COVID-19 au Burkina Faso : A Ouaga, ces déboires du port obligatoire du masque

1206 0

Ce lundi 27 avril 2020, entre en vigueur le port obligatoire de masque sur toute l’étendue du territoire. Sur le terrain, la mesure n’est pas totalement respectée. Certaines  personnes ne portent pas les masques et ont leurs raisons.

Dans plusieurs quartiers de Ouagadougou, ce lundi, tous les visages ne portent pas de masque. A Dassasgho, si certains usagers de la route observent la prescription du port obligatoire du masque, dans les boutiques, les lieux de jeu, ce n’est pas le cas.

Dans une boutique de mobile money, située à quelques mètres de l’Echangeur de l’Est,  le propriétaire  et ses clients sont sans masque. La cause, le boutiquier a enlevé le sien “pour mieux respirer“. L’un de ses visiteurs a une toute autre explication.   Simple. « Je n’ai pas porté parce que je ne veux pas porter», nous confie-t-il.

En face de la mairie de l’arrondissement 10 de Ouagadougou, un homme de la cinquantaine d’années a le visage découvert. « Je n’ai pas porté de masque, parce que je n’en ai pas. Vous voyez que je suis une personne démunie. J’attends que le gouvernement me donne un masque. Ou bien vous allez chercher me donner ? », nous-lance-t-il d’un air  frustré.

Nous sommes allées vérifier l’effectivité du port des masques au marché de Dassasgho. A ce niveau, les vendeuses de légumes et leurs clients (e) font des efforts.

“Si quelqu’un vient pour acheter les légumes sans masques, je lui dis de mettre son masque, avant de vendre”

Léontine Coulibaly est accompagnée de sa sœur pour faire le marché. Les deux portent leurs masques. Léontine nous confie que depuis le début de la maladie, elle le porte pour se préserver.

Léontine  Coulibaly entrain de faire ses achats

« Depuis le début de la maladie, on a pris cette habitude de porter le masque, afin de pouvoir nous protéger et protéger aussi les autres. Je remarque également que les gens essaient de suivre les règles, malgré quelques difficultés », laisse-t-elle entendre.

Zarata est âgée de plus de 40 ans et vend des légumes au marché de Dassasgho. Elle porte son cache-nez, tout comme les deux dames assises à côté d’elle. 

« C’est à cause de la maladie et parce que le gouvernement a dit de porter, que je mets chaque jour. Si quelqu’un vient pour acheter les légumes sans masques, je lui dis de mettre son masque, avant de vendre. Les clients acceptent. Certains ne le faisaient pas ; maintenant eux tous le portent », explique-t-elle.

Soucieuse de son commerce, elle souhaite que cette maladie passe vite afin qu’elle puisse retourner dans le marché, comme elle le faisait avant.

Zarata vend ses légumes et donne son avis sur le port de masque

Josiane Congo est commerçante de pagne. Le nez et la bouche cachés par le fameux morceau de tissu, elle exhorte ses clientes à en faire de même.

“Avec le masque, je n’arrive pas à bien respirer”

« J’avais l’habitude de porter le masque, mais, ce n’était pas fréquent comme ça. Avec la maladie et la mesure, on est obligé de porter le masque. On a aussi déposé un dispositif de lavage de main et si quelqu’un vient sans le masque, je lui demande là où se trouve son masque. Si la personne dit qu’elle n’en a pas, je ne m’approche pas d’elle. Je me méfie et je m’éloigne de 1m50 », nous confie-t-elle.

Josiane Congo explique comment elle comporte avec ses clients pour le port de masque

Solange Maïga/Nakoulma, elle, est gérante de quincaillerie et accueille plusieurs clients. Elle a l’habitude de porter le masque et met l’accent sur la sensibilisation.« Tous mes clients ne portent pas le masque. Ils sont rares ceux qui en portent. Si un client ne porte pas le masque, on lui dit de se désinfecter les mains d’abord et de respecter l’écart d’un mètre », déclare-t-elle en précisant qu’elle ne refuse pas de vendre à un client qui n’en porte pas.

Tous les clients de Solange Maïga/Nakoulma ne portent pas les masques, mais elle les sensibilise

 Abdoul Fatao Ouédraogo est informé du port obligatoire de masque mais opte de ne pas le porter. « Avec le masque, je n’arrive pas à bien respirer. Ça fait que je n’aime pas porter le masque. N’importe quel masque d’ailleurs. Même les casques de motos, c’est un peu compliqué pour moi. Si on m’arrête pour cela, je donne mes explications. S’ils ne veulent pas écouter, tant pis », s’explique-t-il.

Sa méthode pour lutter contre le COVID-19 ?  Laver les mains de façon régulière et se désinfecter. 

Le port obligatoire du masque sur toute l’étendue du territoire est l’une des mesures prises par le gouvernement pour briser la chaîne de contagion. Le président du Faso, à l’occasion, invite la population au respect de cette directive. 

Alice Suglimani THIOMBIANO

Burkina 24



Article similaire

Leave a comment

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *