Mouton de Tabaski : Les conseils du vétérinaire

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Ceci est un avis d’un médecin vétérinaire sur les précautions à observer dans l’abattage des animaux à l’occasion de la fête de Tabaski.

La communauté musulmane du monde et du Burkina Faso en particulier s’apprête à célébrer la fête de l’Aïd El Kebir (Tabaski). A cette occasion, un nombre important de ruminants (bœufs, moutons, chèvres, …) seront sacrifiés pour la célébration de cette fête.

Ces animaux sont susceptibles d’être malades ou de tomber malade avant la date de la fête. Cette situation amène certains éleveurs ou propriétaires d’animaux à réaliser des traitements médicamenteux sur ces derniers. Les médicaments utilisés sont le plus souvent des antibiotiques et des antiparasitaires. Ces médicaments sont des produits dont l’utilisation impose le respect d’un délai d’attente de 14 jours en moyenne (3 à 21 jours) avant la consommation de la viande et d’autres produits issus de l’animal traité.

 Ce qui n’est généralement pas respecté par ces utilisateurs. Aussi, les animaux peuvent souffrir de maladies qui peuvent se transmettent à l’homme à travers la consommation de leur viande ou d’autres produits. Parmi les maladies transmissibles à l’homme à partir de la viande et autres produits des animaux, nous pouvons citer la tuberculose qui cause une maladie pulmonaire et extra-pulmonaire.

La consommation de la viande issue d’un animal sous traitement médicamenteux sans respect du délai d’attente conduit à l’ingestion de viande contenant des résidus de ces médicaments. Ces résidus lorsqu’il s’agit des antibiotiques sont responsables du développement de résistance de ces micro-organismes surtout les bactéries humaines aux antibiotiques en ce sens que de très nombreuses bactéries sont partagées par l’homme et l’animal. Cette résistance entraine des échecs dans le traitement de certaines maladies humaines pouvant amener à l’aggravation de la maladie conduisant à l’utilisation de médicaments plus puissants et plus coûteux.

Ainsi, en ces derniers jours, nous vous recommandons d’éviter tout traitement nécessitant l’utilisation d’antibiotiques ou d’antiparasitaires sur vos sujets destinés au sacrifice.

Cette communication est faite pour attirer l’attention de la population sur le danger auquel elle peut être confrontée et la sensibiliser à faire appel aux services de l’élevage pour toutes informations et tous traitements sur les sujets.

Sandaogo Hamidou OUANDAOGO

Docteur en Médecine Vétérinaire, Master en Biotechnologie agroalimentaire, Master en Qualité des aliments de l’homme

Laboratoire National d’Elevage de Ouagadougou (BURKINA FASO)

B24 Opinion

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