Coupures de salaires au Burkina Faso : Des magistrats attaquent l’Etat 

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Au Tribunal administratif de Ouagadougou, le vendredi 17 avril 2020, des magistrats, « 135 », selon Me Guy Hervé Kam, ont attaqué l’Etat burkinabè pour exiger la cessation des coupures de salaire pour fait de grève.

A l’entame des débats dans la matinée du vendredi 17 avril 2020, les avocats de l’Etat, conduits par Me Guy Hervé Kam ont quitté la salle au motif de soupçons sur l’impartialité du juge. Mais l’audience s’est poursuivie. « Le juge lui-même étant concerné par ce qu’il veut juger, dans la mesure où son salaire a été coupé pour ces mêmes faits, nous disons simplement que c’est scandaleux », a lancé Me Kam à sa sortie.

Pour l’avocat, les magistrats, « parce qu’ils ont la justice en main », se sont autorisés à prendre toutes les libertés possibles avec la procédure. « Je peux vous assurer que je ne vois absolument aucune différence entre des juges qui utilisent la justice pour régler leurs problèmes personnels et des militaires qui prennent des armes du peuple pour régler leurs problèmes personnels », a ajouté Me Kam, représentant l’Etat burkinabè au procès.

Malgré les protestations du conseil de l’Etat burkinabè, la décision est tombée dans la soirée du vendredi 17 avril 2020. Il a été ordonné à l’Etat de cesser les coupures de salaires entreprises pour le mois d’avril 2020.

Le ministre en charge des finances et quatre autres autorités administratives sont condamnées à une astreinte journalière de 10 millions de F CFA par jour de retard dans l’exécution de la décision.

Emmanuel Ouédraogo, Secrétaire général du Syndicat autonome des magistrats burkinabè (SAMAB) explique que les coupures de salaire n’ont pas été opérées dans la transparence.

« Pour ce qui concerne la grève des 5 jours allant du 16 au 20 mars (2020), la coupure, si elle avait été faite suivant les règles, personne ne s’en plaindrait. Mais là, nous sommes dans une situation de bradage de nos revenus parce que les coupures ont été opérées sans qu’on ne sache exactement de quoi il s’agit. Nous avons cherché à comprendre, nous ne l’avons pas obtenu », a relaté le magistrat.

Lire 👉 Salaires suspendus au Burkina : La réaction de Remis Dandjinou

Pour ce qui concerne le départ des avocats de l’Etat de la salle d’audience, selon le Secrétaire général du Syndicat autonome des magistrats burkinabè (SAMAB), les avocats étaient « en manque d’arguments. Ils ont fui le débat », a commenté Emmanuel Ouédraogo.

Rappelons que du 16 au 20 mars 2020, plusieurs syndicats ont observé une grève générale pour exiger l’annulation de l’application de l’IUTS sur les primes et indemnités des agents publics.

Ignace Ismaël NABOLE

Journaliste reporter d'images (JRI).

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