Cinéma : L’extrémisme violent vu par la caméra de Mamadou Dia

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« Le père de Nafi » (Baamum Nafi) est l’un des films africains en lice pour la compétition officielle à la 34e édition du Festival International du Film Francophone de Namur. Première œuvre long métrage du réalisateur sénégalais Mamadou Dia, le film au titre tout à fait simpliste aborde cependant un fait d’actualité  brûlant en Afrique et dans le monde, l’extrémisme violent.

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Deux frères, un imam et un candidat à la mairie, se battent à propos du mariage de leurs enfants. Cependant, Mamadou Dia évoque ce fait tout à fait banal pour montrer comment une petite ville glisse lentement vers l’extrémisme religieux.

Son expérience de journaliste ayant pratiqué le terrain,  Tombouctou au Mali, lui inspirera ce film.  L’enlisement de Tombouctou dans le terrorisme était-ce un fait anodin ? Le réalisateur ici se pose des questions. Quels peuvent être les signes avant-coureurs de l‘extrémisme ?

« En fait, il y avait quelque chose qui se passait mais auquel on n’a pas prêté attention. Il y avait des gens qui venaient avec beaucoup d’argent. Tombouctou a commencé à changer. Il y a eu pleins de signes qu’on a ignorés. Quand on y réfléchit, on voit qu’on a laissé passer beaucoup de choses qu’on ne devrait pas faire. Tombouctou était une ville où le monde était calme, et gentil, donc voir des gens venir détruire Tombouctou était un choc pour moi », dit le réalisateur.

Aujourd’hui, les pays voisins, le Niger et le Burkina Faso ne sont pas épargnés. Le cinéaste veut prévenir. « J’ai voulu faire un film qui pose la question de savoir, quels sont les signes annonciateurs du terrorisme … qui sont ces gens-là, les reconnait-on. C’est de se poser la question à savoir si on a des signes avant-coureurs, quelle est la gravité du problème. … Comment les attaques sont arrivées dans ces pays, pour ne pas que ce soit trop tard, je me dis pourquoi ne pas en parler maintenant… Si c’est arrivé au Burkina, au Mali et Niger, ça peut arriver au Sénégal ».

Pour répondre à ces questionnements, il évoque plusieurs autres problématiques, tels que la religion, la tradition, la place de la femme, les rapports familiaux, le quotidien difficile des populations dans les petites localités, la corruption, la pauvreté, autant de brèches susceptibles d’ouvrir la voie au terrorisme.

Pour son premier long métrage réalisé sans aucun financement extérieur, Mamadou Dia a eu plus d’un tour dans son sac. Tourner dans sa ville natale, Matam au nord du Sénégal avec des acteurs novices, sa famille et amis, seuls les deux protagonistes Alassane Sy et Saikou Lo sont des acteurs professionnels.

Même si le film pêche un peu par sa lenteur au début, car il ne sera dynamique et rentrera dans le vif du sujet qu’au dernier quart d’heure du film, le réalisateur a néanmoins su traiter de la question de ce sujet d’actualité, dans toute sa complexité.

 « Le père de Nafi » a déjà remporté au festival de Locarno le Léopard d’or dans la section Cinéastes présents et le prix du meilleur premier long métrage.

Mamadou Dia a à son actif plusieurs courts métrages : Samedi cinéma, Ebola, Into the hot zone, Les jardins de l’espoir.

Revelyn SOME

Burkina24

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