Ministère des droits humains : Le SYNAPDH donne de la voix

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Ceci est une déclaration du Syndicat national du personnel des droits humains (SYNAPDH)  sur la situation au sein du ministère des droits humains.

Le 24 janvier 2019, Madame Maminata OUATTARA/OUATTARA a été nommée à la tête du Ministère des droits humains et de la Promotion civique jusqu’alors fusionné avec celui de la Justice. Cependant, les espoirs nés de cette nouvelle donne se sont très vite estompés face à la gestion calamiteuse du ministère et à la dégradation sans précédent des conditions de travail du personnel.

En effet, depuis son arrivée, la Ministre ne s’est jamais sérieusement penchée sur les préoccupations du personnel, contenues dans la plate-forme revendicative et les correspondances à elle adressées. Usant toujours du dilatoire, elle a relégué le dialogue social au second plan. Les rares audiences  qu’elle a accordées au syndicat l’ont été sous l’insistance du bureau exécutif national et après plusieurs jours, voire plusieurs semaines d’attente.

Par ailleurs, la gestion du Ministère est marquée par le tâtonnement, l’amateurisme, la politisation et le clanisme. Depuis plus de six mois, la Secrétaire Générale est absente ; ce qui a bloqué le traitement des actes de carrière des agents, violant ainsi le principe de continuité de l’administration. Pire, des dossiers sont envoyés au frais du Ministère par DHL jusqu’aux Etats-Unis où elle serait en soins. De plus, l’opérationnalisation des structures laisse à désirer.

Malgré l’adoption du décret portant organisation du Ministère des droits humains et de la Promotion civique le 25 avril 2019, la situation de nombreux directeurs de services et directeurs régionaux n’a pas été régularisée, alors même que les critères de performance de l’administration l’exigent. En outre, les arrêtés portant nomination des chefs de service sont en souffrance privant plusieurs agents d’une partie de leur rémunération, un droit fondamental du travailleur.

De même, à ce jour, le ministère n’a toujours pas débloqué sa part du budget de l’Etat contrairement à la plupart des autres ministères ; ce qui rend difficiles les actions de promotion et de protection des droits humains. La conséquence de ce cafouillage au sommet, c’est l’indifférence et la mise à l’écart du Ministère sur les questions nationales de droits humains.

En outre, le SYNAPDH constate avec amertume et regret, un délaissement du ministère chargé de la promotion et de la protection des droits de l’homme. Cela est remarquable à travers le maigre budget que l’Etat a accordé au département. Pendant que le Burkina Faso fait face au terrorisme, à la recrudescence des conflits communautaires, aux accusations de violations graves des droits de l’homme par des organisations de défense des droits de l’homme, il est incompréhensible qu’au même moment, le Gouvernement ne donne pas les moyens au département des droits humains pour travailler. Le Ministère a, pendant longtemps été assujetti au financement des partenaires techniques et financiers, mais leur départ en 2019 et 2020 rappelle au Gouvernement, le rôle principal de l’Etat qui est de mettre en œuvre les droits humains.

C’est dans ce contexte que Madame la Ministre se donne le plaisir d’orchestrer un projet de déménagement de son cabinet et du Secrétariat général dans le bâtiment nouvellement acquis au profit du Ministère, au lieu de prioriser les directions qui n’ont plus de bureaux depuis la scission et dont les agents sont « dans la nature ».  Quand on sait que l’occupation de locaux par de tels responsables requiert des aménagements et donc des dépenses, seule elle peut être convaincue de l’opportunité de ce déménagement.

Si rien n’est fait, c’est la mort programmée du Ministère des droits humains et de la promotion civique qui se profile à l’horizon. Et le personnel des droits humains n’entend pas assister passivement à cette forfaiture, ni permettre à des individus sans ambitions ni vision pour le département de le détruire.

Le SYNAPDH prend l’opinion nationale et internationale à témoin et décline toute responsabilité quant à l’explosion du climat social déjà dégradé si dans un délai raisonnable des réponses satisfaisantes ne sont pas apportées aux préoccupations du personnel.

Fait à Ouagadougou, le 25 juin 2020

Pour le Bureau Exécutif National,

Le Secrétaire Général

TONDE Pawindé Mathieu

B24 Opinion

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