Burkina : Une initiative locale au four pour les déplacés internes à Kongoussi

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En proie à des attaques terroristes, les populations de la province du Bam font également face à une grande vague de déplacés internes. Les fils et filles de la localité sont venus en aide à ces populations qui rencontrent d’énormes difficultés.

Plus de 30 sacs de riz par jour, c’est la ration que les déplacés internes consomment dans la commune de Kongoussi. A l’initiative, des jeunes de la commune voulaient juste apporter « un peu d’aide » aux enfants des déplacés. Seulement, la situation s’est empirée et ils étaient obligés d’accélérer le rythme. Actuellement, les porteurs de l’idée indiquent qu’ils prennent  tout le monde en charge dans cette distribution de repas. Ainsi donc, depuis le 29 septembre 2019 à aujourd’hui, ces jeunes préparent pour leurs frères qui fuient les tueries des terroristes.

Et même avec une telle quantité de sacs de riz préparé par jour, le besoin est toujours présent. C’est donc pour apporter leur soutien à leurs frères en détresse que des ressortissants de la localité se sont mobilisés. A leur tête l’ancien président du Faso, Jean-Baptiste Ouédraogo a indiqué que « les fils et filles de la province du Bam sont extrêmement inquiets ». C’est donc dire qu’ils volent au secours de ces populations. « Nous voulons essayer de vous aider et d’essuyer vos larmes », a-t-il ajouté. Ils disent être venus pour communier avec les familles touchées.

Également de l’aide apportée

Au-delà des messages de soutien et de compassion que la délégation des ressortissants, la réalité est toute autre chose. Des populations continuent de migrer vers la ville de Kongoussi pour fuir les exactions des forces du mal. Du coup, le problème de logement, de restauration  restent présents.

Le médecin-commandant Jean-Baptiste Ouédraogo et ses frères ont apporté une enveloppe. Remise au haut-commissaire de la province, elle a une valeur de plus de 2.500.000 francs CFA. Et selon l’ancien chef d’état, elle est destinée à subvenir aux besoins des déplacés.

Une enveloppe d’une valeur d’environ 2.500.000 FCFA remise au haut-commissaire

Après cette enveloppe, la délégation a indiqué que d’autres aides arriveront. Mais en attendant, les ressortissants de la localité ont promis faire « tout ce qui est possible » pour ramener la sérénité et la sécurité. Ces deux choses sont d’ailleurs des termes qui sont chers aux populations du Bam. Lors des échanges, tous ont décrié le manque criard de sécurité dans la zone. « Même pour venir ici, il n’y a pas eu de contrôle. Peut-être que ceux qui tuent nos frères nous ont suivis pour venir même. Nous ne sommes pas contents de nos frères qui sont dans des hautes fonctions et qui ne font rien », a déploré un déplacé dans l’assistance lors des entretiens avec la délégation.

Mais avant toutes ces promesses, un autre problème urge. Il s’agit du retour car selon les populations, « les animaux ont envahi leurs champs et ont tout brouté ».  Au rang des ressortissants, beaucoup de têtes bien connues dans l’arène politique. Il s’agit entre autres du ministre d’Etat Siméon Sawadogo, de l’ancien ministre de l’enseignement secondaire et supérieur sous la transition, Pr Filiga Michel Sawadogo et bien d’autres autorités et hommes politiques. Les populations sont donc tournées vers eux pour voir la réponse qu’ils vont apporter face à cette situation.

Basile SAMA

Burkina 24

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