Procès putsch : Djibrill Bassolé à la barre pour son mot de fin

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Les avocats du Général Djibrill Bassolé ont clos leurs plaidoiries. Leur client a été appelé à la barre ce mardi 20 août 2019 pour son mot de fin. « Les infractions qui me sont reprochées ne correspondent en rien à la réalité des faits », a réaffirmé le Général de Gendarmerie.

Dès la reprise de l’audience ce mardi 20 août 2019, le Président du Tribunal appelle le Général Djibrill Bassolé à la barre. C’est alors que, tout vêtu de blanc, le prévenu avance à pas feutrés. Djibrill Bassolé, visiblement souffrant et affaibli, comparait une fois de plus, assis sur une chaise. « Nous avons écouté les plaidoiries de vos avocats. Nous voulons savoir si vous avez quelque chose à ajouter », lui demande le Juge.

Le Général Bassolé entame alors sa réponse par quelques observations. « Monsieur le Président, je n’ai jamais refusé de comparaître devant votre barre. Par respect de votre juridiction. Loin de moi l’idée de m’opposer à votre Tribunal », lance-t-il. Il est pris en charge par un établissement sanitaire spécialisé. Il rappelle que le tableau de sa santé « n’est pas du tout reluisant ».

Djibrill Bassolé veut se soigner

« J’ai été surpris de me voir empêché d’établir mon passeport ordinaire. Chose qui devrait me permettre de répondre au rendez-vous du 22 août en France pour des soins », déplore l’ancien ministre des affaires étrangères. Djibrill Bassolé a, par ailleurs, une doléance qui lui tient à cœur. Il demande au Président du Tribunal à ce que des « barrières » soient levées. Afin qu’il puisse se soigner convenablement. L’accusé avait demandé à ses conseils de porter son mot de fin. Mais, il se voit contraint à comparaître, même l’air affaibli.

« Monsieur le Président, les infractions qui me sont reprochées ne correspondent en rien à la réalité des faits », déclare-t-il. Et d’insister, « ni en droit ni dans les faits ». Le prévenu en boubou blanc dénonce de « graves violations » de ses droits et des « manipulations et subjectivités » à son encontre.

Avant de clore ses propos, Djibrill Bassolé a souhaité plein succès dans les délibérations du Tribunal militaire. C’est sur ces mots que le Président du Tribunal a suspendu l’audience pour quelques minutes. Le Général de Gendarmerie doit quitter la salle et rejoindre sa résidence. La salle qui commençait à se remplir se vide également. 

« Monsieur le Président, notre profession est si noble, si contraignante »

L’audience s’est donc poursuivie avec les plaidoiries des avocats du Bâtonnier Mamadou Traoré. D’entrée de jeu, Me Moussa Coulibaly, Bâtonnier nigérien, se veut on ne peut plus clair. « Nous ne plaidons pas contre les Parties civiles ni contre le Ministère public. Nous plaidons pour le Bâtonnier Traoré. Il est accusé d’avoir exercé son travail d’avocat dans la dignité », indique l’homme en robe noire.

Son confrère burkinabè est, selon lui, allé tout simplement rencontrer son client, Macky Sall, Président sénégalais, pendant les événements. « Monsieur le Président, notre profession est si noble, si contraignante », lâche le Bâtonnier Coulibaly. Avant de passer le témoin à son confrère camerounais, Patrick Monté, il a demandé le respect des droits de leur client.

Me Monté est convaincu que le dossier du putsch a été construit à l’envers. « Il n’y a aucune infraction constituée contre le Bâtonnier Traoré. Tout est construit pour chercher un coupable », estime l’avocat camerounais. Il pense que le Parquet exagère dans ses réquisitions. Le Bâtonnier Mamadou Traoré, alors, invité à la barre, a exprimé son soulagement face à l’avancement du dossier.

L’audience a, cependant, été suspendue aux environs de 15h. En effet, un membre du Parquet a été victime d’un malaise pendant le mot de fin du Bâtonnier. La situation est « connue et maîtrisée », a rassuré le Président du Tribunal. L’audience se poursuit donc demain mercredi 21 août 2019 à partir de 9h.

Noufou KINDO

Burkina 24

Noufou KINDO

@noufou_kindo s'intéresse aux questions liées au développement inclusif et durable. Il parle Population et Développement.

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