Extrémisme violent : Les ministres de la culture du G5 Sahel à la recherche de solution

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C’est parti pour les 72 heures de rencontre et d’échange,  à Ouagadougou du 15 au 17 janvier, de la conférence des ministres de la culture de l’espace G5 Sahel. Une déclaration et une feuille de route sur la prévention et la lutte contre l’extrémisme violent en lien avec les valeurs culturelles africaines sont attendues.

Contre l’extrémisme violent et le terrorisme, les ministres de la culture des pays du G5 Sahel, accompagnés de leurs experts, les acteurs du monde culturel burkinabè, autorités politiques et leaders coutumiers, aiguisent leurs armes.

Convaincus que la solution n’est pas que militaire et qu’il faut combattre le fléau de façon holistique, ils sont à la recherche de réponses culturelles. Car les cultures africaines renferment des valeurs à mesure d’éduquer, de prévenir des actes de barbarisme contre son prochain.

Ludovic O. Kibora, anthropologue

« Sans culture, il n’y a pas de société humaine » dira d’ailleurs Ludovic Kibora, anthropologue et conférencier. « Il y a un rapport dialectique. La culture fait la particularité des vies humaines.  Elle est au conditionnement des pratiques et au comportement humain au quotidien », édicte-t-il.

Les cultures aussi bien que les sociétés sont dynamiques. Une culture ou une société se construit, s’enrichit, se renouvelle au contact des autres.

Recourir à la culture ne signifie toutefois pas qu’il faille hiérarchiser, ni idéaliser toutes les cultures ou encore moins folkloriser la culture africaine. Mais de savoir ce que la culture peut apporter de bon et de le promouvoir, l’enseigner et le mettre en évidence.

Il a été question donc pour lui de démontrer toute l’importance de la culture sous l’angle des valeurs qui puissent permettre le vivre ensemble et la cohésion sociale.

Chaque culture dispose de valeurs qui sont des normes et qui participent à la construction de la personnalité, d’une identité. Mais avec l’évolution et la transformation de la société aujourd’hui, certaines pratiques peuvent paraître rétrogrades.

C’est donc à cause de ces éléments qui peuvent être considérés comme nuisibles que l’Unesco a décidé d’adopter une définition consensuelle qui intègre le concept de respect fondamental des droits humains.

« Dans une culture, il peut y avoir de l’exclusion, un crime rituel, des infanticides, mais c’est culturel. Mais avec cette précaution (la référence aux droits humains), c’est pour dire qu’il faut arriver à positiver, prendre dans la culture ce qui est bien, ce qui favorise la cohésion sociale, ce qui favorise le vivre ensemble », explique le conférencier.

« Dans nos sociétés il y a toujours eu des guerres mais lorsqu’elles passent, on trouve les moyens de vivre ensemble. C’est de là qu’est apparue la parenté à plaisanterie », a-t-il rappelé.

Les pratiques culturelles immatérielles, sont celles qui travaillent sur l’homme, sa personnalité, sur sa conscience. Mais pour Ludovic Kibora, c’est encore plus le respect de la diversité culturelle.

Les valeurs africaines que sont la tolérance, la solidarité, le respect qui sont contenues dans nos cultures, sont importantes à mettre  en évidence en tant que patrimoine culturel permettant de résoudre des crises sociales.

Pour l’anthropologue, le comportement humain est la conséquence d’un héritage culturel et historique, les petites oppositions, les frustrations, les choses accumulées qui dans le temps resurgissent souvent lorsque les conditions sociales en situation de crises, de faiblesses de l’autorité de régulation qui doit s’imposer.

A la suite de cet exposé inaugural, chaque expert communiquera sur les fondements des valeurs  de paix et de cohésion de leurs pays respectifs. Les travaux du jour suivant définiront les axes stratégiques et les actions d’où sortiront les éléments pour la feuille de route.

Revelyn SOME

Burkina24

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