Burkina Faso : Résurgence du terrorisme dans la région de l’Est

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Après l’opération « Otapuanu » qui avait atténué la mainmise des groupes terroristes dans plusieurs localités de la Région de l’Est du Burkina Faso, depuis quelques mois, des décideurs locaux tirent la sonnette d’alarme. La Région de l’Est est à nouveau sous l’emprise des groupes terroristes, disent-ils dans une livraison de l’Agence d’information du Burkina (AIB), le 4 mai 2020.

Plusieurs faits tendent à exposer la résurgence du terrorisme dans la Région de l’Est. Enlèvements d’élèves, assassinats ciblés, viols, pillage des récoltes et du bétail, villages vivant sous blocus, cite l’Agence d’information du Burkina (AIB) qui a recoupé les témoignages de décideurs locaux. Pour ces derniers, seule une nouvelle opération antiterroriste pourrait libérer la région de l’Est qui s’enfonce chaque jour dans une horreur indescriptible.

  • Le président du Conseil régional de l’Est, Paripouguini Lompo, relate que certaines localités sont devenues de véritables no man’s land.
  • Le maire de la commune de Fada N’Gourma, Jean-Claude Louari, renchérit que les populations civiles, jadis épargnées, vivent l’horreur, aujourd’hui. Il explique que les enlèvements, les assassinats ciblés, les viols et le pillage des récoltes et du bétail sont légion dans la partie orientale du Burkina Faso. Dans la province du Gourma, des bandes armées font la loi à Sanipenga, à Namoungou, à Tanwalbougou ainsi qu’à Natiaboani, les deux dernières localités, considérées comme les poumons économiques de la commune de Fada N’Gourma, poursuit-il.
  • L’ancien maire de la commune de Madjoari, Mamoudou Ouoba, soutient que la dégradation de la situation sécuritaire dans la région de l’Est a favorisé la résurgence du grand banditisme. Pis, indique-t-il, braqueurs et terroristes travaillent en tandem. Une situation assimilable, d’après lui, à une série hollywoodienne.

Source : Agence d’information du Burkina (AIB) – 4 mai 2020

Selon Mamoudou Ouoba cité par l’AIB, « toute personne qui se déplace de Tanwalbougou à Fada est inscrite, d’office, sur la liste noire des terroristes sous prétexte qu’elle serait allée renseigner les Forces de défense et de sécurité (FDS). Sur les 34 villages de la commune de Fada, moins de 15 ont leurs conseillers qui sont sur place ».

Les groupes terroristes qui reprennent progressivement force dans cette région ciblent plusieurs catégories de personnes dont les agents publics et les élèves. Les fonctionnaires sont déclarés persona non grata dans la zone. « A la date d’aujourd’hui, 18 personnes, en majorité des scolaires, ont été enlevées par les terroristes », rapporte Mamoudou Ouoba qui craint que les ravisseurs enrôlent les jeunes après leur avoir fait subir un lavage de cerveau.

… c’est le Far West dans bon nombre de communes

Par ailleurs, de l’avis du président du Conseil régional de l’Est, Paripouguini Lompo, c’est le Far West dans bon nombre de communes. Il affirme que de Logobou à Tansarga en passant par Kantchari, des bandes armées font la loi. Pour exemple, il cite l’assassinat du gardien du lycée départemental de Logobou, Boundjoa Lompo, dans la nuit du 29 au 30 avril 2020.

La présence de plus en plus accrue des groupes terroristes préoccupe les populations de la Région de l’Est. Les décideurs souhaitent par conséquent une nouvelle opération anti-terroriste pour redonner vie à la Région de l’Est.

Depuis 2015, le Burkina Faso fait face à des attaques à caractères terroristes sur plusieurs parties de son territoire. A cette date, ces attaques ont entraîné la mort de près de 2.000 personnes et plus de 800.000 personnes déplacées internes.



Rédaction B24

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