Armand Béouindé : « Je ne peux pas parler d’une affaire qui est devant la justice »

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Burkina24 a joint, ce 17 juin 2020, le Maire de Ouagadougou, Armand Pierre Béouindé, à propos des éléments sonores qui circulent sur les réseaux sociaux et qui lui sont attribués. L’édile n’a pas voulu commenter une « affaire qui est devant la justice ».

Lire aussi : Affaire 70 millions de F CFA : Les mis en cause reconnaissent les faits

C’est le « Courrier Confidentiel » qui a levé le lièvre le 10 février 2020. Le bimensuel d’investigation burkinabè a d’abord fait des révélations sur de « folles dépenses du Maire de Ouagadougou » dans l’acquisition de 77 véhicules à 4,6 milliards de F CFA, en crédit-bail avec la société « Fidelis Finances Burkina ».

Quatre mois après, les confrères de « L’Evènement », dans leur dernière parution du 10 juin 2020, ont enfoncé le clou. Ils ont révélé que des personnes dont des magistrats Dieudonné Bonkoungou et Narcisse Sawadogo et un intermédiaire du nom d’Alassane Bagagnan ont réclamé 70 millions de F CFA au Maire Armand Pierre Béouindé pour étouffer l’affaire.

Dimanche 14 juin 2020, le juge et ancien procureur du Faso près le Tribunal de Grande Instance (TGI) de Bogandé, Narcisse Sawadogo, selon « Le Reporter », a été placé en garde à vue  pour avoir sollicité 70  millions de F CFA à l’édile afin de tordre le cou au dossier. L’intermédiaire, Alassane Bagagnan, a également été arrêté par la Gendarmerie et aussitôt déposé à la Maison d’arrêt et de correction de Ouagadougou (MACO).

Des éléments sonores jettent le pavé dans la mare

« Une rencontre s’est tenue au domicile d’Alassane Bagagnan, dans l’arrondissement 10 de Ouagadougou. L’entrevue s’est passée entre le Maire Armand Roland Pierre Béouindé, Alassane Bagagnan et le magistrat Narcisse Sawadogo », a précisé « L’Evènement ». Selon le même journal, au moins deux rendez-vous se sont tenus au domicile du sieur Bagagnan.

A en croire le « Courrier confidentiel », le Maire de Ouagadougou, Armand Pierre Béouindé, a d’énormes intérêts économiques avec « Fidelis Finances Burkina », l’entreprise attributaire du marché de véhicules par crédit-bail pour un montant de 4,6 milliards de F CFA comme indiqué plus haut.

Depuis la révélation de ces faits notamment par les journaux d’investigation, les réseaux sociaux se sont mis en ébullition au « Pays des Hommes intègres ». « Ce n’est que le début du commencement », a commenté ce lecteur anonyme sur Facebook. Comme par ironie du sort, les évènements qui s’enchaînent semblent lui donner raison.

« Le juge d’instruction, c’est différent du Procureur ? »

En effet, depuis le mardi 16 juin 2020, des enregistrements audio circulent sur la toile où des personnes parlent de versement de « 35 (millions de F CFA), la moitié de la somme à payer ». Dans ces fichiers, des craquements de portes et de chaises se font entendre, et une voix demande, en langue Mooré, « vous avez pu reconnaître ici ». « Je suis le Maire de Ouaga quand même », répond une voix semblable à celle du Maire Armand Pierre Béouindé.

Une autre voix attribuée au juge Narcisse Sawadogo a avancé qu’il était promotionnaire du doyen des juges d’instruction, Emile Zerbo, et que le juge en charge du dossier, Daouda Koanda, avait été son stagiaire, a précisé « L’Evènement ». Le canard, dans ses investigations, dit avoir approché le juge Daouda Koanda qui a démenti être un ancien stagiaire de Narcisse Sawadogo.

Comme dans un cours de droit, les intervenants tentent d’expliquer à leur interlocuteur que « le Procureur peut instruire à charge ou à décharge. « Le juge d’instruction, c’est différent du Procureur ? », demande la voix présumée du Maire qui ajoute : « Moi je ne connais pas vos termes. Je suis OPJ. Mais je suis un profane. Je sais célébrer les mariages (rires) ».

– « Je t’ai dit hier que sur ce dossier, techniquement je n’ai rien à me reprocher. Si c’est une cabale politique, donc, ce qui m’intéresse, moi, c’est sauver ma tête. Je veux sauver ma tête. Donc, je ne peux qu’accéder à ce que les gens demandent. Comme il n’y a rien sans rien, bon ! ».
– « Vraiment, Narcisse, je ne peux te remercier assez. Ce soir, je vais dormir (en langue Mooré).
– « L’essentiel, c’est que vous sortiez la tête haute ».
– « Nous-mêmes, on est en train de travailler pour voir comment on peut nuire à ce journal-là ».
– « Moi, je n’ai rien à me reprocher. Même, administrativement, je n’ai rien fait qui soit d’illégal. Si j’avais même gagné un peu d’argent dans cette affaire, ça ne ferait pas mal ».
– « Il faut qu’on déstabilise la justice. Moi, je n’ai pas pu rencontrer Roch seulement, pour lui parler face-à-face. Moi, devant Roch, je vais lui dire tout ce qu’il y a. Avoir le courage de lui dire pour qu’il sache sur quel pied danser. Le Président est entouré de mauvais gars… Si vous voulez, vous enregistrez et vous lui dites que moi j’ai dit qu’il est en danger lui-même. Il n’a qu’à se lever et on va maîtriser la justice ».

Extraits des enregistrements sonores

Autant de déclarations contenues dans les enregistrements sonores qui enflamment la toile où il est question de “nuire” à des journaux burkinabè, d’indépendance de la justice, de coups portés non seulement entre militants du Mouvement du peuple pour le progrès (MPP) mais aussi par l’opposition, entre autres. Le maire de Ouagadougou est-il l’auteur de ces enregistrements qui viennent corroborer les informations publiées par nos confrères de l’Evènement ? Si oui, ont-ils fuité intentionnellement ? L’édile a-t-il feint de jouer le jeu des “offreurs de service” afin de rendre publics leurs agissements aux yeux de l’opinion publique ?

Contacté par Burkina24, ce 17 juin 2020, Armand Pierre Béouindé n’a pas voulu faire  de commentaire. « Non ! Je ne peux pas parler d’une affaire qui est devant la justice. Vous allez m’excuser », a répondu le Maire de Ouagadougou avant de raccrocher son téléphone.

Burkina 24

Rédaction B24

L'actualité du Burkina 24h/24.

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