Burkina : Kémi Séba « en garde à vue » pour « démoralisation » (Me Farama)

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Dans la matinée du dimanche 22 décembre 2019, Burkina 24 rapportait une information confirmée par Hervé Ouattara, proche Kémi Séba, selon laquelle l’activiste, président de « Urgences panafricanistes » était « expulsé » du Burkina Faso. Mais selon la gendarmerie, le samedi 21 décembre dans la soirée, après la conférence avec les étudiants à l’Université Joseph Ki-Zerbo, « il a été mis en sécurité avant son vol parce que sa vie était en danger ». Mais l’affaire a évolué. Au micro de Burkina 24 ce lundi 23 décembre 2019, Me Prosper Farama, avocat de Kémi Séba informe que celui-ci est en garde à vue et est poursuivi. « Le parquet lui a notifié qu’il est poursuivi », a confirmé la gendarmerie. Me Prosper Farama nous en dit plus dans les lignes qui suivent.

Burkina 24 : Des informations ont fait cas de l’expulsion de Kémi Séba du Burkina Faso. Confirmez-vous ?

Me Prosper Farama : Officiellement, on ne nous a pas signifié qu’il s’agit d’une procédure d’expulsion. Au début, il a été amené à la compagnie de gendarmerie pour des raisons de sécurité parce que, semblerait-il, il y avait des jeunes du MPP (Mouvement du peuple pour le progrès, parti au pouvoir) qui voulaient porter atteinte à son intégrité physique. Ensuite, dans l’après-midi, autour de 17h – 17h 30, quand je me suis déporté, que M. Kemi Séba a dit qu’il entendait dire qu’il était en garde à vue. Donc entre 23h (samedi) et 17h (dimanche), c’était pour sa sécurité et à partir de 17h, c’était une garde à vue.

Burkina 24 : Et quelles sont les raisons qui ont été avancées ?

Me Prosper Farama : Officiellement, ce qui a été notifié c’est qu’il aurait injurié le chef de l’Etat. Un, il aurait dit que le chef de l’Etat était une passoire politique. Deux, que s’il (Roch Kaboré) ne prenait pas ses responsabilités, il serait châtié par la jeunesse. Ensuite, on lui reprocherait aussi d’avoir tenu des propos qui pourraient démoraliser ceux qui se battent au Burkina, notamment en ayant dit que Blaise Compaoré qu’il considère lui-même comme étant le plus grand traître de l’histoire politique africaine pour avoir participé indirectement ou directement à l’assassinat de Thomas Sankara, que sous le régime de Blaise (Compaoré), la sécurité était mieux garantie que sous le régime de Roch Kaboré. On lui reproche par ces propos, d’inciter indirectement à la démoralisation de ceux qui se battent au Burkina Faso. Il y a beaucoup de choses pèle-mêle qui ont été évoquées.

Burkina 24 : Kémi Séba est franco-béninois et non Burkinabè. Dans ce cas de figure comment va se dérouler la procédure ?

Me Prosper Farama : C’est une procédure comme toutes les autres procédures. Il a été entendu hier (dimanche 22 décembre 2019, ndlr), l’agent enquêteur nous a signifié qu’il va transmettre le plus tôt possible les PV (Procès-verbaux) au Procureur qui va aviser. Là, le procureur fera comme pour tout le monde, ou il décidera qu’il n’y a aucune suite à donner ou il engagera une poursuite. Dans ce cas, il nous précisera exactement pour quelle infraction il entend poursuivre et quelle est la procédure qu’il entend mettre en œuvre.  

Burkina 24 : Au vu de ce qui a été donné comme reproches, que risque Kémi Séba ?

Me Prosper Farama : Actuellement, on ne peut pas vous dire ce qu’il risque puisque concrètement, on ne sait pas ce qui lui est reproché. Il n’y a que l’enquête qui est ouverte, le procureur n’a pas encore notifié une quelconque inculpation. Il faut d’abord qu’on nous dise exactement pourquoi on doit le poursuivre parce que vous avez vu que ce que je vous ai fait état tout à l’heure, ça va dans tous les sens. On parle de beaucoup de choses.

Vidéo – L’entretien de Kémi Séba avec les étudiants à l’université Joseph Ki-Zerbo

Burkina 24

Propos recueillis par Ignace Ismaël NABOLE

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Ignace Ismaël NABOLE

Journaliste reporter d'images (JRI).

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