Vote des Personnes déplacées : La CENI présente ses recettes 

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La Commission électorale nationale indépendante (CENI) veut mettre tout en œuvre, foi de son président Newton Ahmed Barry, pour rendre effectif, le vote des Personnes déplacées internes (PDI) du fait du terrorisme. A cet effet, la CENI a présenté, ce lundi 27 janvier 2020, deux scénarii aux acteurs intervenants dans le processus électoral (acteurs locaux et partenaires financiers).

Près de 600.000 Personnes déplacées internes (PDI). Ce chiffre a été donné, selon le Président de la Commission électorale nationale indépendante (CENI), Newton Ahmed Barry, par Roch Kaboré, Président du Faso en décembre 2019. De ce lot, la CENI estime que la moitié est en âge de voter.

Pour la mise en œuvre du vote des Personnes déplacées internes, deux scénarii ont été émis par Adama Kéré, vice-président de la CENI. Le premier consiste à rattacher l’électeur à sa commune de départ depuis sa commune d’accueil.

Carte nationale d’identité burkinabè ou d’un passeport burkinabè

« Ça veut dire que quelqu’un qui est dans une commune A et qui va dans une commune B du fait de la situation sécuritaire, on pourrait envisager que cette personne enrôlée dans la commune B puisse être rattachée à la commune A. Lorsque la personne va voter, elle devrait voter pour la commune A », relate Adama Kéré.

Pour le second scénario, poursuit le vice-président de la CENI, « on enrôle la personne déplacée là où elle est accueillie et sa voix va être comptabilisée pour la circonscription dans laquelle elle est en ce moment ». Des deux scénarii, l’enrôlement des personnes déplacées internes se fera dans leurs communes d’accueil, sur présentation de la Carte nationale d’identité burkinabè (CNIB) ou d’un passeport burkinabè en cours de validité.

Pour le second scénario, explique Adama Kéré, sur le plan juridique, les articles 48 et 60 du Code électoral « constituent une base légale et suffisante pour prendre en compte la situation des personnes déplacées internes ». Mais ce scénario est susceptible de « modifier le paysage électoral », d’avoir un impact sur les équilibres politiques dans les localités d’accueil, a fait savoir Adama Kéré.

… Absence totale des exécutifs locaux dans les communes de départ

Dans l’analyse de la CENI, pour les élections législatives et présidentielle, les conséquences des deux scénarii sont les mêmes du fait des déplacements intra-provinces. « Il n’y a pas d’enjeu en tant que tel », indique Adama Kéré. Par contre, pour les élections municipales, le second scénario va peut-être engendrer une absence totale des exécutifs locaux dans les communes de départ, dit-il. 

« Lorsque vous avez des villages entiers qui se sont déplacés, cela veut dire qu’il n’y aura pas d’élection locale dans ces villages qui ne seront pas dotés de conseillers municipaux. Et dans les communes ayant partiellement perdu leurs populations, le conseil municipal sera élu par ceux qui sont restés. Mais il se poserait le problème de légitimité », a noté le vice-président de la CENI.

Les deux scénarii ayant été présentés aux acteurs politiques, la balle est désormais dans le camp de ces derniers.  

Ignace Ismaël NABOLE

Burkina 24

Ignace Ismaël NABOLE

Journaliste reporter d'images (JRI).

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