Burkina Faso : L’ONA, la nouvelle classe politique affiliée ni à la majorité ni au CFOP

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L’Opposition Non-Affiliée (ONA) a décliné sa nature et donné son point de vue sur les questions de la vie de la nation ce mardi 2 juin 2020 à Ouagadougou à travers son premier face-à-face avec la presse. Pour son baptême du feu, le nouveau regroupement politique s’attaque à la tenue des élections si le contexte marqué notamment par l’insécurité reste tel. 

L’ONA est la partie de la classe politique qui n’est ni affiliée à la majorité présidentielle (APMP) ni au cadre de concertation du CFOP. D’où l’appellation l’Opposition Non-Affiliée. Cette nouvelle classe politique a donné ce 2 juin 2020, date anniversaire de la Constitution de la 4e République, sa position sur les questions structurelles de la vie nationale et sur les questions conjoncturelles de la gouvernance du Burkina Faso. 

Les journalistes à la première conférence de l’ONA prennent des informations sur sa nature et ce qu’elle défend.
Pour la construction du consensus national

Selon le Pr Abdoulaye Soma, Président de l’ONA est une situation de fait. « Ce n’est pas une coalition électorale. Ce n’est pas un groupement d’amis. C’est un groupement qui représente une grande partie de la classe politique burkinabè et de la population politique burkinabè. Et des leaders ont pris la responsabilité de défendre cette partie de la population et de la classe politique burkinabè », a-t-il défini. Cette classe politique qui existe depuis le 26 avril 2020 exige d’être pris en compte lors des concertations de la vie de la nation. 

« Nous exigeons, parce que c’est fondé sur la loi ; dès lors que la loi dit, que la constitution dit que les partis politiques sont libres. Un parti politique dont la liberté ne peut pas être discriminée et nous informons l’opinion que les concertations qui se passent seulement entre l’APMP et le CFOP, à partir du moment où vous savez maintenant l’existence de l’ONA , et que cette existence est fondée sur la constitution et les lois et que cette existence est suscitée par la Constitution, les lois et les pratiques, les comportements par exemple du CFOP ; on ne peut plus nier l’existence de l’ONA, la nécessaire participation de cette partie de la classe politique à la construction du consensus national qu’il en est. Donc ce n’est même pas une demande. C’est une normalité. C’est une exigence légale », a détaillé Pr Soma.

Le Pr Soma défend la nécessaire implication de l’ONA dans les concertations entre l’APMP et le CFOP.

« Votre pays est entrain de disparaître et vous voulez nous parler d’élection »

En ce concerne les élections, l’ONA veut que les élections soient conformes à la Constitution et à la démocratie. A défaut, elle s’oppose à la tenue de ces élections. Selon Soumane Touré, membre de ce regroupement politique, l’ONA s’oppose à la tenue des élections en 2020 parce qu’elles ne seront pas conformes à la constitution et au code électoral. 

« Ce sont deux élections générales qui doivent se dérouler sur l’ensemble du territoire pour que tout l’ensemble de la population en âge de voter puisse s’exprimer. Est-ce que les conditions aujourd’hui sont réunies pour que ces élections se déroulent sur l’ensemble du territoire et que l’ensemble de la population puisse s’exprimer ? Non. La crise sécuritaire est là. L’Etat a perdu le contrôle de 70% de notre territoire national. L’état a perdu le contrôle de ¼ du territoire national qui est entre les mains des groupes armés non identifiés et des parties du territoire flottent des drapeaux qui ne sont pas le drapeau national et où on exige que soit parlée l’arabe qui n’est pas la langue officielle », a déclaré Soumane Touré.

«(…) Votre pays est entrain de disparaître et d’aller en lambeaux. Vous perdez des parties du territoire. Des populations, près de 2 millions sont là dans la souffrance et vous voulez nous parler d’élection. On est contre ça. On s’est organisé, c’est pour s’opposer à ça », a-t-il renchéri.

Soumane Touré déclare que l’ONA s’oppose à la tenue des élections de 2020 et donne ses raisons.

A en croire le Pr Abdoulaye Soma, premier responsable de l’ONA, il n’est pas question de prolonger le mandat du Président du Faso. « L’ONA ne va pas s’associer, n’acceptera pas un accord APMP-CFOP pour prolonger automatiquement le mandat du Président. Ce n’est pas un sentiment. C’est la constitution qui le dit en son article 165 que le mandat du Président de la république, c’est 5 ans et ce mandat n’est pas susceptible d’être prolongé », a lancé le Pr Soma. 

Il faut noter que l’Opposition Non-Affiliée regroupe plusieurs partis politiques ayant régulièrement déclaré leur appartenance à l’opposition et qui ne sont pas affiliés au cadre de concertation du CFOP. Elle se dit être une classe politique qui prône entre autres le renouveau politique et se veut le porte étendard de la promotion de la Constitution. 

Alice Suglimani THIOMBIANO

Burkina 24

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