et tout d’un coup, on dit Général ? », se demande-elle, avant de céder la place à Me Antoinette Ouédraogo.

L’avant-dernière personne à plaider ce lundi s’est attardée sur l’authenticité des écoutes retenues contre Djibril Bassolé. « Monsieur le Président, messieurs les membres du Tribunal, vous n’avez pas droit à l’erreur. Chacun des accusés ici présents a droit à votre attention particulière », termine le Bâtonnier.

Me Yérim Thiam, également Bâtonnier, est le dernier à plaider pour le Général Bassolé. Il commence par féliciter ses confrères qui ont demandé l’acquittement pur et simple de leur client commun. Il promet de s’attaquer aux éléments de droit pour démontrer la non-culpabilité du Général de Gendarmerie. Son exposé oral se poursuit demain 20 août 2019.

Noufou KINDO

Burkina 24

Noufou KINDO

@noufou_kindo s'intéresse aux questions liées au développement inclusif et durable. Il parle Population et Développement.

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