« L’Occitane pour elles » pour plus d’impact sur les communautés

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Le coup d’accélérateur donné aux projets des femmes au Burkina Faso a pour résultat l’incubation à La Fabrique de six projets à fort impact social et ou environnemental.

En créant Palobdé (production et vente de serviettes hygiéniques lavables à partir de matières premières locales et du Faso Danfani), Kyendrebeogo Emilie espère limiter les échecs scolaires d’adolescentes imputables aux menstrues qui tachent leurs tenues.

Avec Recycl’Afrik (réalisation d’objets créatifs à partir de pneus usés), Porgo Amiratou, ingénieure en eau et assainissement veut débarrasser Ouagadougou des pneus usés, ces nids de moustiques et aider par la même occasion à « améliorer le cadre de vie » de ses habitants.

Son choix de mettre en valeur les pneus usés n’a rien de bien fortuit. En effet, c’est lors de son stage au centre de traitement et de valorisation des déchets de la capitale qu’Amiratou a remarqué qu’« il y a un gros gisement de pneus usés dans le centre et il n’y a aucune valorisation ». Quelques mois  plus tard, assure-t-elle, « le pneu usé, on peut l’utiliser comme le support à l’intérieur d’un pouf au lieu d’utiliser le bois. C’est très confortable. Cela permet en même temps d’éviter la coupe abusive du bois ».

Le couple Kanla milite lui aussi pour la préservation de l’environnement. Avec son mari ébéniste, Kanla Marie a mis sur pied Kalanexpo « redonne une seconde vie au bois mort » en lieu et place d’abattre des arbres. Pas question pour ce couple d’abattre du bois vert dans ce pays sahélien. Pour plus d’engagement, le couple confie réinvestir une partie de ses bénéfices dans une pépinière pour vraiment inciter au reboisement, pour inciter les gens à replanter.

Traoré Aissa conçoit, produit et commercialise des emballages en papier pour lutter contre l’invasion du sachet plastique non biodégradables. Cela donne Biobag. Zongo Stéphanie souhaite, elle, « aider les jeunes à trouver leur voie dans le vie professionnelle ». Pour ce faire, elle a fondé Repères Magazine, un magazine en ligne.  Abo Alexandra Reine, quant à elle aider les enfants de 0 à 12 ans à « Apprendre autrement » par la création de jeux éducatifs.

“Une femme entrepreneure qu’elle soit sociale ou pas génère plus d’impact que ses homologues masculins”

Si elles se retrouvent aujourd’hui incubées à La Fabrique, c’est parce qu’elles ont démontré qu’elles étaient « dynamiques, engagées et porteuses de belles entreprises ». Elles bénéficieront pendant dix-huit mois de l’accompagnement nécessaire par l’entremise de la Fondation l’Occitane. En partenariat avec La Fabrique (incubation), l’Initiative Ouagadougou (financement), la Maison de l’entreprise du Burkina Faso (gestion d’entreprise), l’Occitane leur offre ainsi une possibilité d’accélérer leurs projets d’entreprises.

« On les accompagne parce que les entreprises qu’on identifie le critère primordial, c’est l’impact social et/ou environnemental. Ce sont des entreprises qui non seulement auront un impact spécifique sur les femmes elles-mêmes mais aussi la communauté dans laquelle, l’entreprise est développée qui va permettre de résoudre un problème social particulier, de recruter d’autres personnes et d’améliorer leurs conditions », a indiqué Kady Traoré, chargée de projets Afrique de la Fondation Occitane.

L’implémentation du programme L’Occitane pour elles est assurée par l’incubateur La Fabrique avec qui la fondation l’a co-construit en 2016. L’incubateur annonce la mise à disposition de chaque entrepreneure un bras droit (personne qui travaillera comme des business développeurs) pour les appuyer sur les questions stratégiques mais aussi sur les questions opérationnelles (modèle économique, distribution).

Le doute ne traverse pas Lisa Tietiembou, directrice de La Fabrique. Pour elle, « ça a du sens d’avoir un programme dédié aux femmes entrepreneures ». Et pour cause : « sur toutes les études de développement qui existent, relève-t-elle, on se rend compte qu’une femme entrepreneure qu’elle soit sociale ou pas génère plus d’impact que ses homologues masculins ».

Certes, « l’accompagnement, ce n’est pas une garantie de succès », concède Mme Tietiembou. Cependant, poursuit-elle, « c’est une garantie qu’au lieu d’avoir des moyens humains, techniques, financiers, intellectuels qui se limitent à votre personne, on peut élargir un peu ça et mettre autour de vous plus de compétences, d’expertise, de moyens matériels, de réseau, de financement pour limiter les risques d’échecs ».

Cette limitation des risques a marché avec les centres Adaja (tissage et commercialisation de Faso Danfani) et L’auxiliaire (formation aux métiers de services à la personne), les jus Glou embouteillés par Agro Déogracias et les produits cosmétiques à base de beurre de karité par la Fédération Nunuma. Leur promotrice sont été les premières à bénéficier de l’appui à travers le programme L’Occitane par elles.

Oui KOETA

Burkina24

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