Premier jour de quarantaine à Ouaga : Que de galère au poste de contrôle de Gonsé !

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Depuis 5h ce vendredi 27 mars 2020, personne ne rentre et ne sort de Ouagadougou ainsi que les autres localités touchées par le COVID-19. Exception faite aux transports de marchandises. Cette mise en quarantaine décidée seulement la veille, 26 mars 2020, ne fait pas que des heureux. Constat au poste de contrôle de gendarmerie de Gonsé à la sortie-Est sur la Nationale 4.

En ce premier jour de quarantaine à Ouagadougou, la Route Nationale n°4 était encore très empruntée par les véhicules personnels (VP) et les engins à deux roues. C’est pourtant cette catégorie de voyageurs qui est ciblée par la mesure de quarantaine.

En effet, la mise en quarantaine a surpris beaucoup de personnes qui tenaient quand-même coûte que coûte à sortir de Ouaga ou d’y entrer. Pour ne rien arranger, la mesure a pris effet avant même le levé du jour à 5 heures du matin. Ce qui a eu le mérite de bloquer ceux qui croyaient quitter matinalement la ville avant de se faire arrêter.

Et le poste de contrôle de gendarmerie de Gonsé, est le terminus de ces voyageurs qui voulaient violer la quarantaine. C’est là que les mésaventures des uns et des autres commencent. Conformément au décret pris le 26 mars 2020, la gendarmerie refoule tous ceux qui tentent de rentrer ou de sortir de Ouagadougou.

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Cependant, certains sont autorisés à passer. « Ces personnes sont munies de laisser-passer délivré par le ministère de la santé », nous explique un gendarme sous le sceau de l’anonymat. Selon ce dernier, la mesure est difficilement respectée. « Depuis tôt ce matin, des gens continuent à venir. On essaie de leur faire entendre raison en leur expliquant la situation. Malgré tout, d’autres s’entêtent à vouloir passer », poursuit notre gendarme.

La réalité c’est qu’il y a des cas où il est difficile d’appliquer à la lettre le décret, concède notre interlocuteur. « Imaginez un travailleur qui quitte Fada par exemple pour rejoindre sa famille ici à Ouaga, voyez-vous comment il est difficile de le refouler.  Mais en même temps on ne peut pas laisser passer tout le monde. Parce que chacun a une explication », poursuit-il.

Le calvaire d’un transporteur…

Parmi les malchanceux du jour, nous avons rencontré Saddam Ouédraogo. Il fait du transport en commun entre Ouaga-Pouytenga. Quand il a démarré à Pouytenga tôt ce matin, il était loin d’imaginer qu’il serait bloqué à Gonsé à quelques kilomètres de chez lui, d’autant plus qu’il a déjà fait le plus dur.

« Je suis allé décharger de la marchandise hier soir à Pouytenga. C’est de là-bas que j’ai appris hier soir autour de 18 heures que Ouagadougou est en quarantaine. Compte tenu du couvre-feu, je ne pouvais pas retourner chez moi à Ouaga la nuit.  J’ai alors démarré ce matin pour rentrer. Arriver à Zorgho, j’ai expliqué ma situation, ils (les agents de sécurité, ndlr) ont compris et m’ont laissé passer. J’arrive ici à Gonsé à l’entrée de Ouaga et la gendarmerie refuse que je passe. Je ne peux pas non plus retourner à Pouytenga. Ma famille est à Ouaga », nous explique le jeune chauffeur.

Saddam Ouédraogo, (tranporteur) en attente de pouvoir négocier avec une nouvelle équipe de la gendarmerie

Au téléphone, il explique sa mésaventure à son paternel. Qui semble lui aussi être à court de solution. Mais il n’a pas encore épuisé ses cartouches. Il est convaincu qu’à force de négocier, il obtiendra gain de cause. Avec sa petite expérience de transporteur, il sait que la négociation risque d’échouer avec l’équipe qui est toujours sur place. Il se résout alors à attendre qu’une nouvelle équipe prenne la relève. « Avec cette nouvelle équipe, si j’ai la chance de tomber sur des gars qui sont compréhensifs, ils me laisseront passer », espère-t-il.

De retour pour voir notre gendarme qui avait requis l’anonymat, il nous explique que la situation du jeune chauffeur dit tout de la complexité de leur travail. « Imaginez que nous le laissons partir, parce que son cas est un peu atypique. En rentrant en ville, des gens le remarquent. On va dire que c’est nous qui n’avons pas bien fait notre travail. Ce n’est vraiment pas simple », conclut-t-il.

De nos échanges avec des riverains du poste de contrôle, il revient que les conducteurs des engins à deux roues surtout contournent le poste de contrôle et continuent leur route. Des cas qui démontrent encore qu’en dépit des mesures prises par le gouvernement pour stopper la propagation du coronavirus, des citoyens n’ont pas encore pris la vraie mesure de la gravité de la situation.

Maxime KABORE

Burkina 24



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