Burkina Faso : Le CES pour une meilleure résilience des déplacés internes

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Débutée depuis le 26 mai 2020, la première session ordinaire de l’année 2020 du Conseil économique et social (CES) a connu son épilogue ce lundi 22 juin 2020. Un appel a été lancé pour une mobilisation nationale afin de soutenir les Personnes déplacées internes (PDI), à l’instar de celle obtenue dans le cadre du Covid-19.

Après quatre semaines de travaux, la première session ordinaire du CES pour le compte de l’année 2020 a pris fin ce lundi 22 juin 2020. Les réflexions ont porté essentiellement sur la situation des personnes déplacées internes (PDI).

« Gestion de la crise humanitaire dans le contexte d’insécurité au Burkina Faso : quelles stratégies pour une meilleure résilience des personnes déplacées internes ? », tel a été le thème sur lequel les 90 conseillers que compte le CES se sont penchés durant un mois.

Au sortir des travaux, les acteurs ont proposé des stratégies. Des recommandations ont été formulées pour une gestion efficace de la crise humanitaire et une résilience des personnes déplacées internes.

Selon le président du CES, Dr Moïse Napon, la pertinence des stratégies et des recommandations confirme la nécessité et l’urgence de lancer « un appel fort à une mobilisation nationale pour soutenir les Personnes déplacées internes (PDI), à l’instar de celle obtenue dans le cadre du Covid-19 ».

Pour lui, l’examen de la situation des PDI ne doit pas faire occulter la cause du problème. « Cette crise est une consécutive aux attaques terroristes muettes et aveugles ainsi que les conflits intercommunautaires qui ensanglantent notre pays depuis 2016 », a-t-il souligné.

Les déplacés internes, des oubliés ?

Dr Moïse Napon est revenu également sur le rapport de l’ONG Care qui a qualifié la situation des PDI de « crise des oubliés ».  Selon ledit rapport, le Burkina Faso occupe le 8e rang des 10 pays au monde dont les crises humanitaires sont oubliées notamment par les médias. « Ce qui, du coup, entraine une insuffisance dans la mobilisation des ressources en leur faveur », lit-on dans le même rapport.

Au bout des réflexions, le CES a révélé que les statistiques indiquent que le nombre de PDI ne fait que croître. « De 115 310 en mars 2019 à 779 741 en mars 2020, soit une augmentation de 576,21% », a noté le rapport.

Le conseil a aussi indiqué que les régions du Centre-Nord, du Sahel, du Nord, de l’Est et de la Boucle du Mouhoun sont les plus touchées. Les conseillers se sont penchés également sur les données publiées le 7 juin 2020, par le Comité national de secours d’urgence et de réhabilitation (CONASUR). Il en est ressorti que 921 471 personnes déplacées internes dont 110 013 ménages ont été enregistrés sur l’ensemble du territoire national.

Un réveil et un sursaut national

A l’issue des réflexions, le CES a formulé quelques recommandations. Il s’agit de la mobilisation autour des PDI ; le renforcement du cadre juridique national de protection et de gestion des PDI ; la mise en place d’un programme multisectoriel pour accompagner leur réinsertion ; la pérennisation de la sécurité dans les zones reconquises ; et enfin la sensibilisation des populations pour développer les réflexes sécuritaires.

Aussi, il a appelé au renforcement de la collaboration entre la population et les Forces de défense et de sécurité afin de dénoncer des cas suspects.

Pour ce qui est du retour des personnes déplacées internes dans leurs localités respectives, le conseil a suggéré la mise en place d’un programme afin de faciliter le retour et la réinsertion des PDI avec des financements conséquents.

A cet effet, Dr Moise Napon, a lancé un appel aux fils et filles du Burkina pour un réveil et un sursaut national afin de se défaire des attaques terroristes.

Willy SAGBE (Stagiaire)

Burkina 24

Rédaction B24

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