COVID-19 : “Le monde devra apprendre à vivre avec ce virus” (Aristide Tarnagda)

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La vie reprend peu à peu avec l’allègement des mesures sanitaires. Au CITO (Carrefour International du Théâtre de Ouagadougou),  on se prépare à présenter un spectacle d’ici à mercredi, une pièce qui était programmée pour le mois d’avril. Les comédiens  se retrouvent pour parfaire les répliques.

En attendant l’arrivée du metteur en scène, on se prépare à porter son personnage. Un peu de sport pour  s’échauffer les muscles, mise en place de quelques objets de la scène, on prépare son costume. Ceux qui ont jeûné, à  17h, la fatigue se fait sentir. Ils restent assis et ne se mêlent pas trop aux discussions à gorges déployées des autres.

17h30, arrive le chef d’orchestre, Aristide Tarnagda. Après quelques minutes d’échanges, d’un claquement des mains, il donne le LA : « Chacun reprend sa place. Pas de costume aujourd’hui, on le portera le jour du filage. On reprend la scène là où on l’a laissé la dernière fois ».

Ce n’est pas sans grande joie que ces acteurs se retrouvent dans cette cuvette abandonnée il y a près de 3 mois pour cause de la maladie à Coronavirus.

Après un si long repos, la fougue, l’envie de donner le meilleur se fait sentir chez les comédiens d’autant plus que la pièce, ils la connaissent. Ils la « réchauffent ». « Mirage et perdition », une pièce de sensibilisation contre l’extrémisme violent devrait être diffusée depuis le 23 avril. Cependant, des hésitations et il faut reprendre encore et encore.

Patricia M. Baïlédé, comédienne

Patricia Mabaïlédé, comédienne, est heureuse de retrouver les planches. « Il y a cette magie entre nous comédiens et la scène qu’on ne saurait expliquer. On a toujours envie de travailler mais avec cette période, c’est comme s’il y avait quelque chose qui nous manquait », dit-elle.

Du côté administratif, on s’active à prendre les mesures sanitaires strictes pour le public. Le port du cache-nez sera obligatoire, des dispositifs de lavage de mains, mesure de distanciation à l’entrée et à l’intérieur du théâtre. « On veut donner du plaisir mais il ne faudra pas que le CITO soit l’endroit où on vient se contaminer ou contaminer les autres », dit Martin Zongo, administrateur du CITO.

 Le spectacle est programmé pour 19h et dure une heure, afin de permettre au public de retrouver les domiciles avant l’heure du couvre-feu.

Et si la maladie perdure ? « Le monde devra apprendre à vivre avec ce virus jusqu’à ce qu’on trouve un vaccin, et les artistes devront mettre leur imagination à l’épreuve, sans pour autant  mettre en danger nos collabateurs et les spectateurs. Nous devons apprendre à faire de l’art  avec cette nouvelle situation», dit-il.

Il est aussi le directeur artistique de l’un des Festival de Théâtre incontournable, les Récréâtrales dont la 11e édition est prévue en novembre 2020.

Aura-t-il lieu ? Comment il le prépare?

Il reste optimiste. Les Récréâtrales pour lui vont se tenir sauf avis contraire du conseil d’administration. Sinon, “pour l’heure, explique –t-il, pour moi en tout cas, avec toute mon équipe, nous n’allons  pas envisager, pas un seul instant,  que les Récréâtrales ne pourraient pas se tenir. Peut-être qu’on reverra la dimension. Si le monde ne peut pas venir à  nous… on tiendra  une édition à taille réduite ou revue à la baisse ».

Aristide Tarnagda, metteur en scène et Directeur du festival les Récréâtrales

Puis, il poursuit en disant qu’il «faut que les gens comprennent que la culture permet de ré-enchanter la vie, permet à ce que les hommes puissent tenir face à n’importe quelle adversité. Il ne faut pas négliger  cet aspect ».

D’où cet appel au public à sortir, à décompresser en venant voir ce spectacle «Mirage et perditions » dont il est le metteur en scène. Il sera en diffusion du 20 mai au 21 avril 2020 au juin à 19h.

Revelyn SOME

Burkina24

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