Burkina Faso : “La province du Soum vit des heures sombres” (UPC)

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En pleine crise de coronavirus, beaucoup de voix s’élèvent pour appeler les autorités à ne pas oublier l’insécurité. Plus de 800 000 personnes sont dans une situation de déplacés internes. Face à cela, l’Union pour le Progrès et le Changement (UPC) attire l’attention des uns et des autres sur l’impératif qu’est la crise sécuritaire et humanitaire.

Le diasgnostic de l’UPC est sans appel : le Sahel s’effondre et le gouvernement semble amorphe. En effet, voici le bilan  qu’en a faif le vice-président :

La province du Soum vit des heures sombres. Les tueries sont quasi-quotidiennes. Djibo à lui seul enregistre environ 150.000 déplacés internes, et Arbinda compte plus de 60.000 déplacés.
Depuis un mois, cette ville-martyr est coupée du reste du pays. Tout commence à manquer : denrées alimentaires, produits pharmaceutiques, eau, gaz, carburant, etc.

Les rares produits disponibles sont vendus à des prix exorbitants. Le litre d’essence est ainsi vendu à plus de 2000 francs CFA.

Sur les 9 communes que compte le Soum, 7 se sont vidées de leurs populations et sont sous occupation terroriste. Seuls Djibo et Arbinda, qui accueillent les déplacés, continuent de vivoter. Ces deux communes vivotant sont d’ailleurs sous verrou : pas d’entrée, pas de sortie.
Nous avons entendu le Porte-parole du Gouvernement annoncer la levée du blocus sur Djibo.

Mais selon les informations de terrain que nous avons, la situation perdure. Seuls dix camions ont pu accéder à Djibo, au marché de bétail, sans avoir eu d’animaux à transporter.

Des villages entiers sont déguerpis. Ce sont par exemple Sikiré, Peloute, Silgadji, Tongomael, Baraboulé, Nassoumbou.
L’Administration est absente de la province, et la population est prise en tenaille entre les Forces de défense et de sécurité (FDS) et les mouvements terroristes.

Les écoles et les centres de santé sont fermés. Les enfants scolarisés sont abandonnés à leur triste sort.
Les groupes terroristes rackettent les populations, leur imposent des impôts et pillent leurs bétails.

Dans l’Oudalan, des ultimatums sont même donnés à plusieurs villages de déménager (cas de la ville de Tin Akof et d’autres villages de Gorom-Gorom). Les populations s’agglutinent à Gorom-Gorom, sans rien, à la merci des maladies et de la famine.

Nous assistons également, depuis un certain temps, à l’isolement de 4 communes sur 5 de l’Oudalan par les mouvements terroristes. Il s’agit de Tin Akof, de Déou, d’Oursi et de Markoye. Les groupes terroristes ont interdit les accès à ces villes.

Par ailleurs, certains villages de l’Oudalan, comme Salmossi, sont privés d’eau par l’Autorité. En cette période de canicule, de lutte contre le Covid-19 qui nécessite des mesures d’hygiène rigoureuses, et à l’approche du jeûne, ces mesures administratives sont dramatiques.

Au Yagha, les terroristes occupent une bonne partie du territoire. Récemment, la Mairie de Titabé, dirigée par un de nos camarades, a été brûlée.

Les représentants de l’Administration, les préfets, les maires, le haut-commissaire, et les fonctionnaires ont déserté les lieux. Les services publics, y compris les écoles et les CSPS, sont fermés.

Il y a quelques jours, le député Issa BARRY de la Majorité, élu de la province du Yagha, n’ayant pas accès à sa province, a remis des dons pour la lutte contre le Coronavirus au haut-commissaire qui a lui-même fui pour se réfugier à Dori.

Le Séno n’est pas non plus épargné. En effet, la commune Gorgadji, à cheval entre Dori et Arbinda, l’autre épicentre de l’insécurité, n’est plus fréquentable. Vous-vous souviendrez que le Maire a été enlevé et reste introuvable. Les populations se sentent abandonnées par l’Etat central.

Et la maladie de coronavirus ne vient rien arranger. L’UPC redoute, devant une crise humanitaire jumelée à une crise sécuritaire,   « une catastrophe humanitaire sans précèdent ». Et pour éviter que le Burkina sombre dans cette double crise, l’UPC a fait des recommandations.

Parmi elles, il y a le renforcement de la collaboration avec les forces de défense et de sécurité, le retour de l’administration, l’organisation de patrouilles permanentes et une organisation de levée de fonds pour soutenir les populations en détresse.

A l’endroit des populations le parti du lion préconise une collaboration avec les FDS. Aussi, la cohésion entre les différentes communautés est une nécessité selon le parti.

Rédaction B24

L'actualité du Burkina 24h/24.

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