Résumé de l’état des lieux de la mise en œuvre du PDSEB et de l’ODD4 au Burkina Faso en 2019

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Pour le compte du Programme Intégré Gouvernance Education et Citoyenneté, phase II (PIGEC II) financé par OXFAM et DANIDA et dans le cadre des activités de la Semaine Mondiale d’Action pour l’Education, la Coalition Nationale pour l’Education Pour Tous du Burkina Faso a réalisé un état des lieux de la mise en œuvre du Programme de Développement Stratégique (PDSEB 2012-2021) et des sept cibles suivantes de l’Objectif de Développement Durable N°4 (ODD4 2015-2030) :

  • Cible 4.1 : D’ici à 2030, faire en sorte que toutes les filles et tous les garçons suivent, sur un pied d’égalité, un cycle complet d’enseignement primaire et secondaire gratuit et de qualité, qui débouche sur un apprentissage véritablement utile.
  • Cible 4.2 : D’ici à 2030, faire en sorte que toutes les filles et tous les garçons aient accès à des activités de développement et de soins de la petite enfance et à une éducation préscolaire de qualité qui les préparent à suivre un enseignement primaire.
  • Cible 4.3 : D’ici à 2030, faire en sorte que les femmes et les hommes aient tous accès dans des conditions d’égalité à un enseignement technique, professionnel ou tertiaire, y compris universitaire, de qualité et d’un coût abordable.
  • Cible 4.4 : D’ici à 2030, augmenter nettement le nombre de jeunes et d’adultes disposant des compétences, notamment techniques et professionnelles, nécessaires à l’emploi, à l’obtention d’un travail décent et à l’entrepreneuriat.
  • Cible 4.5 : D’ici à 2030, éliminer les inégalités entre les sexes dans le domaine de l’éducation et assurer l’égalité d’accès des personnes vulnérables, y compris les personnes handicapées, les autochtones et les enfants en situation vulnérable, à tous les niveaux d’enseignement et de formation professionnelle.
  • Cible 4.6 : D’ici à 2030, faire en sorte que tous les jeunes et une proportion considérable d’adultes, hommes et femmes, sachent lire, écrire et compter.
  • Cible 4.7 : D’ici à 2030, faire en sorte que tous les élèves acquièrent les connaissances et compétences nécessaires pour promouvoir le développement durable, notamment par l’éducation en faveur du développement et de modes de vie durables, des droits de l’homme, de l’égalité des sexes, de la promotion d’une culture de paix et de non-violence, de la citoyenneté mondiale et de l’appréciation de la diversité culturelle et de la contribution de la culture au développement durable.

Sur la base du rapport annuel d’activités et financier 2019 du Programme de Développement Stratégique de l’Education de Base (PDSEB), du rapport annuel de performance du Cadre Sectoriels de Dialogue Education/ Formation (CSD/EF) et des réalités du terrain, la Coalition a analysé les différentes réalisations du Ministère de l’Education Nationale, de l’Alphabétisation et de la Promotion des Langues Nationales, identifié les forces et les faiblesses et formulé des recommandations en vue de contribuer à la mise en œuvre réussie d’une éducation inclusive, équitable et de qualité au Burkina Faso.

De façon globale, au niveau des indicateurs de l’ODD4, la Coalition en termes d’appréciation relève que les cibles 4.1, 4.4 et 4.7 sont plus ou moins en progression, les cibles 4.3 et 4.5 sont en bonne voie et les cibles 4.2 et 4.6 sont très en retard de réalisation avec une note globale de 14/28.

Sur le plan financier, on constate que la part des ressources internes de l’Etat accordées en 2019 au secteur de l’éducation est de 26,29%, soit un accroissement de l’ordre de 6,21% entre 2018 et 2019. Même s’il dépasse le taux communautaire (UEMOA) référentiel d’au moins 20%, il n’a pas pu atteindre le taux de 30% inscrit dans le protocole d’accord signé le 27 janvier 2018 entre le MENAPLN et la Coordination Nationale des Syndicats de l’Education.

Pour les ressources globales du secteur de l’Education, on note une augmentation entre 2017 et 2019.  Quant à l’allocation budgétaire des ressources, elle a connu sur la même période une baisse continue au MJPEJ de (5,77% à 1,86%) et au MESRSI de (21,39% à 14,80%).  Toutefois, on relève que le MENAPLN bénéficie de la plus grande part des allocations (de 72 ,83à 83,34%).

On constate aussi que la Part des dépenses de fonctionnement du Compte d’Affectation Spécial du Trésor (CAST), réservée aux Directions Régionales de l’Education Préscolaires, Primaires, Non Formelles (DREPPNF), Directions Provinciales de l’Education Préscolaires, Primaires, Non Formelles (DPEPPNF) et aux Circonscriptions d’Education de Base (CEB) est de 42,73%.  Celle des directions centrales dans le budget général et le CAST hors salaire est de 11,98%. Pendant que les indicateurs liés à la qualité de l’éducation sont en baisse continue, la Part des dépenses réalisées au profit de la formation continue dans le budget général et le CAST hors salaire n’est que de 3,86%.

Au vu de tout ce qui précède, les organisations de la Société civile observent des risques de non atteinte des objectifs du PDSEB en 2021, au regard des indicateurs du préscolaire, du primaire, du post primaire, du secondaire et de l’éducation non formelle.

Au niveau du préscolaire, il était question de porter le nombre d’inscrits de 69 363 en 2011 à   216 571 en 2015 puis à 512 146 en 2021 et le taux de préscolarisation de 3% en 2011 à 11,5% en 2015 puis 25% en 2021. En 2015, le nombre d’inscrits au préscolaire n’était que de 73 081 soit un écart de 143 490 par rapport à la cible fixée en 2015. En 2018/19, on enregistre un effectif de 105 485. Le rythme annuel de croissance des effectifs au préscolaire sur la période 2014/15-2018/19 est de 9,6%. Au rythme actuel, la cible de 512 146 fixée pour 2021 ne sera pas atteinte car l’effectif projeté est de 126 731 soit un écart de 385 415 par rapport à la cible du PDSEB. Cette situation va se répercuter nécessairement sur le taux de préscolarisation qui ne serait que de 6,7% en 2021 contre une cible de 25%. En 2014/15 le taux de préscolarisation était de 3,5% contre une cible de 11,5% inscrit dans le PDSEB.

Au primaire, le PDSEB s’est fixé pour objectifs en matière d’accès, de faire passer le Taux Brut d’Admission (TBA) de 85,7% en 2011 à 100% en 2015 et à 110% en 2021, le Taux Brut de Scolarisation (TBS) de 79,6% en 2011 à 95,80% en 2015 et à 106,3% en 2021 et au niveau de l’efficacité interne de faire passer le taux de transition du primaire au post-primaire de 68,7% en 2011 à 93,2% en 2015 et à 95% en 2021. Dans cet ordre d’enseignement le résultat qui satisfait est celui de l’accès où on relève un TBA de 98,8% en 2015 pour une cible de 100,0% et de 98,0% en 2018/19. A ce rythme, la cible de 110% fixé en 2021 ne serait pas atteinte. Sur la période 2015-2019 le TBS a connu un gain de 5,1 points en passant à 88,8 en 2019. Ce rythme d’évolution traduit que la cible fixée en 2021 serait difficile à atteindre. Quant au taux de transition, il est de 66,9% en 2015 soit un écart de 26,3% par rapport à la cible du PDSEB et de 61,6% en 2019.

Au post-primaire, les cibles que le PDSEB s’est fixés dans le cadre du présent objectif stratégique porte sur l’accès, la participation et l’amélioration de l’offre au niveau de l’EFTP. Ainsi, au niveau de l’accès, il s’agit de faire passer le TBA en 6ème de 37,7% en 2011 à 67,30% en 2015 et à 95% 2021. Au niveau de la participation il est question de faire passer le TBS de 33,4% en 2011 à 47,8% en 2015 et à 70,8% en 2021 et au niveau de l’EFTP de faire passer la part de l’effectif de l’EFTP dans l’effectif global du post-primaire de 9% en 2011 à 24% en 2015. Par rapport à l’ensemble de ces cibles, l’évolution des résultats dans cet ordre d’enseignement indique que les objectifs du PDSEB restent difficiles à atteindre. En effet, le TBA en 2015 est de 49,6% soit un déficit de 17,7 points par rapport à la cible et son évolution sur la période 2015-2019 s’est traduit par une baisse entre 2015 et 2016 pour ensuite croitre et atteindre la valeur de 45,7% en 2019. Le TBS au post-primaire a connu une hausse de 5,6 points de pourcentage entre 2015 et 2019 pour s’établir à 50,5%. Ce rythme traduit que la cible ne sera pas atteinte en 2021. Quant à la part de l’effectif de l’EFTP dans l’effectif du post-primaire, il connait une décroissance au fil du temps en passant de 0,9% en 2015 à 0,7% en 2019.

L’objectif stratégique 3 « Alphabétiser et former prioritairement les jeunes de 15-24 ans arrivant sur le marché du travail, conformément aux orientations de la SCADD afin de contribuer d’une part, à porter le taux d’alphabétisation à 60% en 2015 (PRONAA) dont 60% chez les femmes et 75% en 2020 dont 60% chez les femmes et d’autre part, accroître le niveau de qualification des jeunes en faisant passer leur nombre de 775 450 à 61 889 en 2015 et à 0 en 2021, d’améliorer le taux d’alphabétisation en le portant de 28% en 2011 à 75% en 2021 et d’améliorer le taux de promotion de l’ENF. Cet objectif sera difficilement réalisable.

Pour relever le défi du droit à l’éducation inclusive, équitable et de qualité dans un contexte sécuritaire difficile, la coalition invite le gouvernement à travers les ministères en charge de l’éducation à mettre un accent particulier sur les planifications inclusives et participatives, les stratégies de mise en œuvre des activités, le suivi avec l’implication effective de la société civile mais aussi à faire de la sécurisation des espaces éducatifs une priorité, en vue d’atteindre les objectifs de l’ODD4 à l’horizon 2030.

En vue de corriger les insuffisances constatées, elle formule les recommandations suivantes :  recommande :

  1. Accélérer la réalisation des infrastructures inclusives de qualité et le recrutement d’enseignants et d’encadreurs qualifiés à tous les niveaux pour assurer l’égalité d’accès et de chances à tous les enfants Burkinabè de bénéficier d’une éducation inclusive, équitable et de qualité ;
  2. Assurer la formation continue des enseignants à bonne date pour une meilleure acquisition des connaissances dans les disciplines fondamentales chez les apprenants ;
  3. Reformer véritablement le système éducatif burkinabè en vue de l’adapter aux besoins socioculturels, politiques et économiques du pays.
  4. Relire la loi d’orientation de l’éducation afin de prendre en compte le préscolaire dans l’obligation scolaire (3à16ans) ;
  5. Créer de meilleures conditions de travail et de rémunération pour éviter la fuite des enseignants de l’EFTP.
  6. Mobiliser suffisamment de ressources pour la formation professionnelle et la subvention des projets porteurs de croissance au profit de la jeunesse
  7. Tenir compte des besoins spécifiques des enfants handicapés dans la dotation des écoles en outils didactiques, pédagogiques, en fournitures et manuels scolaires.
  8. Assurer une mise en œuvre effective et efficiente de la Stratégie de Scolarisation des Elèves des Zones à forts Défis Sécuritaires (SSEZDS 2019-2024).
  9. Réaliser un audit des différentes approches d’alphabétisation en vue de développer des alternatives éducatives visant à améliorer de façon durable les compétences des jeunes, des adultes et des femmes en lecture, écriture et calcul.
  10. Mettre en place un système efficace de collecte de données statistiques dans le domaine de l’ENF.
  11. Améliorer l’allocation des ressources financières allouées au du programme ENF du PDSEB.


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