Lutte contre le Covid-19 : Coup de projecteurs sur les projets de recherche financés par la France

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Dans le cadre de la lutte contre le Covid-19, six projets portés par des chercheurs burkinabè ont fait l’objet de financement  d’une subvention de 1,7 milliard de francs CFA par la république française. Au cours d’une conférence de presse organisée le samedi 11 juillet 2020 à Bobo-Dioulasso, les bénéficiaires ont présenté leurs projets respectifs en présence de l’Ambassadeur de France au Burkina, Luc Hallade.

Sur une trentaine de projets à travers le monde, le Burkina Faso à lui seul compte 6 ayant reçu l’accord de financement par la France. Estimés à 1,7 milliard de francs CFA, ces projets de recherche visent la gestion optimale de la maladie à coronavirus au plan national avec des impacts sur le monde de la recherche en général.

La conférence de presse animée par l’Ambassadeur de France au Burkina Luc Hallade et le Directeur de l’Institut régional de recherche en sciences de la santé (IRSS) Jacob Sanou a permis de lever un coin de voile sur 4 projets.

Le projet dénommé « EMul-COVID-19 : Etude multidisciplinaire de recherche sur la Covid-19 au Burkina » est dirigé par le Docteur Isidore Traoré. Celui-ci précise que « la particularité de cette équipe est que ces chercheurs sont des Burkinabè vivant hors du pays ».

Leur travail vise la production de données scientifiques sur la  proportion de Burkinabè ayant développé une immunité après avoir été en contact avec le Covid-19. Le porteur du projet estime que son importance est non négligeable dans la mesure où la gestion de la maladie dans un contexte présentant une immunité de 95% de la population ne nécessitera pas la même mesure de prévention qu’une situation d’avec  seulement 1% de personne qui développe une immunité.

Les résultats de l’équipe du Docteur Traoré abordent également la question de la gestion de la maladie à partir des premières réactions des victimes jusqu’à la prise en charge des victimes.

Un autre projet de recherche a cogité sur les liens éventuels entre le Covid19 et la maternité. Cette initiative dirigée par le Docteur Désiré Lucien Dahourou met en équation 3000  femmes enceintes qu’il qualifie de « groupe sentinelle » et leurs risques de contamination ainsi que ceux liés à leurs bébés. Car « en l’absence de test, les soignants peuvent constituer des facteurs de transmission. En Asie, le COVID-19 a été détecté chez les nouveau-nés. Ailleurs, l’on a aussi assisté à des risques de présence de Covid-19 dans le lait maternel », rappelle le Docteur Dahourou. Dès lors, il s’interroge sur les enjeux d’un tel risque dans notre contexte marqué par l’allaitement maternel. Et c’est après la phase de mise en œuvre de 6 mois que ses recherches vont éclaircir ces zones d’ombres.

Mais avant, il a dévoilé sa méthodologie. « On va proposer un diagnostic moléculaire aux parturientes. Le couple mère-enfant sera diagnostiqué après 6 semaines. Ces données pourront guider les décisions de santé publique au Burkina et ailleurs », conclut le chercheur.

Dans le lot des bénéficiaires figure une femme en la personne du Docteur Léa Paré Toé qui s’est penchée sur les« Normes sociales à l’épreuve des mesures de riposte contre l’épidémie  du Covid-19 : Une étude socio-anthropologique du vécu quotidien des populations de Bobo-Dioulasso ».

De la psychose après l’apparition des premiers cas en mars à l’instauration des mesures barrières individuelles et collectives par le gouvernement, l’unique femme du groupe évalue les enjeux de la confrontation des normes sanitaires avec les normes sociales.

Les travaux de recherche sont effectués en partenariat avec l’Institut régional de recherche en science de la santé, le Centre Muraz et l’Université Nazi Boni.

Aminata SANOU                                

Correspondante de Burkina 24 à Bobo-Dioulasso

Rédaction B24

L'actualité du Burkina 24h/24.

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