Reprise des cours : Les propositions de la Coalition nationale pour l’Education Pour Tous

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Tahirou Traoré est le Coordonnateur national de la Coalition nationale pour l’Education Pour Tous du Burkina Faso. Dans les lignes qui suivent, il répond aux questions de Burkina 24 concernant l’avenir des élèves burkinabè après la fermeture des classes du fait du covid-19.  

Burkina  24 (B24) : Les écoles sont fermées depuis plusieurs semaines du fait du Covid-19. Quelles conséquences entrevoyez-vous sur le calendrier scolaire ?

Tahirou Traoré : En termes de conséquences avec cette fermeture prolongée des écoles, ce qui saute déjà à l’œil, ce sont les retards qui pourront être observés à certains niveaux dans l’exécution des programmes scolaires. Qu’on le veuille ou pas, nous allons vers une perturbation du calendrier scolaire surtout en ce qui concerne les examens de fin d’année.

Sur le plan psychologique, il faut noter que les élèves et particulièrement les candidats aux différents examens et concours ainsi que leurs parents sont stressés quant à l’issue de l’année scolaire.

B24 : Le ministre de l’Education Nationale a repoussé la réouverture des classes au 28 avril. Reprendre les cours à cette date est-il réaliste ?

Tahirou Traoré : Je ne sais pas quelles sont les données et informations dont le Gouvernement dispose et qui ont guidé à la prise d’une telle décision. C’est à ce niveau essentiellement qu’on pourrait mieux apprécier. Peut-être que nous aurons droit à des informations complémentaires sur la stratégie qui est envisagée. Pour l’instant, ce qui fait peur à plus d’une personne, ce sont les raisons qui ont prévalu à la fermeture des écoles.

Au moment où on fermait les classes, nous étions à moins de 10 contaminations et au jour d’aujourd’hui, nous sommes à plus de 500 personnes contaminées démontrant ainsi que le risque de propagation du virus est à un degré inquiétant et même incontrôlable. A écouter aussi certains médias et spécialistes, étant à plus d’un mois du début de la pandémie en Afrique, l’impact est moins visible. Ce qui présage peut-être la fin de ce fléau dans un proche à venir. Nous n’en savons rien. Si c’est le cas, ce serait notre souhait.

B24 : Au cas où les cours ne reprennent pas, allons-nous droit vers une année blanche ?

Tahirou Traoré : Je ne crois pas dans la mesure où nous avons presque épuisé les deux premiers trimestres de l’année scolaire. Le plus souvent, le dernier trimestre de l’année scolaire est pratiquement consacré, pour certains établissements et écoles, aux révisions et à la préparation des candidats aux examens et concours scolaires. Dans tous les cas, il ne serait pas intéressant ni pour l’Etat, ni pour les élèves et leurs parents qu’une telle option soit librement envisagée.

B24 : Avez-vous des propositions pour sauver l’année scolaire ?

Tahirou Traoré : La Coalition Nationale pour l’Education Pour Tous du Burkina Faso (CN-EPT/BF) dans sa dernière déclaration, a lancé un appel à toutes les parties prenantes de l’Education au Burkina Faso et principalement aux acteurs gouvernementaux pour faire de la sécurité des apprenants et des enseignants une priorité absolue, à développer un centre de ressources pédagogiques en ligne pour tous les niveaux d’enseignement et à protéger le financement alloué au système éducatif pour maintenir le Droit à l’Education pour tous les apprenants.

Elle a insisté sur le fait que la fermeture des écoles ne veut pas dire absence de possibilité d’apprentissage. Elle a exhorté le personnel éducatif à développer des mécanismes afin de garantir des apprentissages alternatifs de qualité à distance. Quant aux parents d’élèves, ils ont été encouragés à fournir le soutien nécessaire à leurs enfants à la maison pendant la période de fermeture pour un bien-être et un apprentissage continu. 

B24 : Outre cet aspect lié au Covid-19, les salaires de près de 700 enseignants sont suspendus. Une autre crise en perspective dans le domaine de l’éducation ?

Tahirou Traoré : Il est évident, que les syndicats qui ont lancé les mots d’ordre de lutte et leurs militants ne vont pas rester les bras croisés face à cette situation. Le gouvernement aussi jusqu’à présent ne s’est pas ouvertement prononcé, si je ne m’abuse, sur les raisons qui ont fondé ces suspensions de salaires. Ce qui est sûr, si rien n’est fait, nous allons assister à un bras de fer qui ne nous sera pas utile. Les deux parties doivent nécessairement aller à un dialogue franc et sincère afin de rétablir les salaires suspendus et régler les contentieux qui existent entre elles.

B24 : Avez-vous un dernier mot, un appel à lancer ?

Tahirou Traoré : Je voudrais tout d’abord présenter mes sincères condoléances aux parents et aux familles des personnes décédées du covid-19 et souhaiter un prompt rétablissement aux malades qui sont soient hospitalisées ou en état d’observation. Je voudrais aussi inviter tout le monde à respecter les gestes barrières pour freiner la contamination de la maladie.

Pour terminer je voudrais très sincèrement lancer un appel à toutes les bonnes volontés qui le peuvent de contribuer au rétablissement du dialogue entre le gouvernement et les syndicats en vue de trouver une issue favorable aux différents qui les opposent. Toutes les solutions proposées ici et là pour la continuation des apprentissages en cette période de covid-19, de même que pour la reprise des cours, ne peuvent être fécondes que lorsqu’elles sont envisagées avec toutes les parties prenantes du secteur de l’éducation. Bon courage à toutes et à tous !



Ignace Ismaël NABOLE

Journaliste reporter d'images (JRI).

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Il y a 2 commentaires

  1. Bien dit coordonnateur, vivement que tout ceux qui peuvent aider à la résolution de cette crise qui s’annonce le fasse pour le bien de nôtre système éducatif qui était déjà souffrant.

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