Burkina : « On avance d’un pas et on recule de deux pas » (Adama Bidiga)

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A peine quatre jours après la marche-meeting de l’Action Syndicale Populaire, des syndicats annoncent déjà les couleurs. Le bureau exécutif du Syndicat National des Administrateurs Civils, des Secrétaires et Adjoints Administrateurs du Burkina (SYNACSAB) a annoncé un mot d’ordre de grève.

96 heures, c’est la durée de la grève que vont observer les administrateurs civils. Ce mot d’ordre de grève viendrait en réponse au silence du gouvernement face à leurs revendications. Des revendications que le SYNACSAB dit avoir déposées depuis « le 26 avril 2017 ». « Il convient de souligner que toutes les rencontres qui ont eu lieu ont accouché d’une souris,  voire tourné au dilatoire », a indiqué le secrétaire général du syndicat, Adama Bidiga.

Dans un contexte sécuritaire inquiétant, les administrateurs civils se disent être laissés à eux-mêmes. Pour Adama Bidiga et ses camarades,  « le contexte présent commande que l’administrateur civil, régulateur de la société soit en état de travailler convenablement et décemment. Et ce, afin de juguler les difficultés qui se posent à la nation burkinabè ». D’autant plus que les administrateurs civils sont  les représentants du Président et de l’Etat au niveau local.

Et avec de telles difficultés, le syndicat indique que « rien ne va  au ministère en charge de la cohésion sociale. On avance d’un pas et on recule de deux pas ». Cette situation entraîne  « un personnel désemparé, déboussolé, délaissé et démotivé ». Ainsi donc, la restauration de l’autorité de l’Etat et une bonne lutte contre les violences intercommunautaires  passent « forcément » entre les mains des administrateurs civils, selon les dires du secrétaire général du syndicat.

La marche du 16 septembre n’a rien d’illégal

Revenant sur les faits du 16 septembre 2019, Adama Bidiga a indiqué que « ceux qui disent que la marche meeting était illégale ignorent tout de la loi 2297 ». Il est donc catégorique sur le fait que les évènements du 16 septembre ne devraient pas se dérouler ainsi.  Les agissements du pouvoir en place sont des « aveux de faiblesse » selon le SYNACSAB.

« Pour le bureau exécutif national, par cette criminalisation de l’action syndicale, par ces vaines tentatives de suppression des garanties sociales, les dirigeants actuels essaient d’uniformiser le syndicalisme. Ils veulent aussi l’institutionnaliser afin qu’il ne soit plus qu’à leur service, un outil d’accompagnement de leurs décisions »

Adama Bidiga

Le dernier point de cette rencontre avec les Hommes de médias était le cas de la suppression du corps préfectoral. Sur la question, le syndicat dit qu’il « ne va pas s’aligner sur une mauvaise politique du gouvernement ». La solution pour Adama Bidiga et ses camarades reste la résolution et non le contournement des problèmes.

Basile SAMA

Burkina 24

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