Sport au Burkina: Daouda Famoso appel à un “nouvel ordre sportif”

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L’ancien directeur technique national de la Fédération burkinabè de football (FBF) Daouda Sanou dit Famoso souhaite une nouvelle vision dans la gestion du sport au Burkina Faso. Dans un contexte de renouvellement des structures fédérales, il estime qu’une importance particulière soit accordée aux ligues pour le développement du sport dans les régions. Daouda Sanou dit Famoso a affirmé sa position dans une lettre ouverte au Premier ministre publiée sur  sa  page Facebook.

Excellence Monsieur le Premier Ministre,

Au train où vont les processus de renouvellement de nos structures dirigeantes des sports, nous n’atteindrons pas nos objectifs de développement du sport.

Notre Etat a tout misé sur les fédérations sportives dont le renouvellement de certaines structures dirigeantes entraine d’énormes fractures sociales au niveau des ligues et des clubs et met en mal la vie sportive de notre pays.

Il nous faut agir dès maintenant avec vigueur pour éviter un blocage de la vie sportive et ses conséquences incalculables sur l’avenir de nos jeunes sportifs et la paix dans notre pays.

Nous disons tous dans le domaine du sport que les enfants, les jeunes sont notre avenir, c’est une idée simple et naturelle. Mais pour devenir les grands Etalons de demain ils ont besoin non seulement d’un ciel bleu au-dessus de leurs têtes mais aussi et surtout d’un climat humain (de la considération, de la tendresse et de l’amour de la patrie).

Autrement dit la situation des enfants d’un pays révèle les lendemains qui y murissent. Au Burkina Faso, la situation de nos jeunes sportifs est caractérisée par un regard tantôt dédaigneux tantôt indulgent des dirigeants très préoccupés par leurs intérêts égoïstes et les querelles de leaderships, abandonnant ainsi ces millions de jeunes sportifs aux aléas de la rue et aux errements des encadreurs et structures non ou peu qualifiés ».

cette situation de nos jeunes sportifs dresse devant le ministère des sports et des loisirs, les Fédérations, ligues, districts, clubs, régions, provinces et communes des manquements très sérieux à notre devoir moral à savoir « s’appuyer sur l’amour des enfants pour réparer et prévenir les désordres auxquels ils se trouvent être exposé faisant ainsi de ces sentiments les plus intimes, une force sociale immense en lutte pour l’éducation des jeunes et le développement de notre sport National. »

En brossant le bilan de notre sport dans les domaines de rendement, de productivité et d’effort d’encadrement, on ne peut s’empêcher d’éprouver de nos jours des sentiments de regrets, quelque fois de résignation. Personne n’oserait le nier ouvertement, au Burkina nous demandons à nos disciplines sportives qu’elles nous donnent tout et tout de suite, orientant ainsi leur organisation et leur gestion au service des buts souvent aventuristes et imprévisibles, courant après un succès aussi grand, qu’immédiat avec l’unique souci de l’affirmation d’un leadership individuel.

Il faut souligner que cette mentalité qui a caractérisé les deux dernières décennies s’est aggravée de jours en raison des facteurs économiques, de l’apparition des formes et méthodes de gestion obsolète, les querelles de leaderships et les intérêts égoïstes ne faisant qu’y ajouter des complications. Cette mentalité est une chose très dangereuse, c’est un danger réel de notre sport. Nous devons faire des corrections dans notre manière de penser et gérer (vision) pour faire face aux exigences actuelles et ne pas être pris au dépourvu face aux temps nouveaux.

Aujourd’hui, en vivant si ouvertement avec une telle réalité, nous nous devons de tirer des leçons afin de pouvoir réaliser un tournant décisif, historique pour le sport Burkinabé. De nos jours, le sport Burkinabé éprouve le plus grand besoin de cohésion sociale pour rayonner à cause de son potentiel de jeunes à gros potentiel et des attentes de la population.

Les burkinabé dans leur ensemble aspirent à une révolution dans le domaine du sport dont l’un des principaux facteurs se trouve être l’établissement d’une relation fiable entre la formation des jeunes et la construction de l’élite. C’est dire que nous devons reconnaître l’importance de ce problème bipartite et le considérer comme essentiel pour aborder de façon réaliste et pratique la planification et le développement de notre sport.

Aujourd’hui, il apparait clairement que l’état et les fédérations sportives posent la question du développement de nos disciplines sportives en termes de clubs, d’infrastructures et équipements sportifs, des structures de proximité (ligues et districts) tendant ainsi à conserver une vision centraliste du développement alors que la régionalisation permet de disposer d’une vision plus fine des besoins et contextes régionaux et d’envisager des coopérations entre clubs de la même région, éventuellement la création d’un club plus important et plus structuré ce qui favoriserait la création d’emplois, élévation du niveau de pratique , la communication et le marketing, la mutualisation des fonctions de gestion.

En effet, l’affirmation des politiques sportives régionales plus directement connectées aux besoins et contextes régionaux permettra de soutenir le sport dans sa capacité à participer aux enjeux de la région en termes de loisirs, éducation, insertion, cohésion sociale et de lutte contre l’incivisme et le terrorisme.

Pour cela il faut entre autre:

  • Une décentralisation profitable à tous en favorisant une image dynamique de la région et la réussite de ses jeunes talents.
  • Donner une mission à notre sport à savoir contribuer largement à un Burkina meilleur car partout où son rayonnement permet d’atténuer ou d’éradiquer les problèmes de société, la pratique sportive fait naitre l’espoir.
  • une nouvelle gouvernance du sport dans nos régions avec les objectifs de:
  1. Mobiliser les services et structures de la région au service du développement de la pratique de nos disciplines sportives pour plus de transversalité dans les politiques régionales et une approche territoriale qui prend mieux en compte les réalités locales.
  2. Faire connaitre et reconnaitre la région.
  3. S’appuyer sur la pratique des jeunes pour permettre le développement du sport d’élite dans nos régions.

Cette nouvelle gouvernance devra conduire à l’émergence d’un nouvel ordre sportif qui obligera les ligues régionales à dépasser leur rôle d’organisatrice des compétitions fédérales pour remplir leur rôle de service par rapport aux clubs, par rapport à la région et à la nation. Une gouvernance qui fera de nos ligues des structures consensuelles qui représentent la fédération dans les régions et sont chargés d’appliquer la politique fédérale dans leurs ressorts territoriaux en étant les interlocuteurs privilégiés des collectivités territoriales mais qui ne sont pas membres de la fédération.

Nous devons donc repenser profondément nos ligues régionales pour en faire des outils de gestion et faire évoluer les pratiques de développement du sport en affirmant leur rôle structurant dans développement régional.

Avec ce nouvel ordre sportif qui couvrira tout le territoire national et par le biais des programmes régionaux développés sur la base des réalités locales, nos fédérations sportives seront sur le chemin de l’efficacité, du progrès et de la transparence afin de servir au mieux les intérêts du sport Burkinabé en réduisant les inégalités d’accès à la pratique compétitive des jeunes burkinabés.

Excellence,

La dégradation du tissu social de notre sport est en marche. Que l’on le veuille ou non, soit nous le subissons, soit nous en faisons une opportunité pour renouveler notre ordre sportif, Soit nous nous en servons, soit nous capitulons au grand désespoir des générations sportives qui montent.

Excellence Monsieur le premier Ministre, des millions de jeunes sportif ont le regard chargé d’espoir orienté vers vous, leur papy. Ces jeunes sportifs notamment footballeurs comptent sur votre leadership.

Je vous souhaite une excellente inspiration.

Bobo-Dioulasso le 16 juillet 2020

SANOU Daouda Famoso

Professeur d’EPS à la retraite, Entraineur /Formateur des jeunes,

Directeur Fondateur du Cabinet d’étude Foot-Action,

Citoyen engagé pour le développement du sport et de son pays.

Contact : 70.24.47.02 / 64.16.79.89.

Email : [email protected]

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