Lutte antitabac au Burkina : Des acteurs demandent «de taxer très fort les produits du tabac»

Quatre mois après la mesure de l’apposition des avertissements sanitaires graphiques sur les produits du tabac, les acteurs de la lutte antitabac font un bilan. Ils ont jugé ce bilan « positif » le mardi 19 novembre 2019 à Ouagadougou au cours d’une conférence de presse. Mais, les acteurs de la lutte antitabac estiment que beaucoup d’efforts supplémentaires sont nécessaires à divers niveaux.

Les responsables d’Afrique contre le Tabac (ACONTA), du réseau des journalistes antitabac du Burkina Faso (REJAT-BF), de la ligue des consommateurs du Burkina Faso (LCB) et de l’Association burkinabè d’aide au cancer tabagique (ABACT) étaient face aux hommes de médias ce mardi 19 novembre 2019 à Ouagadougou.

La situation de la mise en œuvre de l’apposition des avertissements sanitaires graphiques sur les produits du tabac et la loi des finances 2020 au Burkina étaient au centre des débats.

Depuis le 1er juillet 2019, les industriels et importateurs de tabac devaient, en effet, se conformer au marquage sanitaire graphique sur les emballages de cigarettes. Avant de dresser un bilan provisoire, Salif Nikiéma, Coordonnateur d’ACONTA, a fait savoir qu’au Burkina, il y a 11 entreposeurs qui ont reçu des agréments pour commercialiser 33 marques de cigarettes toutes variantes confondues.

« Le bilan est positif… »

Sur les 33 marques de cigarettes, 19 échantillons de conditionnements (paquets et cartons) ont été transmis pour examen de conformité. Sur ces 19 échantillons, 16 marques toutes variantes confondues ont été validées. Ce qui donne un taux global de validation de 48,48%.

« Il y a trois sociétés qui ont fait valider toutes leurs marques qui occupent 80% du marché. Au regard de ces résultats, nous estimons, à ce jour, qu’il y a 80 à 85% du marché qui est couvert par les avertissements sanitaires graphiques sur les emballages des produits du tabac notamment des cigarettes. Le bilan est positif dans la mesure où nous n’avons que 15% à 20% du marché non marqué par les avertissements sanitaires graphiques », a indiqué Salif Nikiéma.

Quant aux industriels et importateurs qui ne se conforment pas à la législation, sans les citer nommément, il a demandé au ministère en charge du commerce d’être « ferme » à leur égard. « Il y a quelques importateurs de certaines marques qui jouent aux plus fins. C’est pourquoi nous suggérons qu’une action urgente soit entreprise à leur encontre. Car cela s’apparente à de la fraude », a déclaré le Coordonnateur d’ACONTA.

« Le ministère de la santé ne fait pratiquement rien dans la lutte contre le tabac »

Il a, par ailleurs, salué « l’engagement réel et intègre » du ministre du commerce, Harouna Kaboré, dans la lutte contre le tabagisme et les boissons frelatées. Mais, un carton rouge a été brandi à l’endroit des responsables du ministère de la santé, notamment la ministre, à qui Salif Nikiéma demande d’accorder plus d’importance à la lutte antitabac.

« Le ministère de la santé ne fait pratiquement rien dans la lutte contre le tabac au Burkina Faso », a regretté Salif Nikiéma. Toujours dans la lutte antitabac, le projet de loi des finances 2020 prévoit une augmentation à 50% de la taxe sur les produits du tabac.

« Nous demandons au Parlement d’aller plus loin et de taxer très fort les produits du tabac et d’appliquer la taxe spécifique de la CEDEAO de 10 francs par bâton de cigarette et 15.000 francs par kilogramme pour les autres produits du tabac », a suggéré le porte-parole des conférenciers du jour.

Noufou KINDO

Burkina 24

Noufou KINDO

@noufou_kindo s'intéresse aux questions liées au développement inclusif et durable. Il parle Population et Développement.

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