COVID-19 au Burkina Faso : “Nous nous préoccupons de comment on va manger”

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La préoccupation de quelques commerçants rencontrés au marché de Rood-Wooko ne se trouve pas au niveau du port du masque, ou du même du coronavirus. 

La réouverture du grand marché de la ville, Roodo-Wooko,  est intervenue le 20 avril 2020 après plusieurs dispositions prises. Des jeunes ont été mobilisés pour faire respecter ces mesures : dispositif de lavage des mains à chaque entrée, prise de température, distanciation entre les personnes, port du masque.

Ce 27 avril  2020 entre en vigueur le port obligatoire des cache-nez. Le grand marché de Ouagadougou rassemble le plus de monde. 

Assis devant leurs boutiques ou aux alentours du marché en petits groupuscules, on peut constater que les masques sont accrochés au menton, au cou ou recouvrent juste la bouche. Certains n’en possèdent pas du tout.

Mais dès que l’on aborde le sujet du port de masque obligatoire à ce jour, ils s’activent, l’enlèvent de leur poche et se couvrent la bouche et le nez.

 « C’est parce qu’on étouffe quand on le porte ». C’est l’un des arguments avancés par bon nombre des personnes interviewées. « Quand je suis assis je préfère ne pas le porter, mais quand je suis en circulation, je le porte», dit Arouna Zongo.

Ceux qui n’en possèdent pas du tout, crient à la pauvreté et au manque de moyens  pour s’en procurer. « Nous nous préoccupons de comment on va manger. Le port du cache-nez  n’est pas dans notre tête », lance Karim, jeune commerçant.

Jean Marie Noël Ouédraogo

Marie Jean Nöel, lui a trouvé la parade. Une petite serviette qu’il accroche tantôt au cou ou s’éponge avec et au besoin ,l’attache au visage en guise de masque.

« Cette serviette achetée au même prix que le cache-nez je porte et je peux la laver plusieurs fois et elle peut tenir plus d’un mois. Elle est plus solide que le cache-nez», s’en convainc-t-il.

Cependant, le port du masque n’est pas une priorité mais la pauvreté. Ils sont nombreux à se plaindre de ne pas bénéficier des mesures d’accompagnement, notamment les sacs de riz à eux destinés.

Pire, il y en a encore qui ne croient pas à l’existence de la maladie. Certains ne veulent pas aborder le sujet du port de masque.  Ils évoquent problèmes “plus sérieux” dont ils voudraient parler, notamment les terroristes “qui tuent par balles. Beaucoup plus que le coronavirus…” 



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