Procès du putsch de 2015 : Avant que le couperet ne tombe…

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Septembre 2015 – septembre 2019. Le putsch perpétré par le Conseil national pour la démocratie (CND) a quatre ans. Le procès de cette affaire, débuté depuis février 2018, a connu son épilogue ce lundi 2 septembre 2019. Le Tribunal a reconnu coupables certains accusés. Mais, il a également acquitté d’autres.

Dès 7h ce lundi 2 septembre 2019, la salle des Banquets de Ouaga 2000 est prise d’assaut. Partout, les engins inondent les parkings improvisés. A l’entrée Est du bâtiment, deux longues files se forment. De leur côté, les forces de sécurité sont à l’œuvre.

Chaque personne désirant suivre l’audience du jour est soumise à une fouille minutieuse. Tous les recoins des poches et des sacs sont fouillés. Les minutes s’égrènent. Après présentation de la pièce d’identité, l’intéressé est autorisé à passer.

Une fois en salle, l’ambiance ne présente rien d’ordinaire. « Il n’y a même pas de place pour les journalistes commis d’office », ironise un confrère. En effet, la salle des Banquets est pleine à craquer. De l’assistance, en passant par le hall réservé aux Hommes de médias, jusqu’au niveau des avocats… « Tout est bourré », témoigne un voisin.

Quand l’heure du verdict a sonné

10h 35. Le Tribunal est annoncé. Tout devient calme. La salle retient son souffle. C’est en ce moment que le Juge, Seydou Ouédraogo, porte à la connaissance de l’auditoire les réponses données aux questions. Ce questionnaire a fait l’objet de débats houleux, la semaine surpassée. Accusé par accusé, le Président du Tribunal dit si, oui ou non, les réponses de la Juridiction incriminent le prévenu.

Chaque accusé commence à imaginer le sort à lui réservé, sur la base des réponses apportées par le Tribunal. Par exemple, en ce qui concerne le Capitaine Abdoulaye Dao, les réponses du Tribunal sont sans équivoque.

L’Officier militaire est reconnu coupable des faits de complicité d’attentat à la sûreté de l’Etat, de meurtres, de coups et blessures volontaires, et d’incitation à commettre des actes contraires à la discipline. Il ne bénéficie pas non plus de circonstances atténuantes.

Le Général Bassolé bénéficie de circonstances atténuantes, mais, Diendéré non !

Le Général de Gendarmerie Djibrill Bassolé, quant à lui, est reconnu coupable uniquement des faits de trahison. Le Tribunal a répondu « Non » sur la constitution des autres infractions notamment la complicité d’attentat, les meurtres, et les coups et blessures volontaires. Le Général Bassolé bénéficie, par ailleurs, de circonstances atténuantes.

Le Général Gilbert Diendéré, lui, est reconnu coupable des faits d’attentat à la sûreté de l’Etat, de meurtres, de coups et blessures volontaires, d’incitation à commettre des actes contraires à la discipline. Il a été reconnu non coupable des faits de trahison.

Le Tribunal a décidé que le présumé cerveau du putsch ne bénéficie pas de circonstances atténuantes. La suite des décisions du Tribunal est connue de tous. 20 ans fermes pour le Général Diendéré, 10 ans fermes pour le Général Bassolé. Ils ont 15 jours pour faire appel.

Retrouver une partie du verdict ici : Procès du putsch de septembre 2015 : Le verdict des 16 accusés les plus connus [Infographie]

Noufou KINDO

Ignace Ismaël NABOLE

Burkina 24

Noufou KINDO

@noufou_kindo s'intéresse aux questions liées au développement inclusif et durable. Il parle Population et Développement.

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