Burkina Faso : Ce que les syndicats ont dit au ministre de l’éducation

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Quatre syndicats, la F-SYNTER , le  SYNAPAGER ,le SYNATEB  et le   SYNTAS, ont quitté la salle de la rencontre avec le ministre de l’éducation nationale, ce 29 mai 2020. Cette réunion était consacrée à la reprise des activités pédagogiques prévue pour le 1er juin 2020. Voici en substance ce que les syndicats ont dit au ministre Stanislas Ouaro.

Depuis le mois de mars 2020, vous avez décidé d’abattre une répression digne d’un Etat d’exception sur les travailleurs de l’éducation. Dans un document d’analyse des mesures pour une reprise des cours à vous adressé le 13 avril 2020, nous vous informons que : « aucune reprise normale des activités pédagogiques dans l’éducation et la recherche ne peut se faire sans le rétablissement préalable et sans condition des suspensions des salaires des travailleurs et le remboursement de toutes les sommes coupées ; l’établissement de la responsabilité de tous ceux qui ont travaillé à la prise de ces mesures illégales, criminelles contre les travailleurs ».

Le 05 mai 2020, vous nous avez invité à une audience au cours de laquelle, vous avez demandé des précisions sur nos préalables. Tout en marquant notre étonnement face à cette façon d’agir, puisque lesdits préalables sont clairement définis dans le document que nous vous avons envoyé le 13 avril 2020, nous vous les avons rappelés. Dans le compte rendu de cette rencontre, signé par vos services, il est mentionné ce qui suit : « le Ministre a indiqué que l’objectif de la rencontre n’était pas de négocier mais de bien comprendre les préalables afin de rendre compte au Gouvernement. La réponse du Gouvernement sera communiquée aux syndicats soit par lui, soit par une équipe gouvernementale ». A ce jour, nous attendons toujours cette réponse.  

Dans une déclaration en date du 06 mai 2020, nous soutenons sans démagogie que : « l’année scolaire 2019-2020 peut bel et bien s’achever correctement. Pour cela, il importe que le gouvernement réunisse toutes les conditions pour une reprise sereine des activités pédagogiques et académiques ». Evidemment, cet achèvement ne saurait occulter les garanties de la qualité du système éducatif, celle de la santé, de la sécurité des acteurs de la communauté éducative et l’équité entre les apprenants. Nous faisons malheureusement le constat que les décisions prises au cours du conseil des Ministres du 27 mai 2020 ne prennent pas en compte ces garanties. Au contraire, elles posent les bases de saccage de la qualité d’un système éducatif aux performances déjà peu reluisantes et consacrent de nombreuses iniquités entre apprenants.

En clair, vous avez décidé de :

  • poursuivre la répression illégale des travailleurs avec toutes les conséquences que cela engendre sur leurs conditions de vie et de travail ;
  • se passer de l’avis des partenaires sociaux que sont nos organisations syndicales et d’être dans une logique de croire qu’il peut les utiliser à sa solde ;
  • ne prendre aucune mesure pour soulager les travailleurs de l’éducation du privé notamment subissant les conséquences de la fermeture des universités et établissements ;
  • fouler au pied la qualité du système éducatif et l’équité entre les apprenants ;
  • mettre en œuvre une démarche de discrimination et d’opposition des travailleurs du ministère.

Nos organisations ne sauraient être complices de ces forfaitures dont vous serez les seuls responsables des répercussions négatives sur le climat social dans le secteur de l’éducation et de la recherche. En conséquence, nous sommes au regret de ne pouvoir poursuivre cette rencontre avec vous. Aussi, nous vous invitons à réunir les conditions pour une reprise sereine des activités pédagogiques et à un achèvement de l’année 2019-2020 en privilégiant l’intérêt du système éducatif et des acteurs de la l’éducation.

Le Porte-parole

Souleymane BADIEL

B24 Opinion

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