Abdoul Karim Sango : “La culture c’est la bombe atomique qui va détruire l’extrémisme violent”

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Comment la culture peut contribuer à la prévention et à la lutte contre l’extrémisme violent et le terrorisme ? C’est autour de cette question que se réuniront du 15 au 17 janvier 2020, les ministres de la culture des pays du G5 Sahel en proie au terrorisme. Ce mercredi 8 janvier 2020, le ministre de la culture burkinabè a entretenu les journalistes sur la rencontre à Ouagadougou.

La culture, c’est la bombe atomique qui va détruire l’extrémisme violent. Ce sont des faits, c’est scientifique“, martèle Abdoul Karim Sango face à la presse ce 20 janvier 2020. Ce jour, pour annoncer la conférence des ministres de la culture du G5 Sahel, il n’a pas tari d’éloges pour la culture africaine qui prône des valeurs d’humanisme, que sont la solidarité, le respect de la vie de l’autre et bien d’autres.

Mais aujourd’hui, déplore-t-il, “on assiste à une détérioration de ces valeurs qui ont eu pour conséquence tout ce que nous vivons,  dont l’extrémisme violent”.

D’ailleurs s’offusque-t-il toujours, « c’est parce qu’on est venu trouver des sociétés perméables à la culture d’autrui, voilà comment ces idées qui nous sont étrangères, qui sont des  contrevaleurs à nos sociétés ont eu un espace pour se développer ».

Abdoul Karim Sango, ministre de la culture, des arts et du tourisme

Sinon, poursuit-il, «j’aime à dire qu’il est interdit dans nos traditions  de se suicider et que la vie appartient à Dieu. Lorsqu’il se trouve un Africain qui prend une arme et ôte la vie à un autre Africain, il y a forcément  un décalage ».

Pour lui, les Africains perdent leurs valeurs culturelles alors que  les sociétés qui leur  servent de référence, telles la chine, l’Allemagne sont bâties sur un socle culturel solide. « Plus l’identité culturelle est renforcée, plus les hommes ont l’estime de soi », en son sens.

Mais tout n’est pas perdu, à en croire le ministre. Des recherches indiquent que le monde a le regard tourné vers l’Afrique. Il prend pour exemple  Anne Cécile Robert. Dans son ouvrage “L’Afrique au secours de l’occident”, elle écrit clairement que c’est une chance pour le monde que l’Afrique n’ait pas suivi le même processus de développement, parce qu’il y a encore des valeurs d’humanité que l’on peut retrouver sur le continent en Afrique.

« Les guerres naissent dans les esprits des hommes. C’est donc dans l’esprit des hommes qu’il faut travailler à combattre  les guerres », selon la charte de l’UNESCO. Mais comment combattre les guerres, S’est interrogé le ministre avant de répondre que «  c’est en inculquant les vraies valeurs d’humanisme aux uns et aux autres », des valeurs culturelles en Afrique. C’est dans ce sens que dans cette lutte contre le terrorisme, il faut aussi emprunter un référant culturel parce que « la culture est une réponse et une des meilleures face à ce fléau ».

Cette conférence des ministres de la culture devra permettre d’identifier des axes stratégiques de la culture comme moyen de résilience  et l’élaboration d’une feuille de route commune à caractère national et international.

« La question est qu’est-ce qu’il faut donner désormais comme orientation au cinéma, la musique, le théâtre entre autres  dans l’espace G5 Sahel, pour qu’ils servent de canal par lequel éduquer, civiliser les populations », explique le ministre Sango.

Outre  les 5 pays, Mali, Niger, Mauritanie, Tchad et le Burkina Faso, des pays observateurs comme le Sénégal et la Côte d’Ivoire prendront part à la rencontre. Elle devra aboutir à une déclaration dite Déclaration de Ouagadougou qui servira de feuille de route.

75 millions F CFA sont nécessaires pour l’organisation et sont financés par l’UEMOA , le PNUD et le Secrétariat Permanent du G5 Sahel qui ont épousé l’idée. Le ministre assure que toutefois, tout est mis en place pour le bon déroulement.

Revelyn SOME

Burkina24

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