Burkina Faso : Des journalistes en immersion dans le monde des Engins explosifs improvisés

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Une vingtaine de journalistes burkinabè ont été sensibilisés, le jeudi 25 juin 2020, sur les Engins explosifs improvisés (EEI). Voulue par la Direction de la communication et des relations publiques des Armées, en collaboration avec le Génie militaire, les participants ont été outillés sur « la menace » que constituent les EEI.

Surnommés « l’arme des pauvres », explique le Colonel Célestin Simporé, Directeur du Génie militaire, les Engins explosifs improvisés (EEI), constituent la menace qui crée le plus de psychose tant au niveau des militaires que des personnes civiles. Avec 20.000 F CFA, les terroristes peuvent fabriquer cette arme « non conventionnelle » à forte potentialité de dégâts.

Les Engins explosifs improvisés (EEI) sont un dispositif mis en place, de façon improvisée, conçue pour détruire, défigurer, ou harceler. Ces armes « non conventionnelles » sont disposées sur les voies et peuvent infliger des blessures graves, voire la mort aussi bien sur des cibles militaires que civiles. « 90% des EEI sont faits pour être déclenchés par la victime », a fait savoir le lieutenant Ollo Palenfo, un des communicateurs lors des échanges avec les journalistes.

« Ils (les terroristes, ndlr) ont miné un cadavre et cela nous a coûté un médecin »

De manière artisanale et à moindre coût, les Engins explosifs improvisés (EEI) ont causé la mort de plus 60 personnes au Burkina Faso depuis le premier incident avec ce type d’arme, le 15 juillet 2017. Cet incident avait fait quatre blessés graves et quatre blessés légers, relate le lieutenant Ollo Palenfo. « C’est l’arme de prédilection des terroristes », précise-t-il.

Ainsi, durant une demi-journée, la vingtaine de journalistes burkinabè a reçu des notions sur les types des EEI et leur composition. Ils ont aussi été briefés sur les signes de détection des EEI et ont assisté à des séances d’exercices sur le déminage et les effets des EEI qui « évoluent en fonction de la perfidie et de l’esprit machiavélique de ceux qui les mettent en œuvre », a fait remarquer le Colonel Simporé.

Et pour soutenir les propos du Colonel Simporé, exemple est donné par le lieutenant Palenfo : « à Djibo, ils (les terroristes, ndlr) ont miné un cadavre et cela nous a coûté un médecin ». Malgré « l’ingéniosité » des terroristes, l’armée burkinabè s’adapte via des formations, des recyclages et le renforcement des équipements, rassure le Directeur du Génie militaire.  

« Ce qui a explosé et qui a fait des victimes n’est qu’une infime partie des Engins explosifs improvisés (EEI) qui ont été posés. Nous avons détecté, neutralisé et détruit plus que ce qui a explosé et qui a créé des victimes (…). C’est une course de chat et de souris. Plus ils (les terroristes, ndlr) évoluent, plus nous essayons de suivre aussi leur rythme pour trouver des contre-mesures (…). Ce n’est pas conventionnel. C’est quelque chose qui sort du bricolage machiavélique. Que la population se rassure, nous travaillons beaucoup dans l’ombre (…) On a des équipes de déminage un peu partout dans toutes les régions », soutient le Colonel Simporé.

A travers cette sensibilisation, selon le Directeur du Génie militaire, il s’est agi de donner des informations et d’augmenter le niveau de culture des journalistes en matière d’Engins explosifs improvisés (EEI) qui constituent un des problèmes fondamentaux que rencontrent les soldats dans le cadre de la guerre asymétrique menée.

Vidéo – Engins explosifs improvisés : Que peuvent faire les populations ?

Burkina 24

Notons que le Génie militaire, créé en 1965 est « une arme et un service ». Une arme chargée d’aider au déploiement des troupes, à faciliter les manœuvres de celles-ci ou à entraver les manœuvres de troupes ennemies. Un service chargé de la gestion et de la conservation technique du domaine militaire, et de la réalisation d’infrastructures. Il participe au développement socio-économique du Burkina Faso.

Ignace Ismaël NABOLE

Journaliste reporter d'images (JRI).

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