Yirgou : Un sit-in le 10 janvier pour encourager la justice

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Un an après les affrontements intercommunautaires de Yirgou, des voix s’élèvent toujours pour demander justice pour les victimes. A cette date anniversaire de ce triste évènement, le Collectif Contre l’Impunité et la Stigmatisation des Communautés (CISC) a donné une conférence de presse ce dimanche 5 janvier 2020 à Ouagadougou.

Les 1er, 2 et 3 janvier 2019, le Burkina Faso vivait un affrontement intercommunautaire sans précédent dans le village de Yirgou. Au total, c’est 216 personnes tuées, selon le CISC. Une année après, les douleurs sont toujours vives et la justice se fait toujours attendre. En cette date d’anniversaire de ces affrontements, le CISC  a saisi l’occasion pour rafraichir les mémoires des uns et des autres sur les évènements, faire le bilan des actes posés par la justice et annoncer les  couleurs des actes à mener.

« Un triste anniversaire qui nous oblige à un devoir de mémoire. Ce devoir de mémoire, c’est d’abord marquer un arrêt pour repenser à ces évènements, penser aux circonstances. Également penser aux victimes, à toutes ces morts atroces », a indiqué le secrétaire général du CISC, le Dr Daouda Diallo. C’est donc un rappel vif que le Dr Daouda Diallo et ses camarades veulent faire à l’occasion de cet anniversaire sinistre.

« Durant trois jours, la communauté peule a subi la fureur des koglewéogos. Un massacre sans précédent sans que les autorités nationales et locales ne soient à mesure de leur porter secours et assistance. Les  autorités administratives, judiciaires ou celles en charge de la sécurité ont presqu’assisté impuissamment au massacre dans certaines localités. Et ce, quand on sait qu’elles étaient informées de ce qui se passait dès le 1er janvier »

Dr Daouda Diallo

Sur l’évolution du dossier au niveau judiciaire, l’ouverture  de deux enquêtes est perçue comme un satisfecit.  Seulement, des zones d’ombres subsistent encore. « S’il faut se satisfaire de l’ouverture de l’information judiciaire et féliciter la justice pour les actes posés, il y a cependant des inquiétudes légitimes quant aux moyens et pouvoirs du juge d’instruction », a souligné Dr Daouda Diallo.

A cet effet, le CISC estime que la « non-exécution des mandats » par les policiers, la « résistance » des koglewéogos et le fait que le juge d’instruction soit seul à Kaya sont des éléments qui bloquent l’avancée du dossier. Il invite ainsi à donner plein pouvoir à la justice pour mener la mission qui est la sienne.

En guise de rappel, le CISC  est né au lendemain des affrontements intercommunautaires de Yirgou. Il se veut le condensé de toutes les sensibilités  nationales. Et ce, afin de garantir sa neutralité et être équidistant de tous les intérêts pour ne se confondre qu’aux intérêts nationaux. Dr Daouda Diallo et ses camarades ont par ailleurs indiqué qu’un sit-in est prévu le 10 janvier 2020 devant le TGI de Ouagadougou.

Basile SAMA

Burkina 24

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